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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 20:10

Maduro entame un dialogue avec l’opposition au Venezuela (Reuters)

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a mis en garde ses adversaires politiques contre toute revendication excessive dans le cadre du dialogue engagé Jeudi 10 Avril 2014 à la suite d'une médiation régionale pour tenter de mettre fin à deux mois de troubles politiques meurtriers.

Nicolas Maduro a déjà reçu des représentants de l'opposition depuis le début de la crise mais c'est la première fois que figurait parmi les participants Henrique Capriles, qu'il a battu de justesse à l'élection présidentielle d'avril 2013.

Il s'agissait en outre de la première rencontre organisée à la suite d'une médiation de ministres des affaires étrangères de l'UNASUR (union des nations sud-américaines).

Elle a duré six heures et a coïncidé avec une aggravation du bilan des violences liées aux manifestations qui secouent le Venezuela depuis début février. Ce bilan est désormais de quarante et un morts.

Les autorités ont annoncé jeudi qu'un policier avait été tué par balles à Barquisimeto, ville de l'ouest du pays, lors de l'intervention des forces de l'ordre pour disperser une manifestation.

Des opposants ont pour leur part signalé le décès d'une femme hospitalisée depuis près d'un mois après avoir été percutée par une voiture lors d'une manifestation dans la ville de Valencia.

« La route menant ici a été longue et difficile mais elle en valait la peine », a déclaré Nicolas Maduro dans un long propos liminaire.

« Il n'y a pas de négociations ici, pas de pactes. Tout ce que nous recherchons, c'est un modèle de coexistence pacifique, de tolérance réciproque », a ajouté le président socialiste, héritier politique d'Hugo Chavez.

« ASSASSIN FASCISTE »

Henrique Capriles a été l'un des derniers à prendre la parole, bien après minuit, lors de ces entretiens retransmis en direct sur les chaînes de télévision.

Il a déclaré aux ministres des affaires étrangères du Brésil, de Colombie et d'Equateur que le Venezuela souffrait de la violence, de graves difficultés économiques et de polarisation politique.

« Nous ne voulons pas d'un coup d'état. Nous ne voulons pas d'une explosion dans les rues », a dit Henrique Capriles. « Soit la situation change, soit elle explose. J'espère qu'elle changera car je ne veux pas de la violence ».

La réaction du président de l'assemblée nationale à ces propos a illustré le climat politique lourd qui règne au Venezuela. Assis de l'autre côté de la table de discussions au palais présidentiel de Miraflores, à Caracas, Diosdado Cabello a qualifié Henrique Capriles « d'assassin fasciste » sur son compte twitter.

« Il ne comprend pas qu'il a perdu l'élection d'avril 2013. On dirait qu'il a raté quelque chose », a-t-il aussi écrit.

Les deux camps, qui devraient se revoir mardi, avaient demandé à l'église catholique d'assister à cette réunion en qualité de témoin « de bonne foi ».

Le nonce apostolique du Vatican leur a lu une lettre du pape François soulignant que le dialogue était la seule voie vers la paix.

« C'est un chemin long et difficile, qui requiert patience et courage, mais il est le seul conduisant à la paix et à la justice », déclare le pape dans cette missive, selon une version rendue publique vendredi par le Vatican. « Pour le bien de l'ensemble de la population et l'avenir de vos enfants, je vous demande d'avoir ce courage ».

Certaines organisations de l'opposition, dont le parti du meneur des manifestations Leopoldo Lopez, emprisonné, boycottent ce dialogue tant que des contestataires sont encore derrière les barreaux.

Depuis le commencement des manifestations début février, plus de deux mille personnes ont été arrêtées et plus de cent soixante dix d'entre elles sont toujours sous les verrous.

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