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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 17:22

http://blogs.mediapart.fr/blog/jacques-fortin/200115/adieu-au-npa

Adieu au NPA

Par Jacques Fortin

Mardi 20 Janvier 2015

Hier soir se tenait à Paris, un meeting de « soutien au peuple grec » porté par diverses forces de gauche. Il ne s’est pas trouvé de majorité dans la direction du NPA pour s’impliquer dans ce qui est pourtant, dans le mouvement ouvrier, le minimum syndical voire un simple réflexe pavlovien de solidarité.

Soutenir le peuple grec !

Contre les pressions internationales, contre la troïka, contre les coups fourrés et les cauteleuses chausse-trappes que préparent les libéraux européennes pour pousser Syriza au bout du bout des concessions et ainsi décrédibiliser l’idée d’une gauche nouvelle en Europe. Enjeu qui n'est pas mince.

Soutenir le peuple grec !

Certes, « des dirigeants du NPA », dit la presse, ont sauvé l’honneur. Il s’agit de l’équipe qui d’habitude incarne le NPA ouvert, unitaire et indépendant que nous avons tenté.

Eux sont, sans barguigner, venus soutenir le peuple grec et même, je crois bien, Syriza. Ils estiment en effet qu'une victoire de Syriza vaudrait mieux que celle de la droite. Et même que la gauche de la gauche en Grèce devrait soutenir Syriza sans diviser les voix.

Hérésie qui pour le courant de circonstance pétri de la frilosité étriquée d’anciens de Lutte Ouvrière jamais vraiment exfiltrés, travaillé par un retour de gauchisme post soixante huitard, métissé d’un peu de révolutionnarisme sommaire, a pris la responsabilité de finir de discréditer un NPA déjà réduit à la portion congrue. Diverses sectes s’y sont obligeamment adjointes, ravies, qui n’ont jamais voulu d’un parti anticapitaliste et trépignent d’auto proclamer un parti révolutionnaire, dûment estampillé et garanti par l’onction de son programme, cela fonctionne un peu comme la transubstanciation, renseignez-vous.

Alors pourquoi cette dérobade devant la solidarité, parce que le « peuple » n’est pas la « classe ouvrière » ? Pour ne pas côtoyer un ancien membre du gouvernement à la tribune ?

Parce que des « frondeurs » étaient officiellement dans la salle ? Parce que Pierre Laurent et Jean Luc Mélenchon, c’est trop « réformiste » ? Parce que Syriza va trahir ?

Les orientations récentes de Syriza ne sont pas forcément mon exacte tasse de thé pas plus que celles de Podemos qui peuvent nous réserver des déceptions et sans doute de mauvaises surprises. On peut le supposer, le pronostiquer et le craindre, mais leur existence nous est un exemple de ce qu’on peut faire en Europe, ce n’est déjà pas mal. C’est un encouragement à nous y mettre d'urgence.

Enfin la victoire de Syriza nous, les peuples, les travailleurs, les anticapitalistes et la gauche qui se veut de gauche, donnerait un cadre de lutte bien supérieur à celui que nous laisserait les droites toutes puissantes si celles-ci remportaient la Grèce et demain l’état espagnol en dépit de ce qu’elles leur ont fait endurer. Une majorité nette pour Syriza serait un frein aux éventuelles concessions et empêcherait un blocage institutionnel. Donc il faut bien soutenir Syriza et Syriza seule.

Berf, les absurdes raisons de ce refus de ce NPA là, je devrais m’en foutre comme tout le monde finit par s’en foutre du NPA. Mais en tant qu’anticapitaliste ayant pris part à sa fondation, j’ai honte de lui ces temps-ci, un peu de honte cela va, beaucoup c’est trop, et là c’est trop.

Bien sûr un gros tiers du NPA, semble-t-il avant ce congrès, n’est pas sur cette « ligne » qu’il subit avec un mélange d’effarement, de sidération et d’espoir que quand même. Je les salue fraternellement, comme des amis et camarades dans les autres courants, qui se fourvoient, mais je ne vois pas de « quand même » supportable, je ne vois plus le NPA réformable. La mauvaise pente s’accélère.

Les fossoyeurs se coalisent, avant de s’entredéchirer, l'esprit de secte. Cette dernière facétie lamentable à propos de ce meeting me suffit. Qu’elle ne fasse pas, apparemment, vraiment scandale dans le NPA m’atterre.

Que donc, pour le NPA, les grecs aillent se faire voir, la révolution ou rien.

Pour moi, voilà avec les grecs, je suis Syriza, nous verrons bien après. Demain sera un autre jour, et moi anticapitaliste toujours.

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