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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 19:28

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/09/23/en-turquie-le-parti-prokurde-regle-ses-comptes-avec-m-erdogan_4768728_3214.html#xtor=AL-32280515

Le parti pro kurde règle ses comptes avec Recep Tayyip Erdogan

Entre les islamo-conservateurs du parti de la justice et du développement (AKP) et les pro-kurdes du parti de la démocratie des peuples (HDP), la cohabitation aura été de courte durée.

Mardi 22 Septembre 2015, les deux ministres pro-kurdes, Müslüm Dogan, ministre du développement, et Ali Haydar Konca, ministre de l’intégration européenne, ont profité d’une session du conseil des ministres pour présenter leurs démissions, aussitôt acceptées par le premier ministre Ahmet Davutoglu. Ils étaient les deux seuls ministres non AKP du gouvernement intérimaire formé Vendredi 28 Août 2015 pour gérer les affaires courantes d’ici aux élections législatives du Dimanche Premier Novembre 2015.

« L’AKP mène une logique de guerre et de coup d’état », a dénoncé Ali Haydar Konca dans une déclaration lue à la presse, Mardi 22 Septembre 2015. « Le palais et le parti aux ordres du palais ont déclenché la guerre à cause du résultat des élections législatives du Dimanche 7 Juin 2015 », a-t-il ajouté. L’AKP a subi un revers lors de ce scrutin législatif avec la perte de sa majorité absolue au parlement, du jamais vu en treize ans de son règne sans partage sur le pays. Alors que les voix kurdes s’exprimaient jusque-là en faveur des islamo-conservateurs, elles sont allées cette fois-ci au HDP, qui a obtenu treize pour cent des suffrages et quatre-vingt députés.

Reprise des hostilités avec le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)

Le succès du HDP a compromis le rêve du président Recep Tayyip Erdogan de devenir « l’hyper » président du pays, sans freins à son pouvoir. Pour ce faire, son parti doit compter trois cent soixante-sept députés sur les bancs du parlement. Avec deux cent cinquante-huit parlementaires élus Dimanche 7 Juin 2015, il est loin du compte. Recep Tayyip Erdogan espère que la répétition du scrutin sera l’occasion pour les électeurs de corriger leur erreur.

« Le Dimanche Premier Novembre 2015 approche. Nous attendons de vous un dernier effort. Je vous demande non pas quatre cent mais cinq cent cinquante députés, authentiques et nationaux. Vous comprenez ce que je veux dire », a-t-il lancé à ses partisans, rassemblés sous la bannière de la « lutte contre le terrorisme », Dimanche 20 Septembre 2015, à Yenikapi, un quartier d’Istanbul.

Le ton est insistant. Mardi 22 Septembre 2015, dans une adresse aux électeurs sur la chaîne Kanal Sept, le chef de l’état a répété, « si vous voulez la confiance et la prospérité, il faut réfléchir pour qui nous allons voter. Vous savez ce que nous vivons depuis cinq mois ».

Depuis la fin du mois de juillet 2015, les hostilités ont repris entre l’armée turque et les rebelles du PKK, interdit en Turquie, anéantissant l’espoir de paix né des pourparlers lancés en 2012. Dans les régions majoritairement peuplées de kurdes dans le sud-est du pays, les attentats et les représailles sont redevenus le lot quotidien. C’est comme si ces régions étaient revenues treize ans en arrière, à l’époque de la sale guerre des années 1990, avec son cortège de morts, quarante mille au total, d’exécutions sommaires, plus de trois mille, et de villages détruits.

« A la nuit tombée, les commerçants déroulent leurs rideaux de fer et les rues se vident. Nous vivons à nouveau dans l’angoisse », confie Ekrem Kaya, professeur d’anglais à Mardin, dans le sud-est de la Turquie, contacté par téléphone. Le PKK n’est pas en reste. Régulièrement, les convois des forces de l’ordre sautent sur des mines placées sur les routes par les rebelles avant leur passage. Selon les données officielles, quatre-vingt-dix pour cent des attaques les plus meurtrières se déroulent de cette façon. Lundi 7 septembre 2015 à Daglica, près de la frontière irakienne, dix-sept soldats ont été tués dans l’explosion de leurs véhicules.

Les propos des deux ministres ont été désavoués par Numan Kurtulmus, le porte-parole du gouvernement, irrité par la virulence de leur charge. Les deux ministres ont ainsi accusé l’élite islamo-conservatrice de ne pas envoyer ses enfants au service militaire. Ces derniers « se font faire des dispenses médicales ou achètent leur défection », une procédure légale sous certaines conditions en Turquie, alors que « les enfants des pauvres n’ont pas d’autre choix que de se sacrifier ».

Les deux démissionnaires se sont décrits comme « écartés » de la prise de décision au gouvernement. Mercredi 9 Septembre 2015, ils faisaient partie d’une délégation du HDP en route vers la ville de Cizre, à la frontière de la Syrie et de l’Irak, soumise pendant huit jours à un blocus total de la part des forces spéciales. Vingt-trois personnes ont alors trouvé la mort, dont plusieurs civils privés de soins, les ambulances étant empêchées de circuler. Après avoir marché des dizaines de kilomètres à pied, la délégation du HDP a été stoppée par un cordon de police. Il lui a fallu plusieurs jours pour pouvoir entrer dans Cizre dévastée.

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