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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 17:43

Phase cruciale pour l'épreuve de force sur la loi travail (Reuters)

L'épreuve de force autour du projet de réforme du code du travail entre cette semaine dans une phase décisive, après le retour du G7 ce week-end de François Hollande, pressé de toutes parts de trancher le noeud gordien de la loi travail.

Manuel Valls promet d'aller jusqu'au bout sur ce texte et paraît miser sur l'essoufflement de la crise sociale la plus dure du quinquennat, qui menace la reprise économique française.

« Nous sommes dans un moment crucial », dit-il au Journal Du Dimanche. « C'est l'idée même de réforme qui se joue. Il s'agit d'une clarification dans le syndicalisme, d'une clarification à gauche et d'une clarification dans la société française », ajoute celui qui dit ne pas vouloir rejoindre « la longue liste des politiques qui ont renoncé face à un mouvement social. Si nous cédions à la rue et à la Confédération Générale du Travail (CGT), parce que nous serions obsédés à court terme par les élections présidentielles de 2017, il ne resterait plus rien », fait-il valoir.

Manuel Valls a néanmoins repris langue avec le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, ainsi qu'avec les leaders de la CGT Force Ouvrière, de la Confédération Française et Démocratique du Travail (CFDT), de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC), de la Confédération Française de l’Encadrement Confédération Générale des Cadres (CFE-CGC) et de l'Union Nationale des Syndicats Autonomes (UNSA) à qui il a téléphoné Samedi 28 Mai 2016 « pour faire le point de la situation », a-t-on appris dans son entourage.

Il a réaffirmé au secrétaire général de la CGT et à son homologue de la CGT Force Ouvrière la position de l'exécutif et il s'est efforcé de rassurer les dirigeants des syndicats réformistes, dont Laurent Berger (CFDT), qui soutiennent le texte, précise cette source.

Jusqu'ici, le chef de l’état a soutenu la même ligne que le premier ministre et les deux hommes se sont parlés Samedi 28 Mai 2016 pour s'assurer que c'était toujours le cas, indique une source gouvernementale. Manuel Valls s'est aussi assuré de la coopération des acteurs de l'industrie pétrolière pour atténuer l'impact des grèves dans ce secteur.

Mais à l'approche du coup d'envoi du championnat d’Europe de football, Vendredi 10 Juin 2016, un flottement est perceptible au sein du gouvernement comme dans la majorité ou sur ses marges.

Le ministre des finances, Michel Sapin, confiait Vendredi 27 Mai 2016 que « le premier devoir, c'est la fermeté ». Mais il est aussi de ceux qui ont évoqué une éventuelle réécriture du deuxième article du projet de loi travail, le plus contesté, qui affirme la primauté des accords d'entreprises sur les accords conclus dans les branches professionnelles et les conventions nationales.

Une cinquantaine de députés de gauche ont demandé Vendredi 27 Mai 2016 à François Hollande de reprendre le dialogue avec l'ensemble des syndicats afin de trouver une sortie de crise.

Le député socialiste Jean-Marc Germain, proche de la maire de Lille Martine Aubry, a proposé une autre porte de sortie, que Manuel Valls s'engage à ne pas recourir au troisième alinéa du quarante neuvième article de la constitution quand le texte reviendra au mois de juillet 2016 en deuxième lecture à l’assemblée nationale.

« Que le premier ministre dise que, sur ce texte, c'est le parlement, in fine, qui aura le dernier mot », a-t-il suggéré.

La « méthode douce » consistant à laisser le parlement procéder aux amendements susceptibles de rallier une majorité et de calmer la rue ne tente pas seulement l'aile gauche du Parti Socialiste.

C'est au mot près ce que propose un membre du gouvernement, « dire que le parlement aura le dernier mot, éviter de recourir au quarante neuvième article de la constitution, puis laisser les parlementaires négocier et trouver une solution acceptable pour la CGT Force Ouvrière et pour la CFDT ».

Pour ce ministre, s'obstiner n'est pas tenable, « si le championnat d’Europe de football est perturbé devant les caméras du monde entier, vous détruisez l'image de la France pour cinquante ans », dit-il.

Le premier secrétaire du Parti Socialiste s'est voulu rassurant. « Je connais les responsables de la CGT, je ne peux pas croire une seule seconde qu'ils prennent en otage la France » durant le championnat d’Europe de football, a déclaré Jean-Christophe Cambadélis.

Une source gouvernementale reconnaît la difficulté de trouver une « voie médiane » tout en assurant être « très attentif à la mobilisation » et aux risques d'incidents.

« L'engagement de ne pas utiliser le quarante neuvième article de la constitution est très difficile à prendre », estime cette source. « Le désir de compromis ne doit pas conduire à tout brouiller ».

La fédération des transports de la CGT Force Ouvrière menace de perturber les transports dans les villes-hôtes du championnat d’Europe de football et doit se coordonner Lundi 30 Mai 2016 avec son homologue de la CGT.

Quatre raffineries sont toujours à l'arrêt et deux en débit réduit. « Nous ne pouvons pas parler d'une crise qui est terminée », reconnaissait, Samedi 28 Mai 2016, Alain Vidalies, secrétaire d’état aux transports.

La CGT a déposé un préavis de grève pour les Vendredi 3 Juin, Samedi 4 Juin et Dimanche 5 Juin 2016 dans l'aviation civile. Des préavis de grève reconductible ont été déposés pour le milieu de la semaine prochaine à la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF), où les négociations sur une nouvelle organisation du travail piétinent.

Mais paradoxalement, c'est peut-être là que réside une des pistes les plus sérieuses de sortie de crise, à en croire un intime de François Hollande cité par le Journal Du Dimanche.

« A la SNCF, à la Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP), à Air France et dans l'aviation civile, des discussions sont déjà ouvertes », dit-il. « Dans les ports, Alain Vidalies mène une négociation européenne sur les dockers. La CGT sait qu'elle n'obtiendra pas le retrait de la loi, mais il faut qu'ils obtiennent des choses dans d'autres secteurs ».

Une piste également évoquée Dimanche 29 Mai 2016 par Jean-Christophe Cambadélis. « Je pense que, dans le moment présent, il faut de la fermeté, mais pas de fermeture », a-t-il dit.

« Après, quand le moment sera venu, au moment du débat parlementaire, il faudra éclairer sans dénaturer ».

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