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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 19:06

https://nuitdebout.fr/blog/2016/08/11/aide-aux-exiles-comment-faire

Aide aux exilés, comment faire

Un bref retour sur la situation à Paris

Jeudi 11 Août 2016

Des assauts quotidiens à Jaurès, rue de Flandre et à Stalingrad

Depuis plusieurs semaines, la répression policière, et plus particulièrement en quelques points clairement identifiés à Paris, a pris des proportions et un rythme sans précédents. Les autorités, à défaut de s’accorder sur des solutions de relogement, toujours reportées, semblent ne plus vouloir voir la misère sur les trottoirs parisiens. Ce sont tous les jours des dizaines, sinon des centaines de personnes en extrême détresse qui sont raflées, pour employer le terme que tous s’accordent à utiliser, conduites sans ménagement dans les commissariats, leurs affaires le plus souvent jetées dans le canal, les camps détruits et les familles parfois dispersées, rendant leur angoisse plus grande encore.

Associations, militants, avocats et le tribunal administratif, voire les pouvoirs publics eux-mêmes, sont dépassés par une politique qui ne mène à rien, ajoute de la misère et de l’incompréhension au désordre.

Une absence notable d’information dans les médias

Pas vu à la télévision, manifestations interdites, migrants et leurs soutiens nassés, violence quotidienne et expulsions abjectes, il est des aspects du maintien de l’ordre qui ne semblent pas avoir trouvé grâce aux yeux des médias. Il est de notre responsabilité à tous de ne pas fermer les yeux, de remonter ces informations et d’être les relais vigilants quand nul canal médiatique institutionnel n’a fait de ces traitements inhumains une raison suffisante de mobiliser ses moyens d’informer le plus grand nombre. Qui peut imaginer que des images quotidiennes et des débats répétés n’auraient aucune influence sur de telles politiques ?

Une répression constante, y compris des associatifs et militants

Toujours plus loin, cette semaine, ce sont les militants et les associatifs eux-mêmes qui ont été arrêtés et conduits en garde à vue. Et quand ceci ne finit pas en arrestation, ils subissent un harcèlement quotidien permanent des forces de l’ordre, police, gendarmerie et Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS). Peut-on admettre que tout soit mis en oeuvre pour que nul ne vienne en aide aux migrants sans logis ? Nous ne l’admettons pas et mettons la défense des droits humains au cœur de nos engagements.

Comment aider dans l’immédiat ?

Il est urgent d’écouter, d’apprendre et d’agir sans candeur, les personnes présentes auprès des migrants vous le diront toutes, les bonnes volontés ne suffisent pas et peuvent conduire à faire prendre davantage de risques aux familles, et pas seulement, déjà exposées au pire.

Rapprochez-vous des militants présents. Appuyez-vous sur ceux qui ont l’expérience de cette aide au plus démunis, plus qu’une addition d’initiatives nouvelles, c’est une concertation plus efficace qu’il est impératif de mettre en oeuvre. Relevons-nous les manches. Ceux qui luttent depuis des semaines, des mois et des années, sont parfois épuisés et ont besoin de forces vives, bienveillantes et attentives.

Identifiez et relayez les bonnes pratiques. Lors d’une interpellation, les migrants doivent absolument dire tout de suite, dès l’arrivée au commissariat que « je suis un réfugié politique, je demande l’asile ». Ils doivent demander à voir un médecin et à être accompagné d’un avocat ainsi que d’un interprète.

Pour ce dernier, plus la langue est rare et plus il est difficile à trouver, ce qui, en cas de placement en Centre de Rétention Administrative, et si cette demande à bien été notifiée dans le procès verbal, peut conduire le Juge des Libertés et de la Détention à ordonner la sortie immédiate pour vice de forme.

Des juristes et des avocats spécialisés en droit des étrangers ont conçu le pass, un formulaire destiné à aider les exilés en cas d’arrestation.

Pour retrouver le formulaire à imprimer et à remplir, et la notice à consulter pour bien utiliser l’utiliser, et pour en savoir davantage sur le pass, consultez l’article qui y est consacré sur le blog de Droit des Étrangers

N’hésitez pas à imprimer le pass pour le distribuer sur place

Si vous en avez la possibilité, n’hésitez pas à le traduire, en particulier dans les langues les plus fréquentes chez les exilés.

Et après, à l’échelle locale, il est fortement recommandé de se fédérer en comités locaux au besoin, en vous rapprochant des associations ou des Nuits Debout locales. Le soutien aux migrants doit se faire tout au long de leur parcours. Beaucoup de problèmes surviennent dans les centres d’hébergements, dans les suivis juridiques et des parcours de santé, quand ils n’ont pas des problèmes de nourriture ou d’insécurité, en particulier les femmes et familles isolées dans des hôtels. Ce soutien ne peut pas se faire que sur les campements, les dysfonctionnements sont partout.

Il est fortement d’interpeller vos élus. Il y a ici de la part des pouvoirs publics une dramatique logique d’invisibilisation. Eviter les campements, pour les autorités, c’est éviter que l’échec de leurs dispositifs ne soient trop visibles. Une fois placés dans des centres dédiés, une forme encore plus sournoise d’isolement peut subvenir, qui renforce cette logique d’invisibilisation. Certains centres ne permettent aucun accès à des tiers.

Ceci sans même parler de l’éparpillement, conscient ou non, des femmes isolées et des familles. Combattre cette invisibilisation, c’est aussi construire un rapport de force afin de rendre visible la situation indigne d’accueil des exilés en France et particulièrement à Paris.

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