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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 19:05

https://wiki.nuitdebout.fr/wiki/Villes/Paimpont/commission_communication_medias

Synthèse des échanges de la commission communication de Paimpont

Quelques considérations générales

Parfois décriée comme faisant partie de leur monde, la communication est pourtant fondamentale pour le mouvement. La frontière entre communication interne et communication externe n'est pas nette. Les deux sont étroitement interdépendantes et ne peuvent être cloisonnées. Au point où en est arrivé le mouvement, la priorité est à l'amélioration de la communication interne entre les collectifs locaux. Ce qui n'est pas sans incidence sur la communication externe nationale.

La parole est le premier outil de communication, dont l'écrit est un dérivé. Ne pas oublier les autres formes d'expression, notamment le dessin.

Communiquer implique un émetteur et un récepteur. Lorsque nous communiquons, n'oublions de prendre en compte les récepteurs supposés et d'adapter son message à ceux-ci pour être compris.

Hormis le cas particulier des comptes nationaux Facebook et Twitter, les développements ci-dessous sont essentiellement des propositions pour améliorer la communication et n'ont pas de valeur prescriptive.

Communication interne

Synthèse des échanges

La communication interne s'adresse aux personnes actives du mouvement des Nuits Debout, celles et ceux qui militent par les actes.

L'enjeu de la communication interne est de diffuser les informations pertinentes, de permettre d'organiser la réflexion, textes, propositions et positionnements, et de préparer et coordonner des actions.

De nombreux outils numériques de coordination nationale coexistent déjà et de nouveaux projets voient le jour régulièrement. Beaucoup de ces outils sont peu utilisés. La recherche des outils les plus performants ne doit pas masquer la réflexion sur les contenus pertinents à produire et à partager.

Par ailleurs, un outil de vote en ligne manque actuellement pour permettre de prendre des décisions en nombre et à distance.

Les différentes personnes proposant de nouveaux outils numériques sont invitées à se rapprocher de la commission communication numérique, organisatrice du Hackaton qui visait à mettre en place un outil global intégrant les différents moyens de communication.

Le mouvement des Nuits Debout a ceci de paradoxal qu'il est contre le système mais qu'il n'existerait pas sans les réseaux sociaux. Pour autant, il n'a pas fallu attendre ceux-ci pour s'organiser et peut-être devons-nous apprendre à les dépasser et à réapprendre à nous en passer en privilégiant notamment la communication humaine, par groupes de travail avec des personnes identifiées. C'était notamment l'enjeu de ces rencontres, se connaître et établir le contact pour travailler ensemble.

Propositions

Formations aux outils numériques

Audit et bilan de l'utilisation des outils existants, site, wiki et comptes nationaux sur les réseaux sociaux

Création du mouvement de mars, plateforme internet en gestion partagée, conçue pour rendre accessibles les nombreux travaux présents sur le wiki et en particulier les exigences formulées par les collectifs du mouvement des Nuits Debout.

Et surtout, poursuite du renforcement de la communication humaine.

Outils

Agoras publiques, wiki, courrier, téléphone, mail, Telegram, Facebook, Twitter, tags, signaux de fumée, framavox et machine à café.

Communication externe

La communication externe recouvre les messages à destination des sympathisants et du grand public. Elle vise à mobiliser et faire passer des messages, augmenter la visibilité et l'impact de nos actions et faire connaître nos positions et nos exigences. Elle joue un rôle crucial, en cela qu'elle contribue grandement à fixer l'image du mouvement dans l'esprit du public et qu'elle influence notre capacité à mobiliser ou non, ainsi des nombreuses personnes ayant témoigné avoir rejoint le mouvement des Nuits Debout après avoir vu ce qui se passait à la télévision ou sur internet.

Il s'agit d'une parole publique. Hormis les cas de l'action de rue et des auto médias, elle passe essentiellement par les médias traditionnels, ainsi que par les réseaux sociaux en cas de buzz.

De nombreux participants du mouvement des Nuits Debout expriment leur défiance, voire leur hostilité, envers les médias et leurs craintes des journalistes supposés malhonnêtes. D'autres jugent cette question secondaire et pensent que seul le bouche-à-oreille ou la puissance virale fonctionnent réellement. Certains rappellent que ni tous les médias, ni tous les journalistes ne sont à mettre dans le même panier et que certains sont de notre côté ou en tous cas neutres.

Stratégies de communication

Il ne faut pas chercher à communiquer à tout va, mais en priorité faire et produire. Le recours aux médias doit être modéré et utilisé uniquement sur ce qui a été fait ou lorsqu'on a quelque chose à dire. Éviter de répondre sur leur terrain, en se positionnant sur les violences, par exemple, mais les contraindre à venir sur le terrain qu'on a choisi.

L'image du mouvement des Nuits Debout qui est actuellement partagée dans le grand public est floue et a été parasitée par le matraquage médiatique, notamment sur les casseurs. Il y a donc un véritable travail de refondation à mener. C'est notamment l'objet du texte commun en cours d'élaboration par des participants de la commission « contours de Nuit Debout ».

A propos de la communication externe, la crainte de la centralisation est beaucoup revenue dans la discussion. Mais la centralisation est impossible, car le mouvement des Nuits Debout n'existe pas, donc personne ne peut revendiquer de s'exprimer au nom du mouvement des Nuits Debout.

Chaque collectif, local ou thématique, dispose de son autonomie et l'essence même du mouvement, qui est de libérer la parole publique, nous incite à encourager le pluralisme des idées et des moyens d'expression. Nous devons cependant être à même de nous retrouver dans certaines positions fortes explicitement partagées et sur des actions coordonnées, au risque sinon de n'être qu'un collage de collectifs sans identité réelle et sans vie interne.

Si le recours aux médias n'est pas systématiquement écarté, dans quel cadre faut-il entrer en relation avec eux et avec quelle légitimité ?

La commission propose que soit reconnu aux personnes impliquées dans des projets ou actions le droit de communiquer sur ceux-ci, au nom du groupe « se revendiquant du mouvement des Nuits Debout ». Cela reviendrait à reconnaître ou réaffirmer dans le même mouvement qu'il n'y a pas de leaders et pas de hiérarchie dans le mouvement des Nuits Debout, mais que l'horizontalité totale est impossible, la légitimité venant de l'implication dans tel ou tel projet ou action.

Les participants à la commission réitèrent leur refus d'une spécialisation et d'une personnalisation excessive de la communication et ils rappellent l'attention qu'il faut porter en permanence à la question des egos. Ils encouragent les collectifs locaux à faire vivre autant d'outils et supports que possible, pour faire vivre le pluralisme au sein du mouvement des Nuits Debout.

Les médias peuvent être utiles pour amplifier un message, mais les participants à la commission considèrent que, à long terme, la communication la plus efficace reste l'action de rue, agoras publiques et porteurs de paroles, comme l'action menée le matin même sur le marché. C''est donc avant tout sur ce type d'action que les efforts des collectifs doivent porter.

Le cas des réseaux sociaux

Utilité des réseaux sociaux numériques

Certains participants gérant les comptes de leur collectif sur les réseaux sociaux ont exprimé leur dépit de ne pas toucher plus de monde avec ces outils. Or, ces outils sont avant tout à usage interne et à destination des militants et sympathisants, d'où le nom de page communautaire.

Seules les publications qui font un buzz en étant largement partagées porteront au-delà du cercle des sympathisants. Facebook et Twitter sont donc à cheval entre communication interne et communication externe.

Le problème des comptes nationaux

Constat

La gestion des comptes nationaux Facebook et Twitter a fait l'objet d'une longue discussion et le sujet sera revenu sur la table jusqu'à la fin du week end. Contrairement à d'autres outils en gestion partagée, les comptes Facebook et Twitter nationaux sont la propriété d'une société de communication et leur gestion a fait, et fait toujours, polémique. C'est ce que les parisiens appellent le problème du Media Center.

Les principaux reproches qui sont adressés aux membres du Media Center de la part de deboutistes parisiens sont de ne pas faire suffisamment le lien avec ce qui se passe place de la république, de faire écran avec les personnes qui cherchent à contacter le mouvement via Facebook et d'utiliser les comptes pour faire la promotion de leurs autres services privés.

Des tentatives de modération ont déjà été tentées, apparemment sans succès. La situation semble avoir donné naissance à des inimitiés tenaces et a été source de tensions entre certains des participants aux rencontres.

Des activistes du mouvement des Nuits Debout d'autres collectifs ont témoigné de leur incompréhension de l'usage minimal et pas toujours pertinent qui est fait des comptes nationaux et de l'absence systématique de réponse aux sollicitations et aux messages. Il a été également déploré la sur-valorisation des rassemblements du mouvement des Nuits Debout à l'étranger par rapport à l'essaimage national et l'importance uniquement quantitative qui a été donnée à l'expansion du mouvement des Nuits Debout dans les régions, comme s'il ne se jouait rien d'important ou d'original sur les places de province.

Ces outils, ayant en premier lieu un usage communautaire, devraient avoir pour première fonction de mettre en lumière ce qui se joue d'original dans chaque collectif et, à une échelle plus large, ce qui fait commun dans le mouvement. La gestion des comptes devrait pour se faire être ouvertes à des activistes de collectifs locaux.

Proposition

Ne connaissant pas les tenants et aboutissants des problèmes entourant la gestion des comptes nationaux, mais reconnaissant que leur usage actuel pose question, les participants de la commission proposent qu'un travail de bilan de la gestion de ces outils soit annoncé et ouvert à toutes les contributions. L'exigence d'une gestion partagée des outils communautaires sera également rappelée. Suite à ce bilan, nous prendrons contact avec l'équipe qui gère les comptes nationaux pour leur faire part de nos remarques et attentes et voir s'ils sont ouverts à des évolutions. Ce bilan participatif portera sur tous les outils nationaux et pas seulement les outils du Media Center, Facebook et Twitter.

Quelle serait notre légitimité à mener ce bilan ? Participant à un mouvement horizontal, chacun est légitime à mener la critique de nos modes d'action. Collectivement, nous avons la légitimité, fragile mais réelle, de personnes qui nous associons pour essayer de donner forme à notre action collective. La forme que prend notre communication est essentielle et il est contraire aux principes du mouvement que celle-ci soit déléguée à une équipe.

Quelle que soit l'issue de ce travail, il restera toujours la possibilité de créer de nouvelles pages, l'essentiel étant d'avoir un outil communautaire efficace. Ces outils pourraient être ceux créés autour du site mouvement de mars, dont la vocation est justement de rendre visible le travail des collectifs locaux.

Le cas des fanzines, gazettes et auto médias

La critique du journalisme tel qu'il s'exerce actuellement fait partie des fondamentaux du mouvement des Nuits Debout. Sont notamment mis en cause le régime de propriété des médias et les conditions de travail des journalistes de base, qui aboutissent à généraliser des informations biaisées sur les mouvements sociaux, mettant l'accent sur le sensationnel. L'une des manières de remédier, même modestement, à cet état de fait est de produire notre information, de mettre nos mots et nos images sur les expériences que nous vivons.

Plusieurs membres de la commission participent chez eux à des expériences d'auto médias, papier ou radio, et sont venus pour échanger à ce propos. Le sujet n'a pu être abordé, faute de temps. L'équipe d'Ouest Torch, à Rennes, qui possède une expérience et un savoir-faire certains, rappellent qu'ils sont disponibles pour échanger sur les tentatives de journaux locaux et partager quelques unes de leurs recettes. Ils proposent également de mutualiser l'outil Ouest Torch, inspiré d'Ouest-France, avec les villes situées dans le périmètre de diffusion de ce journal, Bretagne, Normandie et Pays de Loire. Cette mutualisation peut prendre plusieurs formes, écritures d'articles locaux pour Ouest Torch, sa diffusion sur vos marchés.

Propositions

Référencement des auto médias existants

Mutualisation, échanges de savoirs

Sécurisation des données

Des participants souhaitaient échanger sur la sécurité des données, ce qui n'a pas été possible faute de temps. Des ateliers de sécurité informatique sont déjà proposés dans certaines villes, ou seront organisés à la rentrée. Peut-être les collectifs n'ayant pas dans leur entourage de personnes compétentes sur ce sujet peuvent-elles le faire savoir et inviter chez elles des militants pouvant apporter leurs compétences ?

Un des participants, un ancien trotskyste, a partagé son expérience. Il explique que tout est public et que le militantisme anonyme sous pseudonyme tel qu'il se pratiquait dans les années 1970 n'est plus possible. Ce nouveau paradigme est à prendre en compte, ne pas avoir peur de tout faire au grand jour.

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