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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 17:51

Emmanuel Macron en passe de quitter le gouvernement (Reuters)

Le ministre de l’économie Emmanuel Macron devait présenter Mardi 30 Août 2016 sa démission à François Hollande, reprenant sa liberté en vue des élections présidentielles de 2017 pour laquelle ses intentions restent inconnues.

L'ancien banquier d'affaires, âgé de trente huit ans, devait s'entretenir avec le président de la république à 15 heures à l'Elysée, selon une de ses sources proches, qui a confirmé des informations des Echos, de Marianne et de BFM Télévision.

Après des mois de rumeurs et de démentis, Emmanuel Macron a donc décidé de se consacrer pleinement à son mouvement politique En Marche lancé le 6 avril 2016, avec l'intention affichée d'aller « jusqu’à 2017 et jusqu’à la victoire ».

Sa nomination à Bercy le 26 août 2014, en remplacement d'Arnaud Montebourg, avait été une surprise. Il maintient aujourd'hui le mystère sur ses ambitions futures, fer de lance de François Hollande ou cavalier seul ?

Il a d'ores et déjà exclu de concourir à la primaire de la gauche pour les élections présidentielles et a toujours fait valoir sa loyauté envers le président de la république, auquel il doit sa mise sur orbite politique.

Le premier ministre Manuel Valls, qui ne cachait plus son exaspération depuis des semaines face à l'émancipation de ce trublion, l'avait accusé de « céder aux sirènes du populisme » après un meeting à la Mutualité le Mardi 12 Juillet 2016, deux jours avant l'intervention du président de la république pour la fête nationale.

François Hollande l'avait alors rappelé aux règles de la solidarité gouvernementale, « respecter ces règles, c'est rester au gouvernement, ne pas les respecter, c'est ne pas y rester ».

Le ministère de l’économie s'est refusé à tout commentaire sur le calendrier et le scénario du départ d'Emmanuel Macron, qui était attendu et devrait s'accompagner d'une campagne médiatique, avec notamment la publication d'un ouvrage.

« Il a décidé de se mettre en marche dans une direction que nous ignorons encore. Ne spéculons pas », a commenté le porte-parole du Parti Socialiste, Olivier Faure.

Tenant d'une approche libérale qui hérisse l'aile gauche du Parti Socialiste, une formation dont il n'est pas membre, l'ancien inspecteur des finances irritait au sein de la majorité où ses transgressions idéologiques, ses formules polémiques sur les salariés « illettrés » des abattoirs Gad par exemple, étaient perçues comme autant de provocations.

Il avait défendu avec difficulté en 2015 au parlement sa loi « pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques », finalement adoptée au moyen du quarante-neuvième article de la constitution.

« Dans un moment où le clivage entre la gauche et la droite s'affirme de manière brutale, sa capacité à rester audible devenait compliquée puisqu'il avait fait le choix d'emprunter un chemin particulier qui est celui du ni droite ni gauche », a commenté Olivier Faure sur BFM Télévision.

Pour le député européen Jean-Luc Mélenchon, cofondateur du Front De Gauche (FDG), cette démission pour être candidat est un nouveau coup porté à François Hollande qui, écrit-il dans un tweet, « ne produit que des monstres politiques ».

Pour le député socialiste frondeur Laurent Baumel, la décision d'Emmanuel Macron « signe l'affaiblissement incroyable » du président de la république, qui dira à la fin de l'année s'il se présente en 2017.

L'ancien premier ministre des Républicains, Jean-Pierre Raffarin, a déclaré sur BFM Télévision déplorer dans le départ annoncé d'Emmanuel Macron « un problème supplémentaire pour notre économie ».

« Il ne s'est pas beaucoup occupé d'industrie et des français, sauf parfois pour les insulter et les traiter d'illettrés. Il a d'abord pensé à sa carrière personnelle et je pense que sa démission en est le symbole », a réagi le secrétaire général de la Confédération Générale du Travail (CGT), Philippe Martinez, lors de sa conférence de presse de rentrée.

« Un ministre-clé du dispositif de François Hollande qui part dans la dernière ligne droite du quinquennat, cela peut être vu comme faisant désordre, un signe supplémentaire d'une majorité présidentielle balkanisée », a dit à Reuters Frédéric Dabi, de l’Institut Français d’Opinion Publique (IFOP).

« Pour Emmanuel Macron, l'enjeu est de transformer une forte popularité en intentions de vote mais la tâche est rude, d'abord parce qu'il n'est pas bien vu à gauche, et que sa popularité à droite ne se transforme pas forcément en voix », a-t-il ajouté.

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