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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 15:46

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/08/26/en-irak-le-ministre-de-la-defense-chute-avant-la-bataille-de-mossoul_4988368_3218.html

En Irak, le ministre de la défense chute avant la bataille de Mossoul

Le ministre de la défense, Khaled al Obeidi, paye à son tour les divisions et luttes d’influence au sein de la classe politique irakienne. Arrivé à la tête du ministère au mois d'octobre 2014, ce sunnite originaire de Mossoul a été destitué par le parlement, Jeudi 25 Août 2016. Lors d’un vote secret, les députés ont approuvé une motion de censure à son sujet, par cent quarante deux voix contre cent deux voix et dix huit abstentions.

Sa destitution pourrait ouvrir une période de vacance à la tête de ce ministère-clé, alors que se prépare l’offensive pour reconquérir Mossoul, la deuxième ville d’Irak, aux mains de l’organisation Etat Islamique. Elle est un nouveau signal inquiétant de la fragilité de l’assise du premier ministre Haïdar al Abadi au pouvoir.

Fidèle d'Haïdar al Abadi, ouvertement pro-américain et réfractaire à la participation des milices chiites de la mobilisation populaire dans la lutte contre l’Etat Islamique, Khaled al Obeidi était dans le collimateur de l’ancien premier ministre Nouri al Maliki et de ses partisans au sein de la coalition chiite au pouvoir.

Il était devenu l’un des points de cristallisation de la rivalité déclarée dans le camp chiite, au sein même du parti al Daawa, entre Nouri al Maliki et son successeur, Haïdar al Abadi. Les partisans de Nouri al Maliki ont su jouer des divisions dans le camp sunnite pour réussir à l’écarter.

La rivalité politique entre le parti Mouttahidoun, dont est issu Khaled al Obeidi, et le parti islamique irakien, auquel appartient le président du parlement, le sunnite Salim al Joubouri, proche de Nouri al Maliki, a tourné à la confrontation personnelle. La défiance affichée par le ministre de la défense lors de son audition par le parlement, au début du mois d'août 2016, a ouvert les hostilités dans le camp sunnite.

En réponse aux allégations de corruption concernant des contrats d’armement portées contre lui, Khaled al Obeidi a répondu par des accusations de malversations contre le président du parlement et cinq autres députés. Après une enquête rapide, la justice a classé l’affaire.

« J’ai essayé par tous les moyens de lutter contre la corruption, mais il semble que ses tenants soient les plus forts, que leurs voix soient plus fortes et que leurs menées soient plus tenaces », a commenté le ministre sur Facebook, après le vote. Sa destitution est vue comme un « dangereux précédent » par Patrick Martin, du think tank américain Institute for the Study of War (ISW). « Cela fait peser une menace sur le maintien au pouvoir d'Haïdar al Abadi lui-même », poursuit-il.

Ses détracteurs, encore plus nombreux depuis qu’il a annoncé au mois de février 2016 vouloir instaurer un gouvernement de technocrates pour mener à bien des réformes contre la corruption, se sont jusqu’à présent retenus de l’acculer à la démission, sous la pression de Washington et Téhéran, qui redoutent une vacance au pouvoir.

La désignation d’un nouveau ministre de la défense pourrait se révéler être une gageure. Son homologue à l’intérieur n’est, à titre d’exemple, toujours pas désigné, près de deux mois après la démission de l’ancien ministre, Mohammed al Ghabban. « Il va être difficile de remplacer une personne aussi compétente que Khaled al Obeidi. Il faut un candidat qui convienne et soit consensuel », ajoute Patrick Martin.

Le consensus sera difficile à réaliser dans le camp sunnite, plus que jamais divisé.

Traditionnellement réservé à un sunnite, ce portefeuille pourrait en cas de blocage finir par leur échapper au profit d’un chiite.

Cette destitution ne pouvait intervenir à pire moment pour le pays, alors que se prépare la bataille pour libérer Mossoul. « A court terme, sa destitution n’aura pas beaucoup de conséquences. La coordination de la bataille est faite par le commandement central des Etats-Unis », nuance Patrick Martin.

Au moment où le parlement votait la destitution de Khaled al Obeidi, le bureau du premier ministre annonçait la libération complète d'al Qayyarah, à soixante kilomètres au sud de Mossoul. Cette victoire va permettre à l’armée irakienne et à la coalition internationale de parachever l’aménagement de la base aérienne d'al Qayyarah en poste avancé pour les opérations de Mossoul.

« Pour les américains, ce qui pourrait être problématique serait d’être face à quelqu’un de moins coopératif », ajoute Patrick Martin. Des divergences demeurent autour du plan de reconquête de Mossoul et du sort de cette ville à majorité arabe, où vit une minorité kurde, après la bataille. Les autorités de Bagdad et du Kurdistan irakien ne sont pas encore tombées d’accord sur une répartition des rôles entre les combattants kurdes peshmergas et les forces armées irakiennes.

Les représentants sunnites de Mossoul et de la province de Ninive refusent, pour leur part, la participation des milices chiites qui composent les forces paragouvernementales de la mobilisation populaire. Bagdad et Washington sont, eux, disposés à intégrer ces forces, qui se sont rendues incontournables dans la lutte contre l’Etat Islamique, à la bataille. L’annonce, faite au début du mois d'août 2016 par un porte-parole de la mobilisation populaire qu’un rôle de premier plan serait confié au général iranien Qassem Soleimani dans les opérations de Mossoul a renforcé les craintes des chefs sunnites.

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