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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 19:48

Les tensions s'exacerbent autour du burkini (Reuters)

Les tensions autour du port du burkini sur les plages françaises se sont avivées Mercredi 24 Août 2016 avec les abus reprochés aux policiers de plusieurs villes qui ont pris des arrêtés contre ce costume de bain pour les femmes musulmanes.

Elles surviennent à la veille de l'examen par le conseil d’état, la plus haute juridiction administrative française, de la requête de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) contre un arrêté contre le burkini pris à Villeneuve-Loubet, dans le département des Alpes Maritimes.

Après l'affaire d'une toulousaine qui dit avoir été verbalisée à Cannes pour un simple voile, les photos publiées par le Daily Mail d'une femme invitée à retirer une tunique ont fait le tour d'internet.

Dans le Figaro Magazine à paraître Vendredi 26 Août 2016, le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, dénonce le port du burkini sur les plages, répétant que la république a trop reculé.

« C'est un acte politique et militant et c’est une provocation. Les femmes qui le portent testent la résistance de la république », estime l’ancien président de la république, qui a déclaré Lundi 22 Août 2016 sa candidature aux élections présidentielles de 2017.

Il propose « une loi qui interdise tout signe religieux ostensible à l'école, à l'université, dans l'administration et dans les entreprises ».

Mais pour David Thomson, reporter de Radio France Internationale (RFI) spécialisé dans le djihadisme, les photos de Nice vont alimenter des années de propagande djihadiste.

« Les sympathisants djihadistes semblent eux-mêmes surpris que la police municipale de Nice fasse leur travail de propagande à leur place », dit-il sur France Info. « Pour eux, c'est du pain béni. Le récit djihadiste martèle depuis des années qu'il serait impossible pour un musulman de vivre sa religion dignement en France ».

Joint par Reuters, Abdallah Zekri, président de l'Observatoire National contre l’Islamophobie (ONI), déplore une « stigmatisation qui ne fait qu'encourager les recruteurs de l'Etat Islamique ».

Une toulousaine de trente quatre ans a déclaré Mardi 23 Août 2016 avoir été verbalisée Mardi 16 Août 2016 à Cannes, où le maire des Républicains a signé à la fin du mois de juillet 2016 un arrêté proscrivant les vêtements religieux en bord de mer, et compte saisir la justice.

Jugeant que l'affaire a pris une tournure préoccupante, le président du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), Anouar Kbibech, a été reçu à sa demande Mercredi 24 Août 2016 par le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve.

Aucune polémique à Cassis

Venu exprimer la « forte émotion des musulmans de France et au-delà », Anouar Kbibech a dit après l'entretien avoir été rassuré par Bernard Cazeneuve qui lui a affirmé que les principes de l'état de droit seraient respectés.

Rappelant que le conseil d’état devait se prononcer, Bernard Cazeneuve a estimé que de tels arrêtés contre le burkini pouvaient être pris « en cas de trouble à l'ordre public, mais dans un cadre où les mesures sont proportionnées. Les arrêtés pris ne doivent pas conduire à la stigmatisation ou à la division », a-t-il dit.

Le premier ministre, Manuel Valls, a apporté la semaine dernière son soutien aux maires qui ont pris de telles mesures, car, a-t-il dit, les plages doivent être « préservées des revendications religieuses ».

Mais le Parti Socialiste voit dans l'affaire de Cannes « une dérive particulièrement dangereuse », qu'il s'agisse des conditions de l'intervention de la police ou « de l'attitude de la foule présente ce jour-là sur cette plage. Nous ne pouvons qu'exprimer notre incompréhension sur les fondements même de cette verbalisation qui ne saurait être compatible avec les principes de notre droit », dit-il dans un communiqué.

Dans un communiqué distinct, le Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) fait part de sa colère à la vue des images qui montrent la police municipale de Nice autour d’une femme portant le voile et parle d’humiliation publique, mais aussi de traque.

Nous parlons beaucoup trop de tout cela

Pour Christian Estrosi, premier adjoint des Républicains au maire de Nice, la police municipale a « parfaitement fait respecter l’arrêté en vigueur » dans sa ville.

Après le maire de Cannes, David Lisnard, d'autres villes balnéaires du Nord et du Sud-Est, dont le Touquet et la Ciotat, ont pris des arrêtés similaires.

A Cassis, une des trois villes des Bouches-du-Rhône à avoir pris un arrêté municipal interdisant le port du burkini, la décision de la maire des Républicains, Danielle Milon, ne suscite ni polémique, ni même de commentaire en l'absence de présence sur les plages de contrevenantes à la loi.

Aucun panneau ne signale l'existence de l'arrêté municipal. « Nous avons informé de cette possibilité mais cela ne change pas fondamentalement nos missions », dit un policier chargé de faire respecter le stationnement.

« Nous parlons beaucoup trop de tout cela », lâche sur le bord de mer une femme aux cheveux cachés sous un foulard, les membres dissimulés par un pantalon de toile et un gilet de coton.

Sur le sable, elle enlèvera ses vêtements pour laisser apparaître un maillot une pièce de couleur noire et cachera aussi ses jambes sous un paréo sombre. « Le plus dur, c'est pour elle. Cela va vite devenir intenable avec la chaleur qui frôle les quarante degrés sur le sable », souligne Karine, une lilloise de trente ans qui juge disproportionnée la prise d'un arrêté contre le burkini.

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