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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 18:19

http://www.alencontre.org/europe/grece/grece-premiere-conference-de-lunite-populaire.html

https://www.ensemble-fdg.org/content/grece-premiere-conference-de-lunite-populaire

Première conférence d'Unité Populaire

Par Antonis Ntavanellos

Mercredi 6 Juillet 2016

La première conférence d'Unité Populaire, qui s’est tenue du Vendredi 24 Juin au Dimanche 26 Juin 2016 à Athènes, fut le lieu et le moment d’un rassemblement d’un effectif militant, précieux et combatif, de la gauche radicale et anti-mémorandaire. Unité Populaire compte quelque cinq mille membres. Les instances dirigeantes, entre autres le conseil politique composé de cent onze membres, ont été élues par mille neuf délégués présents. Etant donné les problèmes de transport, un certain nombre de délégués ont été contraints de partir avant la fin des travaux.

Les trois principales composantes de ce front politique qu’est Unité Populaire sont les suivantes, la tendance de gauche, dont le porte-parole le plus connu est Panagiotis Lafazanis, avec cinquante cinq pour cent des élus, la coalition rénovation radicale avec vingt pour cent des élus et le Red Network avec treize pour cent des élus.

La première conférence d'Unité Populaire marque une différence par rapport à d’autres courants de la gauche dite radicale qui, soit s’orientent essentiellement dans la perspective de participation aux élections, soit considèrent que, dans la conjoncture actuelle, il faudrait d’abord se regrouper, en mettant l’accent surtout sur une évaluation politico-théorique de la période de Syriza, ce qui implique que l’action politique est objectivement reportée à un moment ultérieur.

Pendant les deux jours de dense discussion politique, avec toutes les difficultés propres aux procédures liées à la fondation d’une telle organisation dans une telle phase socio-politique, Unité Populaire a approuvé un cadre programmatique et une résolution politique qui constituent la feuille de route pour l’action politique de ses cent quatre vingt organisations locales et de secteur. Ces textes ont nécessairement le caractère d’un compromis entre des positions politiques parfois distantes. Toutefois, comme a pu le constater la grande majorité des délégués, ce compromis marque un progrès dans l’élaboration et la convergence politique. Il ne pouvait en être autrement, Unité Populaire est un front politique, donc les accords fondamentaux doivent être larges. En même temps, Unité Populaire est un nouveau front, personne ne doit oublier que cela fait moins d’un an qu’il a été créé, et en son sein existent des tendances qui ont des trajectoires et des expériences politiques assez différentes. Une grande partie vient de la plateforme de gauche de Syriza, donc du courant de gauche et du Red Network, tandis qu’une autre partie est issue des bilans effectués par des groupes d’Antarsya, entre autres en relation avec des postures passées sectaires.

La discussion politique pendant les deux jours de la conférence a abordé des questions d’importance cruciale. Quelques courants ont tenté de définir le caractère d'Unité Populaire comme avant tout un courant contre l’Union Européenne, en sous-estimant qu’il est nécessaire de lier notre but de rupture et de sortie de la zone euro aux batailles décisives et immédiates contre l’austérité, les mémorandums et le néo libéralisme. Cette sous-estimation du contenu clairement classiste de notre opposition à l’euro et à l’Union Européenne est liée à la sous-estimation de la stratégie anticapitaliste, qui est adoptée explicitement par les décisions de la conférence, à la sous-estimation de la référence plus générale à la libération et à l'émancipation socialiste, une référence qui colore de façon décisive notre politique et place des limites claires, par exemple en ce qui concerne les alliances politiques admissibles, et aux stratégies qui s’articulent autour de la dite perspective de l’indépendance nationale.

Pourtant, le monde aujourd’hui n’est pas le même qu’il était pendant les décennies 1950 et 1960. La politique de l’impérialisme n’impose pas une colonisation par la dette au moyen de canonnières, mais principalement par le bras de levier les banques. La différence n’est pas seulement tactique, dans les pays comme la Grèce, la classe dominante locale est liée aux centres européens impérialistes par mille fils. Cette classe dirigeante a soutenu avec toutes ses forces les accords avec les créanciers. Elle a donné son accord aux mémorandums. Elle n’a montré aucune volonté de faire des expérimentations de type nassérien, c’est-à-dire de rechercher une quelconque autonomie par rapport aux options des institutions internationales, même selon une version conservatrice. Ce constat central enlève tout fondement à ces stratégies d'indépendance nationale, le renversement anti-mémorandaire de l’austérité, la sortie de l’euro avec un programme populaire et ouvrier, cela soit fera partie d’un programme de transition internationaliste vers le socialisme, soit n’existera pas. C’est cela le fondement des différentes estimations sur le Brexit.

C’est une prise de position de considérer le Brexit en tant que preuve de la crise de l’Union Européenne et des contradictions de l’adversaire et d’être ravi par cela. C'est autre chose que d’insister sur une approche autonome, classiste et politique. C’est une chose d’être ravi par le Brexit, mais c’est autre chose que de sous-estimer les problèmes spécifiques de direction politique qu’on peut constater en Grande-Bretagne, sans même parler de rechercher en Grèce les Nigel Farage locaux, en leur accordant, qui plus est, quelque rôle libérateur.

Notre insistance sur la définition de la ligne d'Unité Populaire en tant qu'antimémorandaire et anticapitaliste se précise sans problème dans les décisions que nous avons prises concernant la planification de l’activité des organisations et des sections d'Unité Populaire. Nous avons décidé d’agir contre la réforme de la loi travail, de résister à la contre-réforme du système de la sécurité sociale, de lutter contre les privatisations et la mise aux enchères des logements populaires et d’organiser la solidarité avec les réfugiés.

Que signifierait au niveau crucial de l’action, ce qui nous rappelle le modèle français de la mobilisation, sur la durée, contre la loi travail, ce qui a été quelque peu sous-estimé dans la discussion, la stratégie de l’indépendance nationale ? Quel serait, par exemple, le contenu spécifique des comités de défense de la souveraineté nationale ? Quel serait le contenu des propositions, heureusement très minoritaires, de contrôler les frontières ?

Ceux qui veulent vraiment comprendre l’esprit de la base d'Unité Populaire devraient aussi avoir à l’esprit qu'Unité Populaire est désormais, officiellement, le premier parti politique en Grèce à affirmer le refus de l’homophobie, après avoir sanctionné par une large majorité l’amendement sur le droit de couples du même sexe d’adopter des enfants.

Nous ne nous faisons pas d’illusions que cette discussion soit terminée, nous savons qu’elle continuera et, par la suite, en liaison étroite avec l’activité des cent quatre vingt organisations locales et sectorielles d'Unité Populaire. C’est la raison pour laquelle nous sommes optimistes quant au résultat final de ce débat, puisque nous sommes convaincus qu’il y a une grande majorité orientée vers la politique radicale de gauche.

La discussion sur les statuts d'Unité Populaire n’a pas pu être menée à bout, pour des raisons de temps. La recherche de la constitution la plus démocratique possible, discussion liée étroitement à des questions telles que l’élargissement d'Unité Populaire, le fonctionnement collectif de sa direction et la relation entre les décisions du parti et le discours public de ses cadres dans les médias, a suscité le dépôt de dizaines d’amendements. Pour des questions de temps, donc, ce débat n’a pas été conclu.

A notre avis, tout ce matériel devra être étudié par les nouveaux organes élus, les questions devraient être groupées de façon claire. Et il faudrait convoquer un congrès pour y discuter avec du temps et décider, sans heurts, les statuts et les règles de fonctionnement d'Unité Populaire.

Entre-temps, Unité Populaire devrait fonctionner en suivant la proposition qui a été sanctionnée en principe et avec la sensibilité qui s’impose après avoir entendu les exigences déposées.

Unité Populaire est le lieu crucial du regroupement de la gauche radicale anti-mémorandaire, après la capitulation de Syriza et ses effets de désintégration sur la gauche. La conférence était un pas positif dans cette direction, une direction dans laquelle nous allons nous engager avec détermination.

Pendant la conférence, le Red Network a démontré qu’il a fait des pas dans sa consolidation et sa maturation politique, nous avons élu quatorze camarades dans le nouveau conseil politique d'Unité Populaire, sur une base ouverte à des collaborations, mais en faisant aussi des choix idéologiques et politiques clairs. Nous avons refusé de suivre le modèle des blocs et des regroupements qui constituent des cercles de collaboration dans le but d’obtenir plus d’élus dans les instances du front, ces blocs peuvent être utiles sur ce plan, mais ils sont remplis de contradictions non explicitées.

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