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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 19:09

L'Organisation des Nations Unies (ONU) suspend ses convois en Syrie après la frappe d'Alep (Reuters)

L’ONU a suspendu la circulation de tous leurs convois humanitaires en Syrie après la frappe aérienne qui a touché un convoi de trente et un camions Lundi 19 Septembre 2016 près d'Alep, a annoncé Mardi 20 Septembre 2016 un porte-parole de l’ONU.

A Moscou, le ministère de la défense a nié toute implication des avions russes ou syriens dans cette attaque qui a fait au moins vingt morts, dont le chef du bureau local du Croissant-Rouge Arabe Syrien (CRAS), et soulevé l'indignation de la communauté internationale.

« Seuls les insurgés qui contrôlent cette région savaient où se trouvait le convoi », a affirmé le porte-parole du ministère de la défense russe, Igor Konachenkov dans un communiqué lu à la télévision publique Rossiya Vingt Quatre. L’ONU assure en revanche que toutes les parties en avaient été informées.

Le porte-parole, cité par Interfax, a par la suite dit n'avoir « aucune preuve que le convoi ait été attaqué ». Le ministère de la défense pense que les camions ont « pris feu », a-t-il poursuivi.

Il a ajouté que seuls les « casques blancs » de la défense civile syrienne, des bénévoles qui assurent les secours en zone rebelle, pourraient dire ce qui s'est vraiment passé, tout en rejetant par avance leurs conclusions car ils sont, selon lui, proches des islamistes de l’ancien Front al Nosra.

Le ministère a par la suite annoncé sur la foi d'images tournées par des drones que le convoi était escorté par des rebelles armés de mortiers lourds.

L'armée de Bachar al Assad a de son côté affirmé que les informations de presse la mettant en cause étaient fausses.

Ryad Hidjab, coordonnateur du Haut Comité des Négociations (HCN) représentatif de l'opposition, a quant à lui assuré détenir des informations démontrant la responsabilité des forces russes et syriennes, une thèse également étayée par des témoignages.

S'ils ne sont pas rapidement étayés par des faits, les démentis de Moscou et de Damas ne rassureront pas les agences humanitaires. Damas venait d'autoriser l’ONU à acheminer de l'aide dans toutes les zones assiégées après avoir longtemps tergiversé.

« Par mesure de sécurité immédiate, les autres mouvements de convois en Syrie sont suspendus pour le moment dans l'attente d'une nouvelle évaluation des conditions de sécurité », a déclaré le porte-parole de l’ONU lors d'un point de presse.

Réunion à New York pour tenter de sauver la trêve

Les convois humanitaires à destination de quatre villes syriennes seront suspendus, a pour sa part annoncé un haut responsable du Comité International de la Croix-Rouge (CICR).

Selon l'ONU, dix huit des trente et un camions du convoi qui se rendait Lundi 19 Septembre 2016 à Ourm al Koubra ont été touchés par les bombardements que l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) impute à l'aviation russe ou syrienne.

L'OSDH a dans un premier temps parlé de douze morts, mais ce bilan a été revu à la hausse par le CRAS, qui parle « d’environ vingt civils » tués.

Peter Maurer, président du CICR, a dénoncé une « violation flagrante et inacceptable » du droit humanitaire.

Devant l’assemblée générale de l'ONU, Ban Ki Moon a de son côté haussé le ton contre le régime de Bachar al Assad, qu'il a accusé d'avoir tué le plus grand nombre de civils depuis le début du conflit. Evoquant la Russie et l'Iran, il s'en est pris également à ses « puissants parrains qui continuent à alimenter la machine de guerre et ont aussi du sang sur les mains ».

« Je dis à ses soutiens étrangers, que chacun connaît ici, qu'ils doivent forcer la paix, sinon ils porteront avec le régime la responsabilité de la partition et du chaos », a quant à lui lancé François Hollande à l’ONU.

« Je n'ai qu’un seul mot à dire, cela suffit », a poursuivi le président français, selon lequel le régime de Bachar al Assad « est responsable de l'échec du cessez-le-feu et ne peut pas s'exonérer sur des erreurs qui auraient pu être commises par d'autres ».

A New York, le secrétaire d’état américain, John Kerry, et le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, ont eu Mardi 20 Septembre 2016 un entretien consacré à la Syrie et à l'attaque du convoi d'aide humanitaire, ont rapporté les agences de presse russes.

Un responsable russe a déclaré aux journalistes que Moscou était toujours disposé à appliquer l'accord de cessez-le-feu conclu avec les Etats-Unis.

« Le fait d'être ici à New York et de participer à la réunion du Groupe International de Soutien à la Syrie (GISS) est la confirmation de notre volonté de continuer à travailler », a dit ce responsable sous le sceau de l'anonymat.

Si John Kerry a assuré à l'issue de la réunion que la trêve n'était « pas morte », les autres participants se sont montrés perplexes. Pour le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault, les négociations russo-américaines « ont atteint leurs limites » et la supervision d'une nouvelle trêve ne pourra pas être assurée seulement par les Etats-Unis et la Russie.

L'émissaire de l’ONU, Staffan de Mistura, a par ailleurs annoncé que le GISS se réunirait à nouveau Vendredi 23 Septembre 2016 pour tenter de sauver un cessez-le-feu « en grand danger ».

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