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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 19:20

Nicolas Sarkozy a eu des contacts avec Jean Marie Le Pen en 2007, dit Patrick Buisson (Reuters)

Nicolas Sarkozy a eu des contacts avec Jean-Marie Le Pen entre les deux tours des élections présidentielles de 2007 par l'entremise de Patrick Buisson et disait partager des valeurs communes avec le Front National, affirme son ancien conseiller de l'ombre dans un livre à paraître Jeudi 29 Septembre 2016.

Patrick Buisson a été condamné en 2014 à verser dix mille euros de dommages et intérêts provisionnels à Nicolas Sarkozy et à son épouse Carla Bruni pour les avoir enregistrés à leur insu.

L'ancien chef de l’état, voyant la victoire se profiler en 2007 face à la socialiste Ségolène Royal, aurait dit à son expert en analyse de l'opinion, « appelle Jean Marie Le Pen. Demande-lui ce qu'il veut. Faut-il que je le reçoive ? S'il faut le recevoir maintenant, tu sais, je le recevrai. Je ne suis pas comme les autres. Je sais prendre mes responsabilités, moi ».

Un premier contact aurait été pris le Lundi 23 Avril 2007, écrit Patrick Buisson dans son livre à charge contre l'ancien président, « la cause du peuple », selon des extraits publiés par l’Express.

Le Samedi 28 Avril 2007, le conseiller aurait porté à l'ancien président du Front National, arrivé en quatrième position au premier tour avec dix pour cent des suffrages, le message selon lequel Nicolas Sarkozy, s'il devenait président, s'engagerait à « assurer une représentation équitable des minorités dans les deux assemblées ».

Quelques jours plus tard, Jean-Marie Le Pen aurait rappelé Patrick Buisson pour lui lire des extraits du discours qu'il devait prononcer le Mardi Premier Mai 2007.

Déjà, pendant la campagne, le candidat de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) se serait montré très prévenant quand une note de son conseiller l’avait alerté sur les risques d'une absence du leader du Front National au premier tour, faute d'avoir obtenu les cinq cent parrainages nécessaires à une candidature élyséenne, ajoute Patrick Buisson.

Selon lui, le candidat de l’UMP aurait donné pour instruction à Alain Marleix, le spécialiste des élections de son parti, de « faire remonter une cinquantaine de signatures d'élus au candidat Jean Marie Le Pen et à lui seul ».

De quoi faire exploser Dominique Strauss Kahn en vol

Toujours selon Patrick Buisson, Nicolas Sarkozy aurait affirmé au mois de décembre 2005 lors d'une réunion avec des proches, « les valeurs du Front National sont celles de tous les français. C'est la manière dont le Front National les exprime qui est choquante. Les français n'aiment pas les plats trop pimentés qui emportent la gueule ».

De même, l'ancien chef de l’état se serait emporté quand, entre les deux tours des élections présidentielles de 2012, son premier ministre François Fillon avait relevé, dans les Echos, « l'incompatibilité des valeurs » entre le Front National et la droite républicaine. « Qu'est-ce qu'il raconte, François Fillon ? Bien sûr que nous avons des valeurs communes avec le Front National », aurait-il dit.

En revanche, Nicolas Sarkozy aurait du mépris envers Marine Le Pen, qui succédera à son père en 2011, percevant chez elle des faiblesses stratégiques et se disant sidéré par son manque de culture.

Selon Patrick Buisson, l'ancien chef de l’état, alors ministre de l’intérieur, aurait laissé se dérouler des émeutes place des Invalides le 26 mars 2006, lors du mouvement contre le Contrat Premier Embauche (CPE), pour apparaître comme l'homme fort du gouvernement face au premier ministre d'alors, Dominique de Villepin.

Puis, la police intervient et Nicolas Sarkozy apparaît sur les lieux, « fier de montrer, aux termes d’un scénario réglé au millimètre pour les caméras de télévision, à quel point il maîtrisait la situation face à un premier ministre englué dans un affrontement mortifère avec la jeunesse ».

L'ancien conseiller affirme également que Nicolas Sarkozy se vantait d'avoir « de quoi faire exploser » Dominique Strauss-Kahn « en plein vol », dont il espérait qu'il serait son adversaire pour les élections présidentielles de 2012, évoquant deux affaires.

Selon lui, l'ancien président avait « la mine des mauvais jours » au lendemain de l'affaire du Sofitel à New York, car il fallait d'abord que le patron du Fonds Monétaire International (FMI) soit candidat avant que les scandales ne le rattrapent.

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