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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 20:02

CONTRIBUTION DE ROBERT MASCARELL

Lundi 26 Septembre 2016

Après une telle avalanche de récriminations, je me suis dans un premier temps pincé puis, plus gravement, je me suis demandé si je n’étais pas en train de virer fasciste. Moi qui, depuis 2005, suit avec beaucoup d’intérêt le parcours politique de Jean Luc Mélenchon. Moi, qui milite à la Confédération Générale du Travail (CGT) depuis 1964. Moi qui, depuis 1998, défend tous les salariés sans distinction de race, de couleur, d’opinion, de croyance ou pas, devant toutes les juridictions sociales. Moi qui suis le fils d’une réfugiée politique de la guerre d’Espagne qui a fui le fascisme en 1939.

Moi, âgé de soixante quinze ans, je me serais fait rouler dans la farine par un ambitieux sans foi ni lieu ? Moi qui ai quitté le Parti Communiste Français (PCF) en 1978, après quinze ans de militantisme, en raison de ses pratiques staliniennes, je serais tombé dans les bras d’un autre totalitaire ?

Heureusement, grâce à la CGT, j’ai acquis une formation de juriste. Je ne me contente donc pas de petits bouts de phrases entre guillemets, retirées de leur contexte, pour arrêter mon opinion. Il faut que j'aille à la source. Grâce aux prodiges d’internet et de google, on peut y arriver. Aussitôt dit, aussitôt fait.

D'emblée, je vais rendre un point aux auteurs de ce texte. Moi aussi, bien que membre du Parti de Gauche et prochain électeur convaincu de Mélenchon en avril 2017, voire mieux, je n’ai pas apprécié sa sortie devant le parlement européen, à propos des travailleurs détachés volant le pain des travailleurs. Le 14 juillet 2016, j’ai écrit l’article suivant sur mon blog.

http://robertmascarell.overblog.com/2016/07/moi-fils-d-immigree-politique-et-arriere-petit-fils-d-immigres-economiques.html

Dans cet article, je considère sa déclaration maladroite. Je publie également la mise au point que Jean Luc Mélenchon a faite quelques jours après.

http://www.gauchemip.org/spip.php?article27260

Il y précise qu’il ajoute des guillemets autour des mots « volent son pain », signifiant par là que ces mots ne sont pas de lui, mais qu’ils font partie du langage des racistes. Il les reprend pour la clarté et la force de l’idée qu’il veut faire comprendre. Malheureusement, comme il le dit, les guillemets ne se voient pas à l’oral.

Pour moi, l’incident est clos. Il eut été préférable certes que Jean Luc Mélenchon contrôle mieux sa pensée. Mais les auteurs du texte sont malveillants. Ils font silence sur sa mise au point.

En respectant l’ordre de leur texte, les cinq malveillants font procès à Jean Luc Mélenchon d’avoir critiqué Angela Merkel à propos de sa politique d’accueil massif des réfugiés. Sous-entendu, il est contre les réfugiés.

Il s’agit là d’un raccourci simpliste qui fait fi du raisonnement politique de Jean Luc Mélenchon.

En réalité, après avoir pointé l’opportunisme d’Angela Merkel dans sa décision, destinée à combler un déficit de population tragique, Jean Luc Mélenchon dit combien cette décision est porteuse de danger pour l’avenir. Évidemment, en disant cela, Jean Luc Mélenchon a en tête l’histoire de l’Allemagne. Il sait que la bête immonde est tapie dans l’ombre. Quelques mois après sa déclaration, les faits lui donnent malheureusement raison. L’extrême-droite connaît un regain spectaculaire en Allemagne comme en Autriche. Il s’agit donc d’agir avec responsabilité. Jean Luc Mélenchon fait ainsi montre de ses qualités d’homme d’état.

Procès est ensuite fait à Jean Luc Mélenchon d’être un national-populiste, en clair un fasciste, parce que, sur fond d’indépendantisme français, il refuse que l’Europe soit allemande et il fait un lien direct entre le peuple et la défense des droits sociaux. Admirez le joyeux mélange.

Nos malveillants seraient-ils pour l’Europe allemande ? En réalité, Jean Luc Mélenchon met en avant le concept d’indépendantisme français pour signifier qu’il veut sortir notre défense nationale des rets de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et évidemment de ceux de l’Allemagne. C’est être nationaliste cela ?

D’un seul coup, je me sens national-populiste. Plus l’insulte est grosse et plus nos médisants pensent qu’elle va passer.

Et voilà que la bande des cinq se souvient en 2016 que Jean Luc Mélenchon a voté la loi sur la burka en 2010, pour pouvoir faire le lien avec le débat artificiel de cet été sur le burkini, afin de démontrer que Jean Luc Mélenchon n’est pas que national-populiste et anti-immigrés, il est aussi islamophobe. Si après cela, un islamiste illuminé ne pose pas une fatwa contre Jean Luc Mélenchon, c’est à désespérer de tout.

Il se trouve que, effectivement, Jean Luc Mélenchon, qui n’oublie pas de quelles roueries sont capables les religieux fanatiques, considère que l’irruption des burkinis sur le devant de la scène est tout sauf innocente. Il y voit un moyen pour les fanatiques religieux d’instrumentaliser odieusement le corps des femmes, apparemment pas pour nos cinq. Leur conclusion est donc sans appel, Jean Luc Mélenchon est raciste. Ce qu’il fallait démontrer.

A ceux qui vont éventuellement me lire, je leur propose de se libérer des ignominies des cinq et d’aller à la source, c’est-à-dire à l’article tout en sensibilité et en nuances de Jean Luc Mélenchon sur le voile intégral

http://www.jean-luc-melenchon.fr/2010/01/07/je-parle-du-voile-integral

Cela n’a rien à voir avec la grossière caricature des cinq.

Dans ce fourre-tout infâme, Jean Luc Mélenchon est accusé d’accepter la possibilité de quotas migratoires. Vérification faite dans le message ci-dessous.

http://www.leparisien.fr/politique/quotas-de-migrants-melenchon-juge-facile-de-s-inventer-une-polemique-17-05-2015-4778667.php

Il apparaît que Jean Luc Mélenchon ne veut pas se laisser enfermer dans ce débat qu’il juge polémique. Il préfère aborder le débat sur l’accueil des travailleurs immigrés sur le fond, en partant des responsabilités des pays importateurs de main-d’œuvre étrangère. Nous sommes loin des quotas.

Il y aurait tant d’autres choses à dire sur ce tissu de haine, mais voilà qu’un coup d’œil sur les signataires au bas de ce brûlot m’a toutefois rassuré. Ils sont cinq. Quatre me sont inconnus. Pas le cinquième, Pierre Zarka. Ce n’est ni plus ni moins qu’un apparatchik du PCF. Pour les besoins de la cause de ce parti, il en est sorti pour offrir ces services à des groupuscules évoluant dans la mouvance du PCF.

J’ai bien connu cela, dans les années 1960 et 1970, du temps de la splendeur du PCF. Autour de lui gravitaient des organisations de masse, c’était le terme employé à l’époque, le Mouvement de la Paix, la Fédération des Conseils de Parents d’Elèves (FCPE), le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) et France-URSS, à la tête de ces organisations, le PCF plaçait un compagnon de route bien docile. Aujourd’hui, les temps sont plus rudes, il a beaucoup moins les moyens de placer des compagnons de route. Qu’à cela ne tienne, un membre du parti fera bien l’affaire. Le téléguidage est toujours aussi efficace que dans le temps.

Pour conclure, je veux exprimer un point d’accord avec les signataires et un point de satisfaction.

Comme eux, je pense que l’irréparable a été commis, mais pas par Jean Luc Mélenchon, par ces vils calomniateurs. Quant à mon sujet de satisfaction, il s’agit du soutien apporté à la candidature de Jean Luc Mélenchon par Clémentine Autain.

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