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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 20:04

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/09/20/surenchere-a-droite-sur-le-demantelement-de-calais_5000493_823448.html

Surenchère à droite sur le démantèlement de Calais

Par Jean-Baptiste de Montvalon, Nathan Loheac et Patrick Roger

L’annonce par le gouvernement de sa volonté de trouver en France, un pays de soixante sept millions d’habitants, quelque neuf mille places d’accueil pour des réfugiés et migrants, en vue d’un relogement provisoire des occupants du camp de la Lande de Calais, a mis le feu aux poudres.

En pleine campagne pour les élections primaires de la droite et à quelques mois des élections présidentielles, les chiffres importent peu. Seuls comptent les mots accueil, réfugiés et migrants, dont l’extrême droite et une partie de la droite se sont saisies pour clamer leur indignation. La polémique n’est pas près de s’éteindre. Nicolas Sarkozy est attendu Mercredi 21 Septembre 2016 à Calais et François Hollande devrait s’y rendre au début de la semaine suivante.

Avant ce nouveau duel à distance, l’opinion publique aura été chauffée à blanc. Laurent Wauquiez, président par intérim du parti des Républicains, a donné le ton en lançant, Vendredi 16 Septembre 2016, une pétition pour dire « non à la création de jungles sur l’ensemble du territoire national ».

Deux jours plus tôt, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes avait appelé les maires de sa région à s’opposer à l’accueil des migrants de Calais, qualifiant de folie le plan gouvernemental révélé dans les colonnes du Figaro, Mardi 13 Septembre 2016. « Rien n’autorise ce gouvernement à jouer aux apprentis sorciers », avait alors jugé Christian Estrosi, président du parti des Républicains de la région Provence Alpes Côte d'Azur (PACA), accusant lui aussi le gouvernement de vouloir « créer des micro-jungles de Calais ».

« Les équipements publics de la région Ile-de-France n’ont pas vocation à accueillir des migrants », a prévenu à son tour la présidente du parti des Républicains de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse. « Je ne compte pas participer à la création de mini-Calais sur les côtes normandes », indique au Monde le président du conseil régional de Normandie, Hervé Morin. Dans ce contexte, l’extrême droite est montée d’un cran. Steeve Briois, vice-président du Front National et député européen, a lancé, Dimanche 18 Septembre 2016, un collectif de maires « ma commune sans migrants », affichant clairement l’objectif du Front National, mettre la pression sur les élus du parti des Républicains.

« Campagne hystérique »

Face à cette bronca, le gouvernement cherche à calmer le jeu. Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, et la ministre du logement, Emmanuelle Cosse, ont adressé, Vendredi 16 Septembre 2016, un courrier à l'association des petites villes de France pour assurer que l’ouverture des centres se ferait en « concertation préalable » avec les élus. Lundi 19 Septembre 2016, en marge d’un déplacement à l’Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII) à Bobigny, dans le département de la Seine-Saint-Denis, Bernard Cazeneuve a cependant haussé le ton.

Dénonçant « l'irresponsabilité » de certains responsables politiques, le ministre de l’intérieur a visé le Front National, ainsi que la « droite extrême ».

« La république, ce n’est pas la haine. Ce n’est pas le refus de l’autre et la république, ce n’est pas non plus le mensonge, parce que le Front National est, comme une partie de la droite extrême, dans le mensonge », a déclaré Bernard Cazeneuve.

La place Beauvau a décidé de communiquer sur le dispositif mis en œuvre afin de contrecarrer la « campagne hystérique » de la droite. « Certains acteurs se livrent à une instrumentalisation qui nous paraît inquiétante s’agissant des conséquences politiques qui peuvent en résulter », déplore l’entourage du ministre de l’intérieur, rappelant que cent soixante et un Centres d'Accueil et d'Orientation (CAO) ont déjà été ouverts depuis un an.

« Cinq mille six cent personnes venant de Calais ont déjà été accueillies dans soixante dix huit départements, y compris en Haute-Loire, sans que Laurent Wauquiez s’en aperçoive », note le ministère.

Pour permettre le démantèlement du camp de la Lande, les préfets sont chargés de répertorier des bâtiments appartenant à l'état ou à de grandes entreprises, pouvant mettre à disposition des locaux inutilisés. A ce jour, sur les neuf mille places nécessaires, environ quatre mille places ont été identifiées. « Tant que nous travaillions dans la discrétion, cela se passait bien. Il est possible que le climat créé par la droite complique les choses », déplore le ministère.

Parallèlement, le gouvernement veut montrer sa « fermeté à l’égard de l’immigration irrégulière ». Lundi 19 Septembre 2016, les services de l’intérieur ont procédé à un nouvel éloignement groupé de trente personnes en situation irrégulière depuis Calais, ce qui porte le total à mille trois cent quatre vingt quatre expulsions depuis le début de l’année 2016.

« Des solutions, pas des pétitions »

La charge lancée par quelques ténors de la droite est toutefois loin de faire l’unanimité dans ses rangs. Le président du parti des Républicains des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a clairement pris ses distances avec l’initiative de Laurent Wauquiez. « Démantèlement de la jungle de Calais, j’attends de ma famille politique des solutions, pas des pétitions », a indiqué Xavier Bertrand sur son compte Twitter. « Des militants sont venus me voir ce week-end en me disant qu'ils ne comprenaient pas bien, c’est quoi la différence entre la pétition de Laurent Wauquiez et l’association lancée par Steve Briois ? J'étais mal à l’aise, parce que je n’ai pas su bien leur répondre », a expliqué le président de région lors de sa conférence de presse de rentrée, Lundi 19 Septembre 2016, tout en déplorant le « silence assourdissant » des candidats aux élections primaires de la droite sur « le démantèlement et l’après-démantèlement » du campement de Calais.

« Cette question relève de l’autorité et de la responsabilité de l'état, nullement des compétences de la région », souligne Philippe Richert, président du parti des Républicains de la région Grand Est. Dans un communiqué commun intitulé « migrants, face à la mauvaise foi, nous choisissons la république bienveillante », publié Vendredi 16 Septembre 2016, les cinq présidents du Parti Socialiste de conseils régionaux se sont déclarés, quant à eux, « prêts à prendre nos responsabilités face à ce devoir de solidarité qui nous concerne tous ».

Dans ce contexte de vive polémique, les réunions d’information locales sont parfois tendues. Le parquet de Roanne, dans le département de la Loire, a ainsi ouvert une enquête pour « incitation à la haine raciale et menace de représentants de l'état » après des incidents lors d’une réunion, organisée Mercredi 14 Septembre 2016 à Saint-Denis-de-Cabanne, sur l’accueil de quatre vingt migrants.

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