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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 17:22

http://www.ataturquie.fr/le-parti-islamo-conservateur-turc-purge-meme-dans-ses-rangs

http://www.lemonde.fr/international/article/2016/09/03/le-parti-islamo-conservateur-turc-purge-meme-dans-ses-rangs_4992050_3210.html

Le parti islamo-conservateur turc purge même dans ses rangs

Par Marie Jégo, correspondante permanente du Monde à Istanbul

Annoncée Mercredi 31 Août 2016, la démission d’Efkan Ala, le ministre de l’intérieur de Turquie, n’a pas provoqué beaucoup de commentaires. Le premier ministre Binali Yildirim y a consacré une minute et demie lors d’une apparition à la télévision le soir-même.

Remerciant Efkan Ala pour ses services, Binali Yildirim ne s’est pas étendu sur les raisons du départ de ce poids lourd du gouvernement. Réputé proche du président Recep Tayyip Erdogan, Efkan Ala, cinquante et un ans, a été remplacé par Süleyman Soylu, ministre du travail et de la sécurité sociale. En partance pour le sommet du G20 à Hangzhou, Vendredi 2 Septembre 2016, Recep Tayyip Erdogan a été plus disert, « cet homme est notre compagnon de route, mais il a manqué de performance ».

En fonction depuis le mois de décembre 2013, avec une interruption de neuf mois en 2015, Efkan Ala n’avait plus les faveurs du chef. Bien avant les événements, des mauvaises langues le disaient usé jusqu’à la corde.

Le fait d’avoir été injoignable la nuit du putsch raté du Vendredi 15 Juillet 2016, dans un avion entre Erzurum et Ankara, n’a pas redoré son blason.

Avant tout, l’homme a fait partie de l’équipe gouvernementale chargée des pourparlers avec les rebelles kurdes du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Il était présent lors de l’annonce de l’accord esquissé avec les représentants kurdes, le 28 février 2015 au palais de Dolmabahçe, à Istanbul, et dénoncé depuis. Efkan Ala était alors entouré du vice-premier ministre, Yalçin Akdogan, et du ministre de la culture et du tourisme, Mahir Unal, lesquels ont perdu leur poste quelques mois plus tard, juste avant que la guerre ne reprenne de plus belle entre les rebelles kurdes et les forces turques dans le sud-est du pays.

Même si Recep Tayyip Erdogan a regretté la piètre performance de son ministre de l’intérieur, la purge menée actuellement en Turquie contre les adeptes de la communauté religieuse de l’imam Fethullah Gülen, que les autorités désignent comme l’instigateur du putsch raté, ne manque pourtant pas de rythme.

Depuis le soulèvement manqué, trente cinq mille personnes ont été interpellées, parmi lesquelles dix sept mille ont été mises en examen. Au total, quatre vingt mille personnes, soupçonnées de liens avec les adeptes de Fethullah Gülen, ont perdu leur emploi. Pour moitié, il s’agit de fonctionnaires de l’état, dont vingt huit mille cent soixante trois travaillaient au ministère de l’éducation, selon un décret publié Jeudi Premier Septembre 2016 au journal officiel turc. Le ministère de l’intérieur a limogé trois cent soixante neuf employés, le ministère des affaires étrangères a limogé deux cent quinze personnes et le ministère des finances a limogé mille six cent quarante deux personnes. Les services du premier ministre se sont débarrassés de trois cent deux fonctionnaires, la direction des affaires religieuses a démis mille cinq cent dix neuf employés et vingt quatre gouverneurs ont été limogés.

Aucun secteur épargné

Rien ne semble pouvoir arrêter le rouleau compresseur. Après le putsch raté, le président Recep Tayyip Erdogan a promis d’éradiquer les entreprises, les associations caritatives et les écoles liées au réseau, des « nids de terroristes », a-t-il dit, et d’assécher leurs sources de financement, une initiative qui fait consensus au sein de la société turque, où le mouvement de Fethullah Gülen est désormais honni.

Comme les prisons sont pleines, le ministre de la justice, Bekir Bozdag, a déclaré récemment que trente huit mille détenus de droit commun allaient être libérés à la faveur d’une réforme de la liberté conditionnelle. A terme, quatre vingt treize mille détenus pourraient en bénéficier.

Aucun secteur d’activité n’est épargné. L’épuration a frappé de plein fouet certaines des Petites et Moyennes Entreprises (PME) familiales qui sont la colonne vertébrale de l’économie turque, tels les groupes Boydak dans le secteur de l’ameublement, Aydinli dans le secteur de la confection, Eroglu Holding et Akfa Holding dans le secteur de la construction, et Gulluoglu Baklava dans le secteur de la pâtisserie.

Pépinière du business musulman, la ville de Kayseri vit au rythme des arrestations. Le Samedi 27 Août 2016, trente six personnes, dont des hommes d’affaires et des employés municipaux, ont été mises en examen pour leur appartenance à la communauté de Fethullah Gülen. Omer Dengiz, ancien cadre régional du parti de la justice et du développement (AKP), est au nombre des inculpés.

Après avoir longtemps fonctionné main dans la main avec l’AKP, la confrérie est aujourd’hui traquée jusqu’au sein du parti. Le Vendredi 5 Août 2016, le président Recep Tayyip Erdogan a demandé aux membres de sa formation politique de « purger immédiatement ceux qui sont liés à la structure et ceux qui ont soutenu le coup d’état ignoble » au cours duquel deux cent soixante dix personnes au total ont trouvé la mort, deux cent quarante si l’on ne compte pas les insurgés.

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