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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 16:51

Recep Tayyip Erdogan justifie l'incursion militaire dans le nord de la Syrie (Reuters)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré Jeudi Premier Septembre 2016 que l'incursion militaire menée dans le nord de la Syrie avait déjà permis de libérer quatre cent kilomètres carrés de toute présence de combattants de l'Etat Islamique ou de la milice kurde syrienne des unités de protection populaire (YPG).

« Nul ne peut attendre de nous que nous autorisions un corridor du terrorisme sur notre frontière sud », a-t-il dit en réplique aux critiques des Etats-Unis, qui ont déploré que les forces turques aient attaqué des combattants des YPG, milice qui a le soutien de Washington.

Recep Tayyip Erdogan, qui s'exprimait devant la presse, a déclaré que l'opération était pour l'instant un succès.

Vendredi 2 Septembre 2016, des frappes aériennes turques ont détruit trois immeubles de l'Etat Islamique à Arab Ezza et à al Ghundura, dans le nord de la Syrie, à l'ouest de la ville de Djarablous, reprise la semaine dernière, a annoncé l'armée turque.

Ankara a déclenché le 24 août 2016 l'opération Bouclier de l'Euphrate, une offensive militaire dans le nord de la Syrie qui vise un double objectif, chasser le groupe Etat Islamique des régions frontalières et empêcher les miliciens kurdes syriens de progresser à l'ouest de l'Euphrate.

En quelques heures, des groupes de combattants arabes et turkmènes, regroupés sous la bannière de l'Armée Syrienne Libre (ASL) et appuyés par des blindés, des avions et des éléments des forces spéciales de l'armée turque, ont repoussé l'Etat Islamique de Djarablous, que les djihadistes tenaient depuis trois ans.

Mais prendre cette ville du nord syrien située à la frontière avec la Turquie était peut-être l'aspect le plus facile de l'opération et, une semaine après son déclenchement, leur capacité à tenir ces territoires dépendra sans doute de la volonté d'Ankara de maintenir ses forces en territoire syrien.

De même, il pourrait être plus compliqué pour ces rebelles soutenus par la Turquie, et dont le nombre n'est estimé qu'à mille cinq cent combattants, de pousser leur avantage vers l'ouest et de sécuriser les quatre vingt dix kilomètres de frontière encore contrôlés par l'Etat Islamique.

Car ils sont non seulement opposés aux djihadistes fidèles à l'organisation d'Abou Bakr al Baghdadi mais aussi aux miliciens kurdes des YPG qui ambitionnent de relier les cantons déjà sous leur contrôle, dans le nord-est de la Syrie, et le secteur d'Afrin, que les kurdes syriens contrôlent également, plus à l'ouest, près d'Alep.

Les autorités turques n'ont pas dévoilé beaucoup de chose de la stratégie qui sous-tend leur première incursion majeure en Syrie sinon, ainsi que l'a redit Recep Tayyip Erdogan, Jeudi Premier Septembre 2016, d'empêcher que des groupes hostiles à Ankara s'implantent à leur frontière.

Le ministre allemand des affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier, a appelé, Vendredi 2 Septembre 2016, la Turquie à ne pas s'attarder top longtemps en Syrie lors d'une réunion avec ses homologues des vingt sept autres états de l'Union Européenne à Bratislava, qui doivent rencontrer Samedi 3 Septembre 2016 le ministre turc aux affaires européennes, Omer Celik.

« Nous avons tous intérêt à éviter des confrontations militaires à long terme sur le sol syrien », a-t-il déclaré.

Ancien commandant au sein de l'armée turque aujourd'hui analyste pour le journal al Monitor, Metin Gurcan juge que l'objectif turc est de transformer l'Armée Syrienne Libre (ASL) en une force organisée et cohérente et d'en faire un contre poids aux YPG, que Washington considère de son côté comme une des forces les plus efficaces contre l'Etat Islamique.

A cette aune, le contrôle d’al Bab pourrait être crucial.

C'est dans cette ville située à mi-chemin entre Manbij, reprise aux djihadistes par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), une coalition incluant les YPG, et Alep qu'Abou Mohammed al Adnani, porte-parole de l'Etat Islamique et membre parmi les plus influents de sa direction, a sans doute été tué cette semaine.

Al Bab est pour l'instant tenue par les djihadistes de l'Etat Islamique.

Elle occupe le flanc sud de la zone tampon que la Turquie souhaite créer dans le nord de la Syrie pour protéger sa frontière. Elle se trouve aussi sur l'axe d'une unification des secteurs sous contrôle kurde.

« Nous sommes en présence de deux forces fortement motivées et pressées de capturer al Bab. Au final, cela sert les intérêts stratégiques des Etats-Unis, qui font du combat contre l'Etat Islamique la priorité », ajoute Metin Gurcan.

Ankara, mais aussi Washington, ont demandé aux kurdes syriens de rester à l'est de l'Euphrate. Manbij, comme Djarablous et al Bab sont à l'ouest du fleuve. Pour la Turquie, une présence kurde à l'ouest du fleuve est inacceptable.

« La ligne rouge fondamentale des turcs, ce n'est pas Bachar al Assad mais la perspective de formation d'un état kurde », souligne James Stavridis, ancien commandant suprême des forces de l'Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en Europe, aujourd'hui doyen de la Fletcher School à l'université Tufts.

Recep Tayyip Erdogan a une nouvelle fois réfuté Vendredi 2 Septembre 2016 les affirmations selon lesquelles les YPG ont regagné l'est de l'Euphrate comme le disent les combattants kurdes.

« A l'heure actuelle, ils disent que les YPG ont franchi le fleuve », a dit le président turc. « Nous disons qu’ils ne l'ont pas franchi. La preuve résulte de nos propres observations », a-t-il poursuivi.

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