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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 18:49

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/09/13/en-turquie-abdullah-ocalan-le-chef-emprisonne-du-pkk-appelle-a-relancer-la-paix_4996844_3214.html

En Turquie, Abdullah Öcalan, le chef emprisonné du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), appelle à relancer la paix

Par Marie Jégo, correspondante permanente du Monde à Istanbul

Le conflit entre les rebelles kurdes du PKK et Ankara « pourrait être réglé en six mois » si les négociations de paix venaient à reprendre, a estimé Abdullah Öcalan, le chef emprisonné du PKK, dont les propos ont été rapportés par son frère Mehmet Öcalan, Lundi 12 Septembre 2016.

C’est la première fois depuis le mois d'octobre 2014 que le chef kurde peut recevoir la visite d’un membre de sa famille sur l’îlot-prison d’Imrali, dans la mer de Marmara, où il purge une peine de prison à vie pour avoir dirigé la lutte armée contre l'état turc, qui a causé quarante mille morts depuis les années 1980.

La dernière visite autorisée était celle d’une délégation du parti démocratique des peuples (HDP) au mois d'avril 2015. Depuis, les militants n’ont cessé de s’inquiéter au sujet de l’état de santé de leur chef historique, âgé de soixante huit ans, et objet d’un véritable culte.

Alarmés, une cinquantaine de militants kurdes, revêtus d’un tee-shirt à l’effigie de leur chef, ont entamé tout récemment une grève de la faim à Diyarbakir, exigeant la fin de son isolement.

Après avoir entendu le message de Mehmet Öcalan, venu à Diyarbakir, Lundi 12 Septembre 2016, au lendemain de sa visite à Imrali, le mouvement a cessé.

« Il a dit que, si l'état était prêt pour ce projet, nous pourrions le finir en six mois et que le précédent processus n’était pas complètement effacé », a expliqué Mehmet Öcalan. « Aucune partie ne peut gagner cette guerre. Il est temps de faire cesser les larmes et le bain de sang, c’est ce qu’il a dit ».

L’appel du chef kurde intervient au moment où les affrontements sont quotidiens dans les régions majoritairement peuplées de kurdes à l’est et au sud-est du pays. Lundi 12 Septembre 2016, cinquante personnes, quarante six civils et quatre policiers, ont été blessées dans un attentat à la voiture piégée attribué au PKK à Van, non loin de la permanence du parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir depuis 2002.

De 2012 à 2015, des pourparlers historiques avaient eu lieu entre le gouvernement et le PKK. Ils ont volé en éclats à l’été 2015, quand le PKK a revendiqué l’assassinat de deux policiers à Ceylanpinar, après un attentat-suicide survenu non loin de là, à Suruç, lors d’un rassemblement de la gauche kurde et qui a fait trente trois morts.

Quelques mois plus tôt, le président Recep Tayyip Erdogan avait rejeté la « feuille de route pour la paix » en dix points, dévoilée par son gouvernement.

« Electoralement parlant », estime l’universitaire Ahmet Insel, « faire la paix avec le PKK n’était pas une stratégie payante pour Recep Tayyip Erdogan, puisqu’il a vu le score de son parti baisser aux élections législatives du mois de juin 2015 au profit du HDP qui, franchissant pour la première fois la barre des dix pour cent, a fait son entrée au parlement ».

Depuis, les hostilités ont repris de plus belle entre les rebelles kurdes et les forces turques. Il ne se passe pas un jour sans l’annonce d’un attentat ou d’une attaque à l’explosif contre un convoi militaire dans les régions kurdes.

Forts de l’expérience acquise en Syrie, où le PKK combat les djihadistes de l’organisation Etat Islamique au côté des milices kurdes syriennes, les unités de protection du peuple (YPG), qui lui sont affiliées, les rebelles kurdes ont de plus en plus recours aux engins explosifs télécommandés et aux attentats-suicides.

« En position offensive »

La situation en Syrie, où les YPG veulent établir une région autonome kurde le long de la frontière turque, ruine, pour le moment, toute perspective d’un retour à la table des négociations en Turquie. Au moment où l’armée turque mène des opérations contre l’Etat Islamique et contre les YPG dans le nord de la Syrie, le gouvernement ne veut pas entendre parler de paix avec le PKK. « Nous sommes en position offensive », a rappelé récemment le premier ministre, Binali Yildirim.

Une purge drastique s’est abattue sur le PKK. Le 8 septembre 2016, le premier ministre a annoncé la mise à l’écart de onze mille huit cent trente cinq enseignants soupçonnés de sympathie envers lui. Ils s’ajoutent aux vingt trois mille enseignants déjà suspendus ou limogés pour leurs liens présumés avec la communauté religieuse de Fethullah Gülen, désignée par Ankara comme l’instigatrice du putsch raté du Vendredi 15 Juillet 2016.

Soumise à l’état d’urgence depuis le Lundi 18 Juillet 2016, la Turquie vit au rythme des décrets-lois. Le dernier en date prive vingt huit maires de leurs mandats. Accusés d’être liés au PKK ou à la mouvance de Fethullah Gülen, ils ont été remplacés par des administrateurs proches de l’AKP. La plupart des municipalités concernées sont situées dans le sud-est du pays, où le PKK est bien implanté.

Bien que révéré, Abdullah Öcalan fait de plus en plus figure d’icône sans rôle décisionnel important, tandis que la direction militaire du PKK, basée au mont Qandil, dans le nord de l’Irak, a la main sur le mouvement.

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