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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 20:18

L'opposition syrienne fixe un calendrier pour le départ de Bachar al Assad (Reuters)

Le Haut Comité des Négociations (HCN) représentatif de l'opposition syrienne a averti Mercredi 7 Septembre 2016 qu'il s'opposerait à l'accord que russes et américains s'efforcent de conclure s'il est différent de son propre plan, qui passe par la mise à l'écart du président Bachar al Assad.

Mis sur pied avec l'appui de l'Arabie Saoudite et des puissances occidentales dans l'optique de négociations de paix aujourd'hui dans l'impasse, le HCN a présenté ce plan à Londres.

Il propose six mois de négociations en vue de la formation d'un organe de transition constitué de représentants de l'opposition, de membres du gouvernement et de personnalités de la société civile, qui serait chargé d'administrer le pays pendant dix huit mois, après quoi des élections seraient organisées.

« Cette période de transition s'ouvrira avec le départ de Bachar al Assad et de sa clique et, bien sûr, de ceux qui ont commis des crimes aux dépens du peuple syrien », a expliqué Riad Hidjab, principal coordinateur du HCN.

« Si les russes et les américains s'accordent sur quelque chose de très différent de ce à quoi les syriens aspirent, nous ne l'accepterons pas », a-t-il poursuivi.

« Il n'est pas question de garder Bachar al Assad pendant six mois, ni même un mois ou un jour durant cette période de transition. Les russes et les américains le savent. Ils connaissent la position du peuple syrien. Il a fait de grands sacrifices et ne renoncera pas à cette exigence », a-t-il rappelé.

Moscou et Washington, qui ont pris des partis diamétralement opposés dans le conflit, seraient sur le point de s'entendre.

Le secrétaire d’état américain John Kerry et le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov doivent se revoir Jeudi 8 Septembre et Vendredi 9 Septembre 2016 à Genève, selon Moscou, ce que n'a pas confirmé le département d’état américain.

A Washington, le porte-parole du département d’état, Mark Toner, a précisé que John Kerry ne serait pas à Genève, Jeudi 8 Septembre 2016. « Nous n'accepterons pas un accord qui ne répond pas à nos objectifs fondamentaux », a ajouté le porte-parole.

Renforts gouvernementaux à Alep

La cessation des hostilités obtenue au mois de février 2016 par John Kerry et Sergueï Lavrov a tourné court au bout de quelques semaines, notamment en raison de l'offensive des forces gouvernementales à Alep.

Première ville de Syrie avant la guerre, elle est aujourd'hui le principal enjeu du conflit, mais aussi des négociations entre la Russie et les Etats Unis, et une trêve dans ce secteur pourrait ouvrir la voie à une cessation globale des hostilités.

Or sur le terrain, les combats semblent au contraire s'intensifier. Les forces gouvernementales soutenues par l'aviation russe assiègent à nouveau depuis Dimanche 4 Septembre 2016 les quartiers sud et est aux mains des insurgés. La milice chiite irakienne Harakat al Noudjaba, engagée aux côtés de l'armée, a dépêché ces deux derniers jours un millier d'hommes supplémentaires.

Un peu plus au sud, les rebelles ont lancé la semaine dernière une offensive dans un secteur stratégique de la province d’Hama où se trouvent des villes acquises au régime, peuplées de chrétiens et d'alaouites, minorité à laquelle appartient Bachar al Assad.

Les combats y ont fait cent mille déplacés entre le Dimanche 28 Août 2016 et le Lundi 5 Septembre 2016, selon l’Organisation des Nations Unies (ONU), qui citent le Croissant-Rouge Arabe Syrien et le gouverneur de la province.

A la frontière turque, qu'Ankara dit avoir débarrassée de la présence de l'Etat Islamique avec l'appui de l'Armée Syrienne Libre (ASL), deux cent quatre vingt douze habitants de Djarablous ont en revanche pu regagner leurs foyers. Les djihadistes en ont été chassés dans le cadre de l'opération Bouclier de l'Euphrate, lancée le Mercredi 24 Août 2016 par l'armée turque et ses alliés locaux.

Objectif Rakka

Le ministère russe des affaires étrangères s'est dit Mercredi 7 Septembre 2016 vivement préoccupé par leurs mouvements. « Cela remet en question la souveraineté et l'intégrité territoriales de la république arabe syrienne », juge-t-il dans un communiqué.

« Nous appelons Ankara à s'abstenir de toute nouvelle mesure, qui ne ferait que déstabiliser un peu plus la situation en Syrie », ajoute-t-il.

Outre la lutte contre l'Etat Islamique, l'opération Bouclier de l'Euphrate avait pour but d'enrayer la progression des miliciens kurdes des unités de protection du peuple (YPG), soutenus par les Etats-Unis, qui multiplient les victoires dans le nord de la Syrie.

L'administration turque les assimile aux séparatistes du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), auxquels elle a déclaré la guerre.

Ankara les a sommés de se replier à l'est de l'Euphrate, ce qu'ils n'ont pas fait totalement, a déploré Mercredi 7 Septembre 2016 le vice-premier ministre turc Nurettin Canikli. Il a par ailleurs fait état de cent dix morts dans les rangs de l'Etat Islamique et des YPG depuis le début de l’opération Bouclier de l'Euphrate.

Cité Mercredi 7 Septembre 2016 par le quotidien Hurriyet, le président turc Recep Tayyip Erdogan indique que Barack Obama a évoqué l'idée d'une action militaire commune à Rakka, capitale du califat proclamé par l'Etat Islamique.

« Nous avons dit que, de notre point de vue, ce ne serait pas un problème. Unissons nos soldats, tout ce qui est nécessaire sera fait. Mais, à ce stade, nous devons montrer notre présence dans la région. Nous n'avons pas la possibilité de faire un pas en arrière. Si nous reculons, des groupes terroristes comme l’Etat Islamique, le PKK, le parti de l’union démocratique (PYD) et les YPG s'y installeront », a-t-il ajouté.

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