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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 15:12

http://www.francetvinfo.fr/societe/nuit-debout/nuit-debout-fait-sa-rentree-c-est-la-seule-voie-democratique-qu-il-nous-reste-pour-exprimer-notre-opposition_1805077.html

Nuit debout fait sa rentrée

« C'est la seule voie démocratique qu'il nous reste pour exprimer notre opposition »

Le collectif a ressorti ses bâches, Mercredi 31 Août 2016, pour sa rentrée.

Au programme des cinq jours, assemblées populaires, commissions et concerts, avec une interrogation, comment faire évoluer le mouvement ?

« Il n'y a jamais eu de fin officielle à Nuit Debout, mais il y a un retour officiel de vacances », s'amuse Nathanaël, vingt ans, membre de l'organisation de Nuit Debout. Derrière le stand de la commission accueil, place de la République à Paris, le jeune homme informe les passants sur la rentrée du mouvement, Mercredi 31 Août 2016. « Nous avons cinq jours pour montrer que nous existons toujours, que Nuit debout est toujours là », précise l'étudiant en informatique. « Nous espérons attirer de nouvelles personnes et repartir de plus belle ».

Il y a six mois, le Jeudi 31 Mars 2016, à la suite d'une manifestation contre la loi travail et sous l'impulsion du journaliste François Ruffin, des centaines de manifestants n'étaient pas « rentrés chez eux », mais étaient restés debout place de la République à Paris jusqu'à 5 heures du matin.

Quatre mois de rassemblements et d'assemblées populaires ont suivi, avant que le mouvement ne s'essouffle au début de l'été. « C'est normal qu'un mouvement spontané décline », indique un membre de l'organisation. « Il y a eu l'été et la fin du mouvement contre la loi travail. Mais les revendications sont toujours là ».

Mercredi 31 Août 2016, place de la République, la commission antispéciste, plaidant pour l'absence de hiérarchie entre espèces, la commission écologique et la commission anti-publicité, Bibliothèque Debout et Jeux Debout marquent leur retour, sous leurs panneaux et bâches colorés. Face à elles, une petite cour de participants assis par terre débat sur le partage des richesses. « Il faudrait consommer différemment et essayer de ne pas aller dans des enseignes du type Starbucks », développe un participant au micro.

Mercredi 31 Août 2016 à 19 heures, alors que la foule se disperse lors du concert, Marie, de la commission accueil, confie que « nous étions lucides sur ce qui ne pouvait pas marcher avant, mais nous avons changé. Nous nous sommes vus cet été. Nous avons fait converger les commissions pour qu'elles communiquent mieux entre elles. Nous allons lancer des journées thématiques pour que cela soit plus clair et nous avons rendu la cantine vegan », détaille Juliette, lycéenne en terminale, membre de la commission antispéciste.

S'il n'y a toujours pas d'objectifs propres au mouvement, un maître-mot domine, la convergence des luttes. D'ailleurs, nombre d'entre eux ont milité tout l'été aux différentes Zones A Défendre (ZAD), à Bure, à Notre Dame Des Landes ou au forum social à Montréal au mois d’août 2016. « Dire que nous n’avons rien fait cet été est faux, nous n’étions juste pas ici ».

Une chose perdure en cette rentrée, l'absence de hiérarchie et le refus de représentativité.

« Nous ne voulons pas de porte-parole, le mouvement est pluridisciplinaire et nous estimons que tous les individus ont le même poids, ce sont eux la démocratie », atteste Jérôme, trente sept ans, de la commission sérénité. L'informaticien confie même qu'il n'a « pas du tout envie d'être là », mais qu'il n'a « pas le choix ».

Pour Eglantine, vingt cinq ans, étudiante en développement culturel à Lyon, le mouvement des Nuits Debout représente surtout un lieu de rencontre, en dehors de ses fréquentations habituelles. « J'adore l'ambiance ici, les gens se parlent sans a priori », détaille la jeune femme, « chrétienne, élevée dans une famille plutôt de droite ». C'est d'ailleurs sur la place de la République qu'Eglantine a entendu parler du TAFTA et de l'antispécisme. « Cela n'arriverait jamais dans mon entourage. Ici, je me sens à ma place ».

Même sentiment pour Eloi, dix neuf ans, étudiant en khâgne, « c’est vrai, la plupart du temps, on se fait chier en assemblée générale, les gens ne disent que des poncifs. Mais parfois, tu rencontres des gens passionnants, et cela vaut vraiment le coup ». A ceux qui les accusent d'entre-soi et d'être des bobos, Eloi les renvoie à l'étude des sociologues sur la composition du public de Nuit Debout, effectuée au mois de mai 2016.

Selon cette enquête, détaillée sur le site Reporterre, un participant sur cinq a plus de cinquante ans, trente sept pour cent des participants viennent des banlieues, vingt pour cent sont au chômage et, parmi les actifs, seize pour cent sont des ouvriers, soit trois fois plus qu'à Paris.

« C'est beaucoup plus mixte qu'on ne le pense », atteste Eloi.

Quant à l'avenir du mouvement, au-delà de cette rentrée, tous préfèrent temporiser sur le présent. « Nous allons déjà relancer nos commissions, participer aux actions contre la loi travail et faire revivre la place », confie une organisatrice. « Nous, nous existerons avec ou sans Nuit Debout », assure un membre de la commission anti publicité.

Si l'heure est aux élections primaires à droite et à gauche, personne ne voit le mouvement comme une alternative aux partis pour 2017. « Nous voulons juste montrer qu'il existe une autre vision de la démocratie. Que nous pouvons faire de la politique autrement, en étant là, pour commencer ».

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