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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 20:02

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/09/29/guerre-ouverte-chez-les-socialistes-espagnols_5005184_3214.html

Guerre civile chez les socialistes espagnols

Le secrétaire général du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), Pedro Sanchez, est confronté à une fronde d’une partie de sa direction

Par Sandrine Morel, correspondante permanente du Monde à Madrid

Le PSOE est malade. Depuis des mois, il est à la dérive et se décompose. Les défaites électorales historiques se multiplient, six en un peu plus d’un an, des élections municipales du mois de mai 2015 aux élections basques et galiciennes du Dimanche 25 Septembre 2016, en passant par les deux élections législatives où il a obtenu, coup sur coup, les pires résultats de son histoire.

Mercredi 28 Septembre 2016, dix-sept des trente-cinq membres de la commission exécutive, l’organe de direction du PSOE, ont présenté leur démission. Ils comptent ainsi forcer le départ du secrétaire général, Pedro Sanchez, et imposer un interim, le temps d’organiser un congrès extraordinaire pour assurer sa relève. Le détonateur a été la tentative de Pedro Sanchez de faire taire les critiques internes, de plus en plus vives ces dernières semaines, en forçant la tenue d’élections primaires internes ouvertes aux militants le 23 octobre 2016 pour renforcer son contrôle sur la formation socialiste.

Les socialistes s’interrogent sur leur stratégie. Faut-il laisser gouverner Mariano Rajoy, le chef de file du Parti Populaire arrivé largement en tête des dernières élections législatives, mais sans majorité, ou l’en empêcher pour ne pas laisser à Podemos, le parti de la gauche anti-austérité, le monopole de l’opposition ?

Autres dilemmes, peut-il former un gouvernement alternatif avec le soutien de Podemos et des indépendantistes catalans, alors que le parti est hostile aux négociations avec les séparatistes ? Ou essayer, une nouvelle fois, de rapprocher Podemos et le parti centriste Ciudadanos, malgré leurs oppositions mutuelles ?

Ces questions sont d’autant plus controversées que le blocage politique persiste, les parlements élus le Dimanche 20 Décembre 2015 et le Dimanche 26 Juin 2016 n’ayant pas réussi à dégager de majorité.

Machine à perdre

Plutôt que de chercher un remède à cette crise, le PSOE a étalé ses divisions sur la place publique. Selon les dix-sept membres de la commission exécutive qui ont présenté leur démission, Pedro Sanchez n’est plus secrétaire général, leur départ entraîne automatiquement la mise en place d’une gérance, le temps de convoquer un congrès extraordinaire. Une manœuvre radicale qualifiée de putsch par l’entourage de Pedro Sanchez, lequel est bien décidé à s’accrocher à son siège.

Les frondeurs considèrent qu’ils ont la majorité requise par les statuts, car ils additionnent à leur démission les places vacantes de trois autres membres, l’un est mort, l’autre a été écarté pour corruption présumée et le troisième a démissionné.

Le secrétaire à l’organisation, César Luena, rejette ce calcul. Et de critiquer « ceux qui ont peur des militants ou ne veulent pas qu’ils s’expriment », lors d’une conférence de presse tendue. Pedro Sanchez a été le premier secrétaire général du PSOE directement élu par les militants, en 2014.

« L’exécutif du PSOE n’est plus légitime », tranche pour sa part Antonio Pradas, le député andalou qui a rassemblé les signatures des démissionnaires. Proche de la grande rivale de Pedro Sanchez, la présidente régionale de l’Andalousie, Susana Diaz, il s’est exprimé devant les portes du siège socialiste, qu’on lui a fermées. Une partie des journalistes est d’ailleurs restée coincée à l’intérieur.

Comment le PSOE a­t­il pu en arriver là ? Transformé en machine à perdre depuis la fin du mandat de l’ancien ­président du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero, de 2004 à 2011, il est frappé par la crise de la sociale ­démocratie qui sévit en Europe. Mais en Espagne, celle­ci s’est aggravée avec l’irruption sur l’échiquier politique de Podemos, qui rogne directement son électorat. S’y ajoutent des luttes de pouvoir, des calculs électoralistes et des revanches personnelles.

Depuis des mois, l’autorité de Pedro Sanchez est contestée par les principaux barons régionaux, avec qui le dialogue est rompu. Chacun a ses griefs, souvent contradictoires. Le président valencien, Ximo Puig, lui reproche de l’avoir empêché de conclure un pacte avec Podemos pour présenter des candidatures communes aux élections au sénat. Le président de l’Estrémadure, Guillermo Fernandez Vara, a accusé la direction socialiste d’essayer de le faire taire parce qu’il défend, au contraire, l’idée que le PSOE devrait laisser gouverner le Parti Populaire. L’ancien ­premier ministre Felipe Gonzalez ne perd pas une occasion de suggérer cette option. D’autres jouent sur l’ambiguïté, comme le président de Castille ­la Manche, Emiliano Garcia Page, soutenu par Susana Diaz, pour qui le PSOE « ne peut pas gouverner à n’importe quel prix ».

Après le désastre des élections de Galice et du Pays Basque, plusieurs frondeurs en ont profité pour demander que Pedro Sanchez « assume ses responsabilités ».

Sa réponse ne s’est pas fait attendre. Il a annoncé Lundi 26 Septembre 2016 des élections primaires auxquelles il compte bien se présenter.

Officiellement « pour que le PSOE parle d’une seule et unique voix ». En réalité, pour prendre à contre­pied ceux qui exigent sa tête et obtenir l’aval des militants pour conserver son siège. La bataille s’annonce âpre et le seul vainqueur pourrait bien être Mariano Rajoy, heureux de voir que les affres du PSOE font un peu oublier les scandales de corruption de son parti.

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