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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 15:48

http://www.regards.fr/web/article/espagne-le-psoe-creuse-sa-tombe-podemos-maintient-son-cap

Le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) creuse sa tombe, Podemos maintient son cap

Par Loïc le Clerc

Lundi 26 Septembre 2016

Dimanche 25 Septembre 2016, la Galice et le Pays Basque espagnol renouvelaient leurs parlements. Si les droites nationales et régionalistes demeurent en tête, Podemos confirme sa position de premier parti d’opposition. Le PSOE n’en finit plus de rejoindre le cimetière de la sociale démocratie européenne.

Au royaume d’Espagne, Podemos espérait faire le sorpasso, comprenez passer devant le PSOE, aux dernières élections législatives du Dimanche 26 Juin 2016. En attendant les prochaines élections législatives, au mois de décembre 2016, Pablo Iglesias peut se rassurer, après deux bons résultats lors des élections régionales en Galice et au Pays Basque espagnol, qui ont eu lieu Dimanche 25 Septembre 2016.

En Marea, la plate-forme soutenue par Podemos, arrive en deuxième position avec dix neuf pour cent des voix en Galice, bastion du Parti Populaire, lequel conserve sa majorité absolue avec quarante sept pour cent des voix, et devance ainsi les socialistes de seize mille voix, ce qui leur vaut malgré tout quatorze sièges chacun. Au Pays Basque espagnol, Podemos se place en troisième position avec quinze pour cent des voix, derrière le parti national basque (PNV), indépendantiste de droite, avec trente sept pour cent des voix, et Euskal Herria Bildu, indépendantiste de gauche, avec vingt et un pour cent des voix. Le PSOE sombre à douze pour cent des voix. Il y a quatre ans, le PSOE gouvernait l’Euskadi, soutenu par le Parti Populaire.

Il y a quelques leçons à retenir de ces scrutins. Premièrement, les sondages espagnols ne savent jamais anticiper le résultat de Podemos. Qu’ils le minimisent, comme ce fut souvent le cas auparavant, ou qu’ils le survalorisent comme ce fut le cas cette fois-ci, voilà bien un paramètre à mettre de côté. Les sondages n’alimentent qu’une seule chose, la machine à discrédit des éditorialistes.

Le PSOE, nouveau malade de la sociale démocratie

Il y a eu le PASOK en Grèce, il y aura bientôt le PSOE. Comme les premières victimes de la fin de la sociale démocratie européenne, ces partis socialistes meurent d’avoir joué le jeu de la droite, de l’austérité, du There Is No Alternative (TINA). En Galice, le PSOE se retrouve au même plan qu'En Marea, quatorze élus, avec moins de voix, une humiliation pour certains membres du PSOE. Au Pays Basque espagnol, les choses sont presque pires.

Le PNV cherche un allié pour obtenir une majorité et il choisira certainement le PSOE. Mettre les indépendantistes basques au pouvoir et lutter contre l’indépendantisme catalan, un des premiers freins à une coalition entre le PSOE et Podemos au parlement national, la position sera des moins aisées à tenir sur la durée.

Conclusion, le PSOE est au bord de l’implosion. Pedro Sanchez, qui depuis des mois tente un plan à trois avec Ciudadanos et Podemos en vain, est toujours plus attaqué par l’aile droite de son parti. Susana Diaz, leader socialiste en Andalousie, est le leader de cette opposition interne.

Son rêve, secret de polichinelle, est de faire du PSOE un parti travailliste à la sauce de Tony Blair. À l’instar de ce qu’a pu faire Matteo Renzi, elle ne voit qu’une issue à la crise qui secoue le parlement espagnol, gouverner avec le soutien, actif ou passif, du Parti Populaire. Une position bien à droite, parfaitement assumée, qui ne ferait qu’appuyer le rôle de Podemos en tant que leader de l’opposition à la caste du Parti Populaire et du PSOE.

Podemos continue de s’installer, Ciudadanos disparaît

Voilà bien une nouvelle qui a dû faire couler quelques larmes à Arnaud Leparmentier du Monde et à Jean Quatremer de Libération. Dans ces deux parlements régionaux, Ciudadanos reste à la porte. Ils pourront dire que les identités de ces régions sont particulières. Mais que dire alors du fait que, dans une Galice nationaliste, comprenez très favorable à l'unité de l'état espagnol, et un Pays Basque espagnol régionaliste et indépendantiste, Podemos s’en tire bien dans les deux cas ?

Il y a deux choses. Premièrement, Podemos est très malléable et soluble dans les plates formes politiques locales préexistantes. Deuxièmement, Podemos porte en lui une certaine cohérence dans sa volonté de jeter le Parti Populaire hors du pouvoir et de ne pas y laisser le PSOE sans qu’il ait procédé à une épuration politique. À l’inverse de Ciudadanos qui, en moins d’un an, a promis de mettre fin au règne de Mariano Rajoy, s’est allié avec le PSOE, avant de pactiser avec Mariano Rajoy. D’aucuns qualifieront cela de réalisme. Le seul conseil que nous pourrions leur donner, continuez.

En attendant le mois de décembre 2016 et de nouvelles élections législatives, dont l’issue s’annonce irrémédiablement la même, le PSOE va organiser une élection primaire à laquelle Pedro Sanchez participera. Du gagnant découlera l’avenir de l’Espagne. Podemos doit continuer à débattre et à s’ouvrir vers le bas, car nous espérons mieux d’un parti dont l’ambition est de renverser la table. Le Parti Populaire va pouvoir souffler un peu et se concentrer sur ses affaires judiciaires. Quant à Ciudadanos, c’est quoi déjà, Ciudadanos ?

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