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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 20:06

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/10/03/bresil-le-parti-des-travailleurs-defait-au-premier-tour-des-elections-municipales_5007023_3222.html

Débâcle du Parti des Travailleurs du Brésil au premier tour des élections municipales

Le parti de l’ancien président Luiz Ignacio Lula da Silva a perdu Sao Paulo et près de quatre cent mairies.

Par Claire Gatinois et Paulo Paranagua

Sa victoire lui aurait offert une stature de présidentiable. Sa défaite devrait le plonger dans l’abîme de la politique brésilienne, confirmant la débâcle de son parti. Fernando Haddad, maire sortant de Sao Paulo, membre du Parti des Travailleurs du Brésil, considéré comme un héritier prometteur de l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, de 2003 à 2010, a été éliminé dès le premier tour des élections municipales, Dimanche 2 Octobre 2016, offrant une victoire écrasante à son adversaire, Joao Doria, du Parti de la Sociale Démocratie du Brésil (PSDB), du jamais-vu dans la capitale économique du Brésil.

Raflant plus de cinquante trois pour cent des voix, contre seize pour cent pour Fernando Haddad, Joao Doria s’est présenté comme le Michael Bloomberg du Brésil. Prétendant suivre les traces de l’ancien maire de New York, le publicitaire et présentateur de télévision millionnaire, fils d’un ancien député exilé sous la dictature militaire, de 1964 à 1985, avait fait campagne en assumant un programme libéral à même de séduire les classes moyennes, se présentant comme un entrepreneur à succès et non comme un politicien, pour appâter les écœurés de la politique.

Deux cent cinquante six mairies contre six cent trente en 2012

Fernando Haddad a perdu aussi bien dans les beaux quartiers que dans les faubourgs populaires. Deux anciennes maires de Sao Paulo du Parti des Travailleurs du Brésil qui avaient changé d’étiquette, Marta Suplicy et Luiza Erundina, se sont effondrées dans les urnes. Dans les municipalités de l’ancienne banlieue rouge, berceau du Parti des Travailleurs, le parti de Luiz Ignacio Lula da Silva recule également. A Sao Bernardo do Campo, son lieu de résidence, l’ancien dirigeant métallurgiste a été conspué au bureau de vote, et le Parti des Travailleurs a été écarté du second tour.

Sao Paulo ne fait que refléter le naufrage du Parti des Travailleurs au niveau national. Ses candidats ne l’emportent que dans deux cent cinquante six municipalités, dont une seule capitale d'état, Rio Branco, dans l’Acre, contre six cent trente mairies en 2012. Le décompte des conseillers municipaux élus confirme un effondrement de l’audience du Parti des Travailleurs de l’ordre de cinquante pour cent. La bérézina s’étend à des fiefs traditionnels du Nordeste, comme Bahia, où l’héritier d’une dynastie traditionnelle, Antonio Carlos Magalhaes Neto, emporte la mairie de Salvador dès le premier tour, avec soixante quatorze pour cent des voix.

Toutefois, ce n’est pas la droite, divisée en multiples petits partis, qui profite de l’effondrement du Parti des Travailleurs, à la tête d’une coalition de centre gauche pendant treize ans. Ce sont les grandes formations centristes qui sortent confortées par le scrutin et mieux positionnées pour emporter le second tour, réservé aux grandes villes.

Le Parti du Mouvement Démocratique du Brésil (PMDB) reste le plus important de par le nombre d’élus, même si le PSDB progresse davantage. Le triomphe à Sao Paulo est une avancée pour le gouverneur du PSDB de l'état, Geraldo Alckmin, désormais bien placé dans la course à la présidence en 2018.

Plutôt qu’un virage à droite, nous assistons à un recentrage, sur fond de méfiance accrue à l’égard de tous les partis politiques. Le discrédit du Parti des Travailleurs s’étend à d’autres formations de gauche, comme le Parti Socialiste du Brésil (PSB) et le Parti Populaire Socialiste (PPS), qui reculent aussi. La REDE, le réseau formé il y a un an à peine par l’ancienne candidate écologiste Marina Silva, n’est pas parvenu à décoller à l’occasion de ces élections municipales. Seul le parti socialisme et liberté (PSOL), la gauche de la gauche, une scission du Parti des Travailleurs remontant à 2004, tire son épingle du jeu à Rio de Janeiro, où Marcelo Freixo, soutenu par la jeunesse et l’intelligentsia, disputera le second tour contre l’évêque évangélique Marcelo Crivella, le favori des sondages.

« Le Parti des Travailleurs n’a plus l’autorité politique pour être hégémonique à gauche, mais il n’y a pas encore une alternative », assure Guilherme Boulos, dirigeant national du Mouvement des Travailleurs Sans Toit (MTST). « En étant au pouvoir, le Parti des Travailleurs s’est renforcé politiquement, mais a perdu contact avec la société », a reconnu Fernando Haddad, lors d’un entretien avec la presse étrangère, le 26 septembre 2016. « La chute du Parti des Travailleurs se poursuivra jusqu’en 2018, année des élections présidentielles, voire plus », prédit Lincoln Secco, professeur d’histoire à l’université de Sao Paulo et auteur de « l’histoire du Parti des Travailleurs au Brésil », aux éditions du Sextant, en 2011. Pis, la déroute du Parti des Travailleurs plongera toute la gauche dans le désarroi, pense-t-il, « le PSOL tente de se présenter comme le Parti des Travailleurs des débuts, mais l’histoire ne se réécrit pas. Le discours du PSOL séduit une classe intellectuelle aisée, sans s’enraciner dans les milieux ouvriers, comme l’avait fait le Parti des Travailleurs ».

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