Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 19:52

 

http://www.courrierinternational.com/article/vu-du-royaume-uni-moi-daniel-blake-le-meilleur-film-de-ken-loach

 

Vu du Royaume-Uni, Moi, Daniel Blake, le meilleur film de Ken Loach

Par Julien Guintard

Le long-métrage du réalisateur britannique, Palme d’Or lors du dernier Festival de Cannes, sort Mercredi 26 Octobre 2016 en France. La presse britannique apprécie la force de ce long-métrage et en fait un classique instantané du cinéaste.

Ken Loach a commencé à filmer le Royaume-Uni bien avant l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher et, si tout se passe bien, il continuera de filmer son pays après le Brexit. À quatre vingt ans, le réalisateur compte à son actif plus d’une trentaine de longs-métrages, récompensés par deux Palmes d’Or, dont la dernière en date obtenue cette année pour Moi, Daniel Blake. 

Ken Loach versus Woody Allen

Une si longue carrière expose à certains écueils. En effet, certains artistes, devenus de vénérables institutions au fil du temps, peuvent perdre le fil de leur propos ou leur pertinence.

Le Times s’en inquiète et propose un comparatif, « y a-t-il deux réalisateurs plus proches que Ken Loach et Woody Allen ? Nés à six mois d’intervalle dans des familles de la classe ouvrière de part et d’autre de l’Atlantique, ils se sont tous deux lancés dans le cinéma au cours des années 1960, Ken Loach avec Pas de Larmes pour Joy, Woody Allen avec Prends l’Oseille et Tire Toi, et ils ont produit une œuvre essentielle, importante et récompensée jusqu’à la fin des années 1990, après quoi ils ont commencé à sombrer dans une forme de répétition et d’auto parodie. Alors que les films de Woody Allen resservent continuellement le même ragoût familier de personnages bizarrement névrosés pris dans des relations amoureuses bancales, Ken Loach paraît perpétuellement partagé entre l’envie de raconter une histoire prenante, en s’appuyant sur des acteurs remarquables, et la tentation de saboter son histoire par des scènes lourdes d’agitation et de propagande où les personnages s’insurgent contre les injustices qui pèsent sur l’ouvrier sans reproche ».

Mais plutôt que de porter l’estocade, le critique du Times se ravise, « Moi, Daniel Blake, cependant, n’a rien à voir avec cela. C’est, au contraire, pour poursuivre le parallèle avec Woody Allen, le Blue Jasmine de Ken Loach, le travail passionné, émouvant et intelligent d’un réalisateur maestro à l’automne de sa carrière ».

Son film « le plus énervé »

Le Guardian partage cette lecture, « Ken Loach a beau avoir passé un demi-siècle à faire des films centrés sur la colère sociale, il est sur le point de sortir son film le plus énervé ».

« Moi, Daniel Blake est un Ken Loach sur l’histoire d’un menuisier de Newcastle qui n’est plus en état de travailler et qui doit faire face à une administration sociale qui ne l’écoute pas, qui l’humilie et qui le met plus bas que terre, donc c’est amusant, tellement amusant, tout le long », ironise le Spectator, le journal de référence des intellectuels et dirigeants conservateurs. « Oui, c’est ce genre de Ken Loach-là, mais comme ce Ken Loach est aussi plus puissant que la plupart des autres films, qu’il est redoutablement émouvant, j’ai pleuré, et qu’il est redoutablement touchant, j’ai pleuré à nouveau, vous allez devoir l’endurer. Le film est coécrit par Paul Laverty, collaborateur de longue date de Ken Loach, qui avait déclaré que l’un des points de départ de l’écriture de cette œuvre était le fait que le grand public croit que la fraude aux allocations sociales représente vingt quatre pour cent des versements alors que les organismes l’estiment à 0,7 %. J’allais oublier. Le film est aussi redoutablement révoltant ». 

Ce n’est donc pas une surprise, prévient l’Evening Chronicle, le journal de Newcastle, si Jeremy Corbyn, le leader du parti travailliste, « s’est transformé en critique de cinéma pour faire la promotion de Moi, Daniel Blake ». Après avoir assisté à la première londonienne, Mardi 25 Octobre 2016, Jeremy Corbyn a posté un commentaire sur Facebook ne tarissant pas d’éloges à propos du film tourné dans le Tyneside. Il a notamment écrit que « s’il y a une seule chose à faire cette année, c’est d’aller voir Moi, Daniel Blake. C’est l’un des films les plus émouvants que j’aie jamais vu. Tant de gens souffrent de l’indignité montrée dans ce film auprès des services sociaux, en raison des décisions politiques désastreuses et injustes de ce gouvernement conservateur ».

Partager cet article

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens