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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 19:02

 

http://www.liberation.fr/debats/2016/10/04/quand-tout-acte-contestataire-peut-etre-qualifie-de-terrorisme_1519604

 

Quand tout acte contestataire peut être qualifié de « terrorisme »

 

Des universitaires et des étudiants lancent une pétition contre les violences policières. Ils demandent l’ouverture d’une enquête publique pour faire la lumière sur l’affaire du doctorant Guillaume Vadot. 

Nous, chercheurs et enseignants-chercheurs des universités, condamnons avec indignation les faits au sujet desquels notre collègue Guillaume Vadot a porté plainte auprès du parquet de Bobigny, le 27 septembre 2016. Ces faits sont les suivants, abus d’autorité, violences volontaires aggravées, agression sexuelle aggravée, menaces, injures publiques et vol. Guillaume Vadot est doctorant et enseignant de statut précaire, Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche (ATER), à la Sorbonne. Les menaces des policiers qui l’ont agressé s’inscrivent dans ce contexte plus large où la recherche en sciences sociales est de plus en plus accusée de fournir des excuses aux terroristes ou de relativiser l’horreur de leurs actes. Ces propos, relayés sous différentes formes par la majorité des élites politiques dans le contexte post-attentats, ne peuvent qu’être interprétés comme un chèque en blanc pour des pratiques toujours plus violentes et répressives. 

Nous réagissons pour Guillaume Vadot, mais au-delà, contre toutes les formes de violences policières. La question n’est pas seulement « que fait la police », mais aussi « à qui le fait-elle ». Les personnes ciblées par le racisme, habitants de quartiers populaires et, de manière plus accrue depuis l’état d’urgence, les militants sont les victimes de ce genre de traitements spéciaux ultra violents. 

Ce qui est arrivé à notre collègue, par l’écho rencontré par l’affaire, nous donne la possibilité et la responsabilité de rendre visible ce qui ne l’est malheureusement jamais. 

De plus, sous l’état d’urgence sans cesse prolongé, l’assimilation rapide au terrorisme de tout acte contestataire ou de toute infraction mineure, procédé bien rodé dans nombre de régimes dont on se plaît généralement à souligner le caractère autoritaire, ne peut être acceptée. 

Un climat lourd s’installe, les libertés publiques sont limitées et menacées.

Ainsi, ce qui est arrivé le 22 septembre 2016 et, plus encore, le 19 juillet 2016 avec la mort d’Adama Traoré dans les mains de la gendarmerie, nous amène à poser publiquement la question, « jusqu’où va-t-on aller ». 

Nous demandons instamment la tenue d’une enquête impartiale et publique et, si cette dernière aboutissait aux conclusions que nous redoutons, appelons à des sanctions exemplaires.

 

Premiers signataires :

 

Emmanuel Barot, Jean-Numa Ducange, Eric Fassin, Razmig Keucheyan, Olivier Le Cour Grandmaison, Michael Lowy, Philippe Marlière, Véronique Nahoum-Grappe, Willy Pelletier, Amandine Regamey, Sylvia Serrano, Sylvie Tissot, Sophie Wahnich

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