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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 19:09

 

https://gazettedebout.fr/2016/10/20/flic-debout/

 

Une manifestation sauvage de la police 

Flics Debout ? 

Des centaines de policiers marchent sur les Champs-Élysées, au beau milieu de la nuit, en chantant la Marseillaise. Environ cinq cent autres se rassemblent place de la République, lieu où il y a encore quelques semaines ils venaient réprimer les participants de Nuit Debout. Nous sommes Mercredi 19 Octobre 2016. Et cette manifestation totalement inédite ne dit rien qui vaille pour le gouvernement. 

Ce n’est pas la première fois que les policiers expriment leur colère. Ils se sont déjà rassemblés sur les Champs-Élysées dans la nuit du Lundi 17 Octobre 2016, également aux alentours de minuit, avec des voitures banalisées, gyrophares allumés et sirènes criantes. Des policiers traumatisés par un acte de violence survenu le 8 octobre 2016 lors d’une mission de sécurité Vigipirate à Viry-Châtillon, dans le département de l'Essonne, suite à une caméra de surveillance vandalisée dans le quartier. Leurs collègues ont pris des coups et leurs véhicules à l’arrêt ont reçu des cocktails Molotov. Un policier a été grièvement brûlé aux mains et au visage et a été hospitalisé à l’hôpital Saint-Louis à Paris. 

Cette manifestation sauvage sur les Champs-Élysées est organisée par « un mouvement asyndical » en réaction à l’absence de réponse de l'état après ces attaques. Les militants ont également chanté à l’unisson la Marseillaise devant l’Arc de Triomphe. La démarche se veut symbolique, quoi de plus nationaliste que de chanter l’hymne devant la tombe du soldat inconnu sur le plus célèbre rond-point de France ? La police veut certes se mobiliser pour soutenir ses collègues blessés de Viry-Châtillon mais surtout exprimer son ras-le-bol face aux violences subies pendant leurs missions. 

La police qui part en manifestation, pourquoi ? 

Les « manifestants », environ cinq cent, critiquaient leurs conditions de travail dangereuses sous les ordres d’une hiérarchie vieillissante, leurs maigres salaires et les heures supplémentaires non rémunérées. La mobilisation a été organisée lors de rencontres « clandestines » après les événements de Viry-Châtillon. 

Les policiers se sont inspirés de leur collègues niçois qui organisent sur la place Masséna des rassemblements silencieux pour soutenir leurs collègues de Viry-Châtillon. Une idée reprise par les policiers d’Ivry, qui se sont retrouvés devant la préfecture durant la nuit du Vendredi 14 Octobre au Samedi 15 Octobre 2016. A la suite de cette réunion, ils ont été menacés de sanctions par le directeur départemental. Une menace vécue comme une mesure destinée à les contraindre au silence. Un autre rassemblement, plus symbolique, devant le commissariat de Savigny sur Orge, celui du policier blessé, a eu lieu le 11 octobre 2016. 

L’événement à pris de l’ampleur grâce au bouche à oreille, « nous avons envoyé des textos à des collègues d’un peu partout », raconte un policier. 

Dans une vidéo de www.taranis.news, l’un d’entre eux témoigne, « nous nous sommes organisés nous-mêmes, par les réseaux sociaux et le bouche à oreille ». Il estime que ce rassemblement a été rendu possible car il n’y avait pas d’organisation syndicale. Pour lui, il s’agit d’un mouvement de « flics qui parlent à des flics ». Sur le fond des luttes syndicales, il pense que ce mouvement soulève d’autres questions sur la peur chez les policiers. Il évoque aussi le manque de concertation entre les magistrats et forces de l’ordre, ou des dispositifs de mission dangereux, tel celui où ses collègues ont été blessés, une mission Vigipirate avec deux véhicules comportant chacun deux personnes dans un quartier réputé à risque. 

Les propos recueillis lors du rassemblement parlent peu de la violence des actes perpétrés à Viry-Châtillon, mais le mouvement va servir d’outil de pression médiatique pour pointer les conséquence des ordres donnés par la hiérarchie. L’acte de désobéissance de ces cinq cent fonctionnaires tente de mettre en lumière leurs conditions de travail qui ne cessent de se dégrader, tout comme leur image aux yeux de la population, au profit de hauts placés carriéristes qui réclament du chiffre. 

Une action médiatique ? 

La violence policière est plus que jamais d’actualité. Récemment encore, un manifestant a perdu un œil et un jeune est mort étouffé.

Sans parler des rafles de Stalingrad et de l’expulsion prévue du camp de Calais. Ces sujets ont réveillé le débat sur une violence d’état systémique, notamment à Nuit Debout, voir le dossier sur les violences policières de Gazette Debout, la violence induite par l’état d’urgence sur les citoyens, avec ses mesures de sécurité à la limite du voyeurisme, via des caméras de surveillance tous les cinquante mètres, jetez un oeil au travail du collectif Paris sous Surveillance, la présence policière beaucoup plus importante dans les « banlieues chaudes », la répression toujours plus grande, voir la vidéo de Télébocal sur la dernière manifestation contre les violences policières, et la multiplication des contrôles au faciès. 

Évidemment, ce ne sont pas les victimes de ces violences policières qui comprendront les manifestations de la police. Cependant, dans le fonctionnement et l’organisation de ces mouvements, nous pouvons constater quelques similarités avec le mouvement des Nuits Debout.

Ils sont auto-organisés en marge des syndicats via des initiatives locales. 

Ces jeunes policiers seraient-ils des flics Debout ? Difficile à dire. Bien que similaire, ce mouvement ne va pas au fond de son raisonnement. Si c’est bien la politique du chiffre qui engendre une hiérarchie carriériste, pointer du doigt les supérieurs n’est pas suffisant. Cette politique découle d’ordres politiques. Car la police subit, elle aussi, la violence d’un système vieillissant, ne pouvant plus innover et noyé dans des mesures sécuritaires et liberticides. Il y a de plus en plus de suicides dans ses rangs. Les fonctionnaires savent que certains ordres ne font qu’aggraver la situation et les mettre en danger. Ils sont désormais utilisés en manifestation comme un outil de répression.

Mais aussi pour rendre service aux grandes entreprises, Vinci contre la Zone A Défendre (ZAD) de Notre Dame Des Landes et Electricité Distribution de France (EDF) contre la ZAD de Bure. 

Sur les réseaux sociaux, un hashtag je soutiens la police s’est créé. A l’aide d’outils d’analyse, nous avons pu établir une carte de l’activité des comptes relayant cet hashtag. Nous constatons qu’il s’agit de nombreux compte de la droite. Celle-ci s’est empressée de profiter de l’événement pour faire passer des idées sécuritaires, réclamant au passage des mesures rapides du gouvernement contre les « criminels » et la « racaille ». 

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