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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 18:07

 

http://www.kedistan.net/2016/10/26/provocation-etat-turc-diyarbakir

 

Provocation de l'état turc à Diyarbakır

Les maires de Diyarbakır Metropole, Gültan Kışanak et Fırat Anlı ont été mis en garde à vue Mardi 25 Octobre 2016. La contre mobilisation s’amplifie.

Gültan Kışanak a été arrêtée à l’aéroport de Diyarbakır et Fırat Anlı a été arrêté dans sa maison. Gültan Kisanak venait de rentrer dans sa ville quand elle a été arrêtée à l’aéroport quittant à peine son audition par la commission parlementaire d’enquête sur la tentative de coup d'état du Vendredi 15 Juillet 2016 et sur l’influence des formations secrètes sur la politique à Ankara.

Les forces de police ont attaqué le bâtiment de la municipalité métropolitaine de Diyarbakır et ont perquisitionné les locaux. Les avocats qui se sont opposés à la décision ont signalé en vain que cette décision allait à l’encontre du droit pénal turc. La municipalité est une entité juridique. La police a pourtant fouillé le bâtiment.

Depuis Mardi 25 Octobre 2016 à 23 heures, les communications avec des correspondants dans différents endroits du Kurdistan turc sont très difficiles et il semble que les communications soient empêchées en différents lieux. Les habitants se sont massés sur place, Mardi 25 Octobre 2016, et quelques images circulent sur les réseaux sociaux et sites libres.

S’attaquer à la ville de Diyarbakır, dont aucun maire ne fut arrêté depuis les années 1980, et de plus à Gültan Kışanak, une des figures kurdes qui avait survécu aux tortures lors de ces événements, n’est pas anodin. Le faire en pleine visite d’un ministre des affaires étrangères français n’est pas davantage une coïncidence. Le gouvernement du parti de la justice et du développement (AKP) tenterait de mettre devant le fait accompli les autorités européennes pour pouvoir passer à l’arrestation des députés du parti démocratique des peuples (HDP) dont l’immunité parlementaire a été levée, et au premier rang desquels Selahattin Demirtaş, qu’il ne s’y prendrait pas autrement.

Le parti démocratique des régions (DBP), la branche régionale du HDP, appelle la population à se rassembler devant la mairie Mercredi 26 Octobre 2016 à 11 heures du matin. Cet appel vaut pour tous les lieux du Bakur.

Dans une vidéo, Sebahat Tuncel, deputée du HDP s’exprime, « c’est un scandale. Tu viens, tu mets la main sur ma mairie, tu arrêtes mes administrateurs et tu me dis de ne pas montrer de réaction. Vous allez rendre des comptes, tous ».

On ne peut s’empêcher de relier cette provocation à une très récente décision d’armer les responsables de l'AKP pour leur autodéfense. Ce qui avait entraîné de la part du parti d'action nationale (MHP), parti ultra nationaliste allié à Recep Tayyip Erdogan, une surenchère sécuritaire, celui-ci appelant les défenseurs de la nation à acheter des armes. Ce climat, avec cette provocation, prélude à offensive d’arrestations de plus grande ampleur, a de quoi interroger sur la suite.

Chacun connaît l’extrême tension qui règne au Kurdistan de Turquie et le fait qu’une immense partie de la jeunesse kurde ne demande qu’à en découdre avec l'état turc.

Le contexte politique régional se prêterait parfaitement à une tentative d’en finir de la part du régime de l'AKP, en plaçant le mouvement kurde devant un choix, résister pacifiquement et appeler à ne pas entrer en conflit frontal, ou appeler à dire non sous toutes formes possibles, ce qui les ferait de fait identifier comme « séditieux soutien des terroristes ».

La journée du Mercredi 26 Octobre 2016 sera difficile et décisive pour l’appel à la paix, d’autant que les populations sont lasses des destructions et des répressions et qu’elles se préparent à vivre le pire des hivers depuis les années 1990.

Des réactions de soutien se produisent déjà en France et ailleurs. A Marseille, par exemple, ville parmi d’autres, des militants ont spontanément manifesté aux cris de « nous sommes tous le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Mardi 25 Octobre 2016 dans la soirée.

L’agression colonialiste de l’état turc contre le Kurdistan de Syrie de ces derniers jours, liée à cette spirale qui ne peut que conduire à des affrontements semble être un choix délibéré de Recep Tayyip Erdogan de mettre le plus vite possible à exécution ses menaces, « nous irons les chercher partout où il se trouvent », qui ne s’adressaient pas à l’Etat Islamique.

Difficile à cette heure d’avoir des compléments fiables sur la façon dont le gouvernement prépare la journée du Mercredi 26 Octobre 2016.

La population kurde, elle, sera au rendez-vous, n’en doutons pas un instant. Elle l’est déjà dès cette nuit. Nous pourrions assister à un franchissement de ligne rouge de la part de l’état turc.

Le Mercredi 26 Octobre 2016 est encore pour le Kurdistan de Turquie une journée de tous les dangers.

Mises à jour du Mercredi 26 Octobre 2016

Idris Baluken, vice-président du groupe parlementaire du HDP, a dans une déclaration solennelle, déclaré que les protestataires resteront désormais dans la rue jusqu’à ce que ces opérations de « génocide politique » cessent.

A Bursa, dix personnes dont quatre femmes sont détenues à la suite d’un rassemblement de protestation que la police a dispersé.

A Diyarbakir, la police a attaqué les employés de la municipalité métropolitaine qui ont protesté contre le raid contre la mairie et qui n’ont pas pu entrer dans le bâtiment. Des centaines d’employés municipaux ont été battus. Le blocus de la police autour du bâtiment de la municipalité métropolitaine de Diyarbakır continue. Les employés municipaux ont eux refusé d’entrer dans le bâtiment en disant que « nous ne travaillerons pas dans la municipalité où est la police ». Les employés municipaux ont commencé à crier des slogans et la police a attaqué les centaines de personnes réunies. La protestation continue et la désinformation dans le reste du pays aussi.

A Istanbul, une des membres des Mères de la Paix, Güler Buğday, a déclaré que « des politiques d’atrocité et d’annihilation sont imposées au peuple kurde. Ils ne peuvent pas supporter l’existence du peuple kurde. Gültan Kisanak est non seulement maire, mais elle défend les droits des femmes. Nous ne pouvons plus accepter. Mon appel à toutes les femmes et les peuples est que toutes les personnes qui veulent des faits devraient venir voir ce qui se passe ». Des protestations se préparent.

 

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