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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 17:36

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/10/27/calais-subtil-glissement-de-l-humanitaire-vers-l-operation-policiere_5021551_3224.html

 

Calais, subtil glissement de l’humanitaire vers l’opération policière

Au quatrième jour du démantèlement de la jungle de Calais, le Comité Inter Mouvements Auprès Des Evacués (CIMADE) comptabilisait quatre vingt dix migrants placés en Centre de Rétention Administrative (CRA) plutôt que dans des Centres d'Accueil et d'Orientation (CAO).

Par Maryline Baumard

L’opération humanitaire qui se termine laissera-t-elle place à une opération policière ? Au quatrième jour de l’opération d’évacuation de la jungle de Calais, Jeudi 27 Octobre 2016, le glissement devient sensible. Reste à savoir jusqu’où ce changement s’opérera.

Jeudi 27 Octobre 2016, le CIMADE s’inquiétait des arrivées en CRA.

Quarante-sept avaient déjà été comptabilisées dans le CRA de Coquelles, vingt-quatre dans le CRA de Vincennes, quinze dans le CRA du Mesnil-Amelot et quatre dans le CRA de Metz.

Forte de ce constat, l’organisation d’aide aux migrants rappelait fermement au gouvernement que « les CRA ne peuvent pas servir de solution d’hébergement dans l’opération d’évacuation de la jungle ».

Chargé du dossier au CIMADE, David Rohi comptabilisait déjà en effet un total de « quatre-vingt-dix places de rétention remplies par des migrants interpellés à Calais entre Lundi 24 Octobre et Jeudi 27 Octobre 2016 ».

A l’heure où certains étaient privés de leur liberté, d’autres partaient contre leur gré dans les CAO ailleurs en France, acculés au départ face à l’avancée des pelleteuses dans le quartier de la jungle où ils résidaient.

Jeudi 27 Octobre 2016 vers 11 heures du matin, Marmoud a ainsi quitté son abri. Il était un des rares de son quartier à être repassés à sa cabane ce matin. La veille, l'afghan avait dormi devant le centre d’enregistrement qu’il avait décidé de rallier tard, après sa fermeture.

« Ce matin je suis revenu à ma cabane vers 9 heures, quand les policiers nous ont renvoyés dans la jungle. Mais aujourd’hui je pars. C’est décidé. Mes amis m’attendent plus loin. Nous allons nous reposer dans leurs CAO et après nous verrons ».

Plusieurs jeunes afghans l’attendent pour monter dans le minivan qui les conduira dans le sas de départ du ministère de l’intérieur, rue des Garennes, près du camp. Officiellement fermé aux arrivées individuelles, le lieu continue à recevoir des migrants du camp, arrivés par minibus. Les départs vers les CAO continuent donc d’avoir lieu, comme la veille. La différence, c’est que cette fois ils n’ont plus le choix entre deux destinations.

Un observateur fait remarquer que, contrairement aux départs des premiers jours, certains partent tellement à contrecœur qu’une présence policière renforcée sur les aires de repos où ils s’arrêtent faire une pause sera sans doute nécessaire. A l’heure actuelle, selon nos informations, il n’y aurait pas eu de fuyards pendant les voyages.

Les migrants seraient tous arrivés à bon port et le seul incident déploré aurait été la fermeture d’une station-essence par un pompiste qui ne souhaitait pas servir un bus rempli de migrants.

Jeudi 27 Octobre 2016 en fin de matinée, des cordons de Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) entouraient chaque zone de démolition dans la jungle et la préfecture estimait déjà qu’un quart du camp avait été nettoyé des restes des incendies et des habitations de fortune qui y subsistaient. Les pelleteuses, avec leurs griffes, continuaient leur danse à un rythme soutenu, arrachant des pans entiers d’abris dans le brouhaha et la poussière. Les abris, eux, s’effondraient à un rythme régulier, laissant entendre des craquements répétés et des longues déchirures. Les bennes se remplissaient très vite et filaient vers les déchetteries, avant de revenir vides chercher un nouveau chargement.

Communication à destination des migrants d’autres pays

Face à ce spectacle de démolition, quelques dizaines de migrants restaient hébétés, n’y comprenant pas grand-chose. « Je suis nouveau ici. J’ai entendu dire que, de Calais, les mineurs partaient en bus vers la Grande-Bretagne. Moi aussi je veux y aller, alors je suis venu du Danemark », expliquait un jeune garçon issu d’un groupe bien plus large.

Plus loin, deux sœurs, des éthiopiennes, leurs époux et trois petits enfants terminaient à pied le dernier kilomètre les séparant des départs de bus.

« Un ami, qui nous aide beaucoup en Belgique nous a amenés ici en voiture. Il nous a dit que ce serait mieux pour nous que de se faire aider par des églises. Nous allons bien voir », expliquait une des femmes.

De nombreuses femmes sont aussi arrivées ces derniers jours dans le centre qui les héberge à Jules-Ferry, le centre de jour. « Elles viennent de Hollande, d’Allemagne et de Paris et veulent partir vers la Grande-Bretagne », rappelle une bénévole qui les a beaucoup accompagnées.

Comme chez les hommes, celles qui ont plus de dix huit ans, vivent difficilement le fait que seules les mineures seront éligibles à une entrée officielle en Grande-Bretagne. Toutes sont inquiètes de leur sort et se savent malvenues en France.

Effectivement, c’est pour stopper ces arrivées de migrants que le préfet, Fabienne Buccio, a annoncé Mercredi 26 Octobre à 12 heures la fin de la jungle et a officiellement fermé Mercredi 26 Octobre 2016 les départs de bus. Il s’agit d’une opération de communication à destination des migrants d’autres villes et d’autres pays « afin d’éviter un afflux ici. Calais n’a pas vocation à devenir le lieu où se règle la question migratoire », observait Fabienne Buccio lors d’un point de presse matinal, Jeudi 27 Octobre 2016.

 

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