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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 21:17

 

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2016/11/26/le-carrefour-de-martine-aubry-peine-a-choisir-une-direction_5038773_4854003.html

 

Le Carrefour des Gauches de Martine Aubry n’a pas trouvé la sortie

 

Le Carrefour des Gauches autour de la maire de Lille, Samedi 26 Novembre 2016 à Bondy, a été percuté par la mort de Fidel Castro et l’offensive de Claude Bartolone.

 

Par Bastien Bonnefous

 

Le rendez-vous devait être celui des militants contre Manuel Valls, mais Fidel Castro et Claude Bartolone lui ont donné une tout autre coloration.

Martine Aubry et ses amis au sein du Parti Socialiste ont organisé, Samedi 26 Novembre 2016 à Bondy, dans le département de la Seine-Saint-Denis, leur Carrefour Citoyen des Gauches et de l'Ecologie. Au menu, il y avait un appel au rassemblement de toutes les gauches, socialistes, écologistes et communistes, à cinq mois des élections présidentielles et à huit semaines des élections primaires du Parti Socialiste. Le casting était alléchant, outre la maire de Lille, l’ancienne garde des sceaux Christiane Taubira et la maire de Paris Anne Hidalgo, sont présentes, ainsi qu’un parterre de frondeurs du Parti Socialiste.

Trois femmes qui représentent encore un tout petit espoir pour ceux qui, à gauche, ne veulent ni de François Hollande, ni de Manuel Valls, ni d’Emmanuel Macron pour les élections présidentielles de 2017.

L'événement est percuté par l’annonce de la mort de l’ancien dirigeant cubain, qui l’occulte dans l’agenda médiatique du week-end. Et, dès son arrivée à l’hôtel de ville de Bondy, Claude Bartolone tire également un coup de feu à la table familiale. Le président de l'assemblée nationale, vexé par les paroles du chef de l'état à son égard dans le livre « un président ne devrait pas dire cela », a décidé de régler ses comptes et de porter un coup rude à une nouvelle candidature de François Hollande.

Claude Bartolone offre un soutien de taille à Manuel Valls

Alors que le premier ministre ne cache plus ses intentions d’empêcher le président de la république pour prendre sa place aux élections primaires du Parti Socialiste, Claude Bartolone lui offre un soutien de taille en expliquant que les deux têtes de l’exécutif peuvent sans problème concourir au mois de janvier 2017. « Je préférerais qu’ils participent tous les deux aux élections primaires, plutôt que l’un puisse se dire qu'il est éliminé sur le tapis vert, donc qu'il s'éloigne de la campagne, des socialistes et de l’action gouvernementale. S’ils se sentent porteurs tous les deux d’un projet pour la France et s’ils sentent qu’ils ont des choses à dire aux français, autant qu’ils aillent aux élections primaires et que l’on puisse les voir se rassembler au second tour de cette élection primaire », déclare le président de l'assemblée nationale à la presse.

En appuyant aussi ouvertement Manuel Valls, Claude Bartolone l’absout par avance du procès en déloyauté ou en traîtrise qui ne manquerait pas de lui être fait dans les rangs socialistes, si le premier ministre devait bousculer le chef de l'état. Et il donne à François Hollande le baiser de la mort en le démonétisant. « Nous savions que Claude Bartolone était prêt à aller loin, mais nous ne nous attendions pas à une telle bombe. Maintenant, je vais m’asseoir avec du pop-corn et observer comment cela tourne dans les prochains jours », jubile un proche de Manuel Valls. Pour l’entourage du chef du gouvernement, le président de l'assemblée nationale « n’est pas sourd, il voit ce qui se passe sur le terrain, qu’il y a un problème avec François Hollande chez les militants et les élus et qu’il faut trouver une solution avant la catastrophe des élections primaires ».

Une analyse que ne partagent pas du tout, bien sûr, les proches de François Hollande. « Ce que dit Claude Bartolone est irresponsable. Il appelle soi-disant à l’unité, mais il propose en même temps d’ouvrir une crise institutionnelle au sommet de l'état, cela n’a aucun sens », s’insurge le député Kader Arif, venu écouter les débats à Bondy.

La sortie du président de l'assemblée nationale ne réjouit pas non plus les amis de Martine Aubry. « Claude Bartolone nous emmerde, nous ne sommes pas là pour soutenir Manuel Valls », peste un proche de la maire de Lille. Car Martine Aubry a prévenu, il ne faut pas compter sur elle pour qu’elle dise Samedi 26 Novembre 2016 qui aura ses faveurs au mois de janvier 2017. « Chacun me connaît, j’ai toujours pris des positions en fonction de mes convictions. J’attends les programmes et les projets. Aujourd’hui, je ne sais pas pour qui je voterai », explique-t-elle.

Martine Aubry s’en prend à Emmanuel Macron

Pas question pour la maire de Lille de laisser penser que, à l’arrivée, elle se ralliera au chef de l'état, par défaut et par rejet de tous les autres candidats. Fidèle à elle-même, Martine Aubry fait donc à Bondy ce qu’elle sait faire le mieux, distribuer les bons et les mauvais points à ses camarades socialistes et, à défaut de dire qui a ses suffrages, indiquer qui ne les a pas.

« Pour certains, je sais que je ne pourrai jamais être avec eux, Emmanuel Macron par exemple, lui, c’est le seul que je citerai aujourd’hui car il n’est pas à gauche », précise-t-elle. Dans son discours, elle s’en prend au nouveau candidat d’En Marche, « celui qui n’est plus parmi nous, j’ai envie de dire heureusement ».

A la tribune, devant les quelque quatre cent personnes présentes, l’ancienne candidate aux élections primaires de 2011 se doit également d’égratigner le premier ministre. Elle sait que Manuel Valls tente de rallier à sa cause de nombreux députés, y compris des élus étiquetés aubristes. Sans jamais le citer, elle se félicite « qu'aujourd’hui, nous n'avons pas parlé d’islam » et elle estime que « ceux qui pensent à gauche que l’identité devrait supplanter l’égalité se trompent complètement ». Au chef du gouvernement, qui a théorisé des « gauches irréconciliables », elle répond par « la gauche de toutes les couleurs, rouge, rose et verte » et elle rend un hommage appuyé à Jean-Marc Ayrault, le prédécesseur de Manuel Valls à l'hôtel Matignon, qui « a été un grand premier ministre ».

Un coup pour Emmanuel Macron et un autre pour Manuel Valls, mais Martine Aubry préserve le chef de l'état, regrettant simplement son quinquennat trop technocratique. « Nous ne mobilisons pas un pays avec la réduction des déficits, je l’ai dit à qui de droit », déclare-t-elle, prévenant que « nous ne gagnerons pas en 2017 en disant qu’avec nous, ce sera moins pire qu’avec la droite ».

Tous semblent anticiper la défaite en 2017

Dans le bras de fer en coulisses que se livrent François Hollande et Manuel Valls, la maire de Lille a choisi son camp, mais le président de la république va devoir encore donner des gages. Cette gauche de Bondy parle par messages codés. Elle veut montrer que, si elle le voulait, elle pourrait renverser tous les murs. Mais elle ne le veut pas.

Citant Paul Eluard ou Rainer Maria Rilke, Christiane Taubira explique que « nous ne sommes pas condamnés à la déréliction qui semble frapper ».

« Des mots durs et blessants ont été prononcés sous cette législature. Des actes perturbants, imprévus et difficiles à défendre, ont été accomplis. Ces mots ne s’effaceront pas tout seuls, ces actes ne s’expliqueront pas tout seuls », ajoute l’ancienne ministre de la justice sous les applaudissements. Qui vise-t-elle, François Hollande, Manuel Valls ou bien les deux ? Comme souvent avec Christiane Taubira, le non-dit servira de prose.

« Elle dit de jolis mots, mais elle dit surtout que 2017, ce sera sans elle », décrypte un participant.

A Bondy, l’atmosphère fleurait déjà l’avant congrès socialiste. Celui qui suivra les élections présidentielles de 2017 et la défaite du Parti Socialiste que tous semblent déjà anticiper ici.

Martine Aubry ne sera pas candidate, Christiane Taubira et Anne Hidalgo non plus. Certes, elles reconnaissent que les périls sont immenses et que les défis sont majeurs, mais aucune ne veut monter sur le plongeoir. A Bondy, le Carrefour des Gauches refuse de choisir une direction, au risque de déboucher sur un cul-de-sac.

 

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