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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 20:47

 

DIX HUIT MOIS A LA MAIRIE DE BARCELONE
 

Vous trouverez ci-dessous la deuxième partie d’un très long message d’Alberto Amo relatif au bilan des dix huit premiers mois d’Ada Colau à la mairie de Barcelone.
 

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site du temps des Lilas à l’adresse ci-dessous.
 

Bernard Fischer
 

http://www.lilas.org/textes/alternatives/supervivienda-devenue-maire-de-barcelone
 

Bilan de dix huit mois à la mairie de Barcelone
 

Par Alberto Amo

 

Durant la première année et demi, le conseil municipal de Barcelone a stoppé l’attribution de nouvelles licences de logements touristiques. Il a fortement investi dans les quartiers défavorisés, infrastructures diverses et crèches. Il a ouvert un bureau de signalement des faits de corruption. Il a élaboré un code éthique qui interdit le pantouflage des élus et des responsables de services municipaux. Il a imposé des clauses sociales aux entreprises travaillant pour la municipalité, clauses parmi lesquelles on trouve l’absence de lien avec les paradis fiscaux, des critères favorisant les Petites et les Moyennes Entreprises (PME) qui pratiquent des salaires justes, promeuvent l’égalité de genre et la conciliation de la vie professionnelle et la vie privée. Il a nommé une adjointe à la maire au féminisme et LGBTI et une autre à la participation citoyenne. Il a démantelé le corps antiémeute de la police municipale. Il a créé une entreprise d’électricité municipale permettant aux habitants d’acheter et de vendre l’énergie solaire qu’ils produisent, s’attaquant ainsi à l’oligopole de la production et distribution d’énergie, l’un des plus puissants en Espagne. Il a instauré un programme ambitieux de piétonisation de l’espace public dans chaque quartier, sur un mode qui a suscité de nombreux éloges à l’international, et il a développé un programme d’accueil de réfugiés qui fait référence en Espagne.

Tension entre l’institution et les mouvements sociaux

« Durant la première année nous nous sommes appuyés sur les mouvements sociaux non seulement pour obtenir leur soutien mais pour bénéficier de leurs conseils et de leur expérience de plusieurs années dans le développement d’alternatives », souligne Gerardo Pisarello, premier adjoint à la maire.

Néanmoins, la relation avec les mouvements sociaux a parfois été problématique, tout particulièrement avec la Plataforma de Afectados por la Hipoteca (PAH).

Une des grandes promesses de Barcelona en Comú était l’arrêt des expulsions. Depuis son arrivée à la mairie, Ada Colau a empêché plus de quatre cent expulsions et a condamné trois banques à des amendes pour logements vides et deux entreprises immobilières à des amendes pour n’avoir pas proposé aux personnes menacées d’expulsion de mettre en place un loyer social adapté. La mairie a relogé toutes les personnes victimes d’expulsions. Mais elle n’a pas pu en finir totalement avec les expulsions, la loi hypothécaire dépendant du gouvernement central et de la région. A ce sujet, la PAH a envoyé au mois de décembre 2015 une lettre à la mairie demandant plus de courage et de fermeté et accusant Ada Colau de ne pas recourir à la loi régionale catalane pour réquisitionner les appartements vacants appartenant aux banques et grands propriétaires.

Ada Colau répondit à la PAH en expliquant que, en matière de logement, la municipalité était débordée et qu’elle avait mis en place une série de mesures d’urgence. Mais elle donnait raison à la PAH, « je ferais de même à votre place ». Et d’ajouter que « je l’ai souvent dit et je le répète avec plus de force et de conviction que jamais, sans une société civile organisée et exigeante, non seulement il n’y aura pas de changement réel, mais il n’y aura pas de démocratie digne de ce nom ». Ada Colau revendiquait ainsi la tension nécessaire entre les mouvements sociaux et le pouvoir institutionnel pour que ce dernier soit un instrument de réponse aux demandes des citoyens.

Réseau des villes rebelles

Barcelone est devenue un lieu d’expérimentation des nouvelles formes de construction d’alternatives à partir de l’institution municipale. Elle démontre que l’espace institutionnel peut impulser des logiques de consommation et d’échanges fondées sur les circuits courts, imposer des modèles plus justes aux entreprises travaillant pour l’administration, rendre poreuse la frontière entre l’espace institutionnel et l’espace citoyen, ou proposer des pistes locales pour répondre à des problèmes globaux comme celui des paradis fiscaux, de la crise des réfugiés ou de la souveraineté monétaire. La ville de Barcelone a aussi montré que la désobéissance institutionnelle est possible, en ne respectant pas le plafond de dépenses sociales imposé par le gouvernement central, l’équivalent du pacte de stabilité que la commission européenne impose aux états. Autant d’éléments qui caractérisent le « nouveau municipalisme » qui veut faire des villes les espaces premiers de la politisation citoyenne, de l’innovation politique, de la défense des plus défavorisés et de la conquête de nouveaux droits. Le conseil municipal de Barcelone cherche ainsi à tisser des liens avec d’autres villes européennes engagées pour le changement, Madrid, Saragosse, Birmingham, Bristol, Naples, Grenoble et Wadowice, entre autres, afin d’échanger les expériences et de commencer à peser collectivement sur les décisions aux niveaux étatique et européen.

 

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