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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 18:10

 

http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/11/13/a-berlin-un-millier-de-personnes-manifestent-contre-donald-trump_5030236_829254.html

 

A Berlin, un millier de personnes manifestent contre Donald Trump

Deux rassemblements ont eu lieu Samedi 12 Novembre 2016 dans la capitale allemande, dans le quartier cosmopolite de Neukölln et au pied de la porte de Brandebourg.

Par Thomas Wieder, correspondant du Monde à Berlin

Les uns ont fait simple, « non à Donald Trump ». D’autres ont donné dans le conceptuel, « à bas l’hétéro normativité et le patriarcat ».

Certains ont apporté de grands drapeaux américains, sur lesquels ils ont écrit au feutre noir « nous disons non ». Mais la plupart avaient choisi de détailler les raisons de leur colère, « non à Donald Trump, au racisme, au sexisme, à l’homophobie et à la xénophobie ».

Deux rassemblements se sont tenus à Berlin Samedi 12 Novembre 2016 pour protester contre l’élection du candidat républicain à la Maison Blanche. Le premier sur Hermannplatz, dans le quartier populaire et cosmopolite de Neukölln, à l’initiative d’une irlando américaine de vingt quatre ans habitant à quelques rues de là et qui, « vingt minutes après l’annonce du résultat », a lancé sur Facebook un appel à manifester « par solidarité avec toutes les personnes queers, transgenres et de couleur, avec les musulmans, les mexicains, les femmes, les réfugiés et tous les opprimés de la planète ».

Le second, organisé par de jeunes américains un peu plus tard dans l’après-midi au pied de la porte de Brandebourg et de l’ambassade des Etats-Unis, pour dénoncer « l’injustice, l’intolérance, la haine et l’inégalité dont Donald Trump est l’incarnation ». Plus d’un millier de personnes y ont pris part, parmi lesquels beaucoup d'américains, ils sont environ seize mille dans la capitale allemande, la plupart âgés de vingt à quarante ans.

C’est le cas de Katya Salisbury. Etudiante en arts graphiques, cette californienne de vingt trois ans s’est installée à Berlin cet été pour quelques mois. Emmitouflée dans une grosse doudoune pour supporter le froid glacial qui s’est abattu sur la ville ce week-end, elle est venue avec une grande pancarte en carton, sur laquelle elle a résumé ce qu’elle ressent depuis trois jours, « j'ai peur de Donald Trump ». Peur en tant que « femme noire », dit-elle.

Peur de « la parole raciste et violente qui va se libérer aux Etats-Unis et ailleurs après cette élection », ajoute-t-elle. Peur, enfin, de « devoir rentrer à Los Angeles dans quelques semaines » et de retrouver un pays dans lequel elle « ne se reconnaît plus », confie cette partisane de Bernie Sanders, qui dit avoir voté pour Hillary Clinton parce qu’elle « n’avait pas le choix ».

Daniel Hundermark, lui, est allemand. Agé de trente huit ans, ce designer installé depuis quinze ans à Berlin n’est pas un grand habitué des manifestations. « Je n’ai jamais fait de politique, mais là j’ai ressenti un tel choc avec cette élection que je me dis que cela ne peut plus continuer ainsi et qu’il faut que les gens comme moi fassent quelque chose », raconte-il. Car pour lui « la victoire de Donald Trump est un enjeu mondial et pas seulement américain. Il y a cinq mois, nous avons eu le Brexit, maintenant nous avons Donald Trump, l’année prochaine nous risquons d’avoir Marine Le Pen en France et de voir le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne entrer au Bundestag. Quand nous voyons que la plus vieille démocratie du monde est capable d’élire un tel individu, nous nous disons que tout est possible », explique ce père de trois petites filles, qui a fabriqué pour l’occasion un gros cœur rouge sur lequel il a écrit « untrump the world ».

De la peur, de la colère, du dégoût et de la sidération, Lene Timochenko en ressent elle aussi depuis qu’elle a appris en allumant sa télévision Mercredi 9 Novembre 2016 que « le peuple américain a pris cette décision terrible d’élire à la Maison Blanche un homme raciste, lunatique, populiste et plein de haine ». Mais si cette danoise d’origine ukrainienne installée depuis vingt-quatre ans à Berlin est venue manifester devant la porte de Brandebourg, Samedi 12 Novembre 2016, c’est aussi pour le symbole que ce lieu représente.

« La porte de Brandebourg, pour le monde entier, ce sont les images de la chute du mur. A l’époque, les Etats-Unis symbolisaient la liberté. Vous n’imaginez pas l’émotion que c’est pour moi de venir ici aujourd’hui pour protester contre un président américain qui lui, justement, veut ériger un mur à la frontière avec le Mexique. Et dire que nous avons appris sa victoire Mercredi 9 Novembre 2016, le jour même de la chute du mur de Berlin, vraiment c’est incroyable », ajoute cette femme, pour qui « cela a un sens très fort que l’Allemagne se mobilise contre un individu comme Donald Trump, compte tenu de l’histoire du pays, qui a l’expérience des dictatures et sait ce qu’est la liberté ».

Si certains se disent « rassurés de voir les consciences s’éveiller », d’autres reconnaissent qu’ils sont « un peu déçus » de constater que seul un millier de personnes soient venues protester Samedi 12 Novembre 2016 à Berlin contre la victoire de Donald Trump. « Je me demande pourquoi nous ne sommes pas plus nombreux. Normalement, dans une ville comme Berlin, si progressiste et si cosmopolite, nous aurions dû être dix fois plus. J’espère que c’est seulement parce qu’il fait froid et que les gens ont préféré rester chez eux bien au chaud », estime ainsi Tobias Schreiber, un infirmier de trente et un ans.

Mais la météo n’explique pas tout. Agé de vingt cinq ans, Shqiprim Balazoski fait partie de ceux qui auraient très bien pu descendre dans la rue. Etudiant en sociologie à l'université libre de Berlin, cet américain originaire de l’Illinois, qui a « toujours voté pour des démocrates ou des écologistes », reconnaît volontiers que « Donald Trump incarne tout ce qu’il déteste ». Informé par les réseaux sociaux des deux manifestations organisées Samedi 12 Novembre 2016, il a cependant préféré passer la journée chez des amis. « Protester pour protester, je ne vois pas l’intérêt à part pour se donner bonne conscience. Donald Trump a été élu démocratiquement, aujourd’hui c’est trop tard. Et dire sa haine pour quelqu’un qui est lui-même plein de haine, je trouve cela contradictoire. Ce qu’il faut maintenant, ce sont des solutions, ce n'est pas de l’indignation ».

 

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