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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 19:57

 

NE PAS SACRIFIER L AVENIR

 

Le site internet national d’Ensemble publiait récemment en pièce jointe le bulletin de débat préparatoire au collectif national d’Ensemble du Samedi 19 Novembre et du Dimanche 20 Novembre 2016.

Les vingt six contributions sont disponibles si vous consultez le site national d’Ensemble à l’adresse ci-dessous.

Vous trouverez également ci-dessous la vingt-troisième contribution.

Les lecteurs de ce message le comprendront facilement, si j’étais militant d’Ensemble, je serais signataire de cette contribution.

Bernard Fischer

 

https://www.ensemble-fdg.org/sites/default/files/bulletin_de_debat_-_collectif_national_nov._2016.pdf

 

 NE PAS SACRIFIER L’AVENIR

 

Les prochaines élections présidentielles et législatives vont se tenir dans un contexte de crise politique générale, crise des organisations de l'ensemble du spectre et crise des formes mêmes de la politique.

Les enjeux de notre intervention sont déterminés par cette crise.

La droite et l'extrême-droite s'apprêtent à se partager le second tour des élections présidentielles. Le Front National est parvenu à dépasser le bipartisme qui caractérise la vie politique française depuis plusieurs décennies et à s'imposer comme un courant majeur. Les thèmes idéologiques qu'il était traditionnellement le seul à porter, identité nationale, xénophobie et autoritarisme, occupent à présent le centre du débat public et disposent aujourd'hui de relais à gauche.

A l'issue d'un quinquennat calamiteux, le Parti Socialiste, en crise profonde et qui s'est enfoncé dans une dérive néolibérale et antidémocratique, ne peut plus profiter à plein du « vote utile ». Le temps de son hégémonie sur la gauche prend fin dans ces soubresauts.

La gauche d'alternative, de son côté, est affaiblie et divisée et elle est incapable d'apporter une réponse immédiate à cette crise politique, alors même qu'un large mouvement social, dirigé contre un gouvernement se disant de gauche, vient pourtant de manifester un rejet largement partagé du social-libéralisme et une aspiration à un autre monde, comme à de nouvelles formes plus horizontales et moins délégataires de l'engagement politique. Il est nécessaire pour construire une alternative progressiste de rassembler toutes les forces qui s'opposent à l'ordre néolibéral. Ensemble doit y contribuer, dans la période électorale et au-delà, dans des formes en phase avec l'aspiration de larges secteurs du mouvement social et de la gauche à exprimer leur volonté d'être acteurs et actrices du changement.

En construisant autour de sa personne son mouvement de la France Insoumise, regroupement de groupes d'appui à sa candidature, Jean-Luc Mélenchon a peut-être rendu irréversible l'échec du Front De Gauche (FDG).

Sa décision unilatérale de présenter dans toutes les circonscriptions des candidatures choisies parmi ses soutiens en fait un obstacle décisif à la construction d'une alternative unitaire. Son projet, d'une grande cohérence et caractérisé par une conception étatiste, autoritaire et personnalisée de la politique, est, au delà de certains de ses aspects programmatiques, à l'opposé de ce que nous portons.

Il s'est par ailleurs lancé dans une course en avant de petites phrases, déclarations et éléments de langage par lesquels il contribue à renforcer le climat identitaire et xénophobe qui domine et structure le débat public et qu'il nous faut combattre. Patriotisme économique, indépendantisme français, migrants que nous ne pourrions pas accueillir, travailleurs détachés coupables de l'exploitation dont ils sont victimes, sans parler du thème de « l'économie de la mer », indissociable du colonialisme français, d'une analyse du Brexit qui en efface les dimensions racistes ou de la Syrie où « Vladimir Poutine va régler le problème » et où l'évocation de crimes de guerre relève du « bavardage ».

Ce ne sont pas ces thématiques qui lui apporteront des voix. Il doit surtout sa popularité au fait qu'il incarnerait, dans la suite de la campagne de 2012, l'espérance d'une part de l'électorat de gauche en une alternative. C'est là une illusion redoutable que nous ne devons à aucun prix entretenir et qui risque de le faire apparaître demain comme le leader naturel de la gauche d'alternative. Il s'agit là d'un danger qu'on ne saurait sous estimer.

Tout ce qui peut conforter cette tentative de captation des aspirations au changement contribuera à rendre plus difficiles les reconstructions à entreprendre au cours de la période prochaine.

La gauche d'alternative se trouve ainsi dans une nasse, et toute gesticulation ne fera que la resserrer. Le pire à faire serait de sacrifier l'avenir à un choix tactique limité à la perspective électorale immédiate.

Si Jean-Luc Mélenchon est le seul candidat possible, c'est que nous n'avons pas de candidat. Il s'agit là d'une situation inédite particulièrement préoccupante mais à laquelle nous devons faire face avec lucidité.

La crise politique actuelle est aussi une opportunité pour renforcer ce qui émerge comme volonté de formes politiques nouvelles, rompant avec la culture délégataire et institutionnelle par laquelle une « classe politique » largement autonome revendique pour elle-même la représentation des mouvements populaires.

Dans les mois qui viennent, Ensemble doit poursuivre ses efforts d'explication et de rassemblement, en ayant en vue les conditions de la reconstruction à venir d'une gauche renouvelée, capable d'être porteuse d'une alternative émancipatrice.

 

Principaux signataires

 

Etienne Adam, Louis Aminot, Alexis Cukier, Bruno Della Sudda, Laurent Lévy, Philippe Marlière, Catherine Samary, Pierre Zarka

 

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