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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 21:06

 

http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2016/11/16/le-journaliste-olivier-bertrand-raconte-ses-jours-kafkaiens-de-prison-en-turquie_5032012_4832693.html

 

Le journaliste Olivier Bertrand raconte ses jours « kafkaïens » de prison en Turquie

Il revient sur ses trois jours en prison, une lucarne « sur ce que vivent ces temps-ci, de façon infiniment plus grave, des dizaines de milliers de turcs ».

Par Big Browser

Olivier Bertrand, journaliste du site www.lesjours.fr, a été détenu par la police turque entre le Vendredi 11 Novembre et le Dimanche 13 Novembre 2016. Il a été arrêté dans la ville de Gaziantep près de la frontière syrienne alors qu’il visitait « une école clandestine dans un quartier pauvre de banlieue » pour réfugiés syriens. Depuis ce moment jusqu’à sa libération, deux jours plus tard, il ne saura jamais vraiment pourquoi il était en état d’arrestation. « Moment désagréable, qui est aussi une petite lucarne entrouverte sur ce que vivent ces temps-ci, de façon infiniment plus grave, des dizaines de milliers de turcs », écrit-il dans le récit de sa captivité publié le Mercredi 16 Novembre 2016, à lire en intégralité sur www.lesjours.fr.

Olivier Bertrand raconte l’incompréhension, l’absence de communication, la peur et l’attitude changeante des différents policiers à son égard. En tant que journaliste étranger, il est considéré comme un espion potentiel.

Un policier lui dit clairement qu’il l’a vu prendre des photos du quartier.

En tant que journaliste étranger, il bénéficie aussi du soutien de son ambassade, « qui s’efforçait tout le week-end de ne pas perdre la trace pour demander mon départ sans vexer les autorités ». Il devinait, quand un de ses interlocuteurs méprisants se faisait « mielleux », que les pressions françaises avaient leur effet. A propos des policiers qui décident de l’arrêter, il dit « qu’ils veulent comprendre ce que je fais là. Ils veulent mes numéros de téléphone, savoir où je vais aller ensuite et sur quoi je travaille. Curieusement, ils ne me demandent pas où je loge à Gaziantep, ni où je suis allé avant. Ni même pour quel média je travaille. Je me demande s’ils savent tout cela et si notre arrestation est vraiment fortuite. D’un bout à l’autre de ces quelques jours, je n’aurai jamais de traducteur officiel et je ne saurai jamais formellement ce que l’on me reproche, ni dans quel service je me trouve ».

Il passe d’un centre de rétention « qui ressemble à une prison » dans la banlieue de Gaziantep à un autre dans la région d’Istanbul, les journées dans la cellule passées à lire un livre, « un roman de Yachar Kemal, un recueil épais de quatre tomes de la saga de Mèmed le Mince. Je n’en reviens pas qu’on m’ait laissé mon livre. C’est un trésor au moment de goûter à l’enfermement ou à chasser les mouches » avec un codétenu iranien.

Avant de remonter dans l’avion qui le ramènera à Paris, Olivier Bertrand « demande une dernière fois à l’homme qui parle anglais pourquoi tout cela, ce qu’on me reproche ».

Il répond « sorry if we make a mistake ».

Une phrase en guise d’épilogue pour « ces quelques jours kafkaïens » aux mains des policiers turcs, que le journaliste met en perspective, « j’ai conscience d’être un journaliste occidental, à ce titre infiniment moins menacé qu’un enseignant turc, par exemple. Mais le président Recep Tayyip Erdogan, isolé, monte son pays contre l’Europe et contre la France et il veut faire payer à chaque fois qu’il le peut l’humiliation de la porte européenne refermée ».

Depuis la tentative de coup d’état du Vendredi 15 Juillet 2016, que le gouvernement turc impute à un réseau lié au prédicateur Fethullah Gülen, une purge a frappé les médias et les journalistes turcs. Selon l’association des journalistes de Turquie (TGC), cent soixante dix organes de presse ont été fermés, sept cent soixante dix sept cartes de presse ont été annulées et cent cinq journalistes ont été placés en détention. Le dernier en date est Akin Atalay, président du directoire du quotidien d’opposition Cumhuriyet, arrêté, comme Olivier Bertrand, le Vendredi 11 Novembre 2016. Il est toujours en prison, comme une dizaine de ses collègues, accusés d’activités « terroristes ».

 

 

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