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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 16:43

 

http://www.liberation.fr/france/2016/12/27/y-a-t-il-des-camps-secrets-autour-de-calais_1537711

 

Y a-t-il des camps secrets autour de Calais ?

 

Par Charlotte Belaich

 

Mardi 27 Décembre 2016

 

Le journal britannique The Independent affirme que des mini jungles se reforment autour de Calais depuis le démantèlement du camp à la fin du mois d'octobre 2016. Si des réfugiés, envoyés dans des centres d'accueil, reviennent en effet sur leur pas, ces camps n'ont rien de secret ni de nouveau.

« Des centaines de réfugiés reviennent dans des camps secrets près de Calais pour rejoindre la Grande-Bretagne ». Ainsi titré, cet article du journal anglais The Independent a été très rapidement repris par Russia Today, site pro russe financé par le Kremlin, mais qui n’aime pas qu’on le dise. « Calais, deux mois après, les camps réapparaissent et les migrants reviennent de plus en plus nombreux », titrait cette fois le site, qui s’est grosso modo contenté d’un copié collé de la version originale anglaise.

Selon The Independent, ces camps secrets sont progressivement remplis par des réfugiés envoyés dans des Centres d'Accueil et d'Orientation (CAO) lors du démantèlement de la jungle il y a deux mois revenant aujourd’hui sur leurs pas. « Les autorités trouveront de plus en plus de ces camps secrets qui émergent, parce que ces gens sont de plus en plus frustrés », explique ainsi une avocate du droit des étrangers qui aurait « découvert le camp caché plus tôt ce mois-ci ».

Sauf que le camp caché en question ne l’est pas tout à fait. Créé en 2008 dans la commune de Norrent-Fontes, dans le département du Pas-de-Calais, il a un nom, le camp de la Marnière. Et on a un peu de mal à croire qu’il serait inconnu des pouvoirs publics, puisque, le 12 octobre 2016, la justice a débouté la mairie de Norrent-Fontes qui demandait son évacuation.

Le quotidien admet que le camp existait avant le démantèlement, mais assure qu’il a considérablement grossi depuis. « Il y a quelques réfugiés qui sont arrivés en effet, mais cela reste une poignée de personnes sur deux mois », décrit à Libération Nan Suel, membre de l’association Terre d'Errance, qui gère le camp.

Les cinq autres camps évoqués, qui ne sont pas nommés, semblent en fait être ceux de Tatinghem, Steenvoorde, Grande-Synthe, Angres et Hazebrouck, plus ou moins clandestins mais ni secrets, ni nouveaux.

Apparus ces dernières années, ils n’ont pas été démantelés en même temps que la jungle de Calais.

La plupart des associatifs interrogés expliquent en outre avoir du mal à imaginer des centaines de réfugiés se réinstaller tranquillement à Calais avec le dispositif policier en place. « Dès qu’une personne ressemble à un migrant, elle est contrôlée », explique François Guennoc, vice-président de l’Auberge des Migrants. « Il y a des hélicoptères qui passent avec des détecteurs thermiques. Jusqu’aux élections présidentielles au moins, les pouvoirs publics ne laisseront pas de camps se recréer ».

La préfecture, en effet, s’empresse de rappeler l’existence d’un « dispositif contre les squats » avec des hélicoptères et des patrouilles au sol. Aucun nouveau campement n’a été détecté, assure-t-elle à Libération.

Ce phénomène de retour, pour l’instant limité, pourrait cependant s’amplifier. « Nous ne pouvons pas dire que des camps se remontent, ce n’est pas vrai. Mais des gens reviennent discrètement », explique Yann, membre de l’association de bénévolat humanitaire Utopia Cinquante Huit qui travaille notamment à Grande-Synthe.

Pour convaincre certains mineurs de quitter Calais, la France avait rameuté des agents britanniques dans les bus pour traiter leur demande de transfert vers la Grande-Bretagne. Les retours dans le Pas-de-Calais surviennent au moment où les réponses aux demandes d’asile commencent à arriver de Grande Bretagne. Lorsqu’elles sont négatives, comme c’est souvent le cas, le pays ne pouvant être qualifié de franchement accueillant, certains mineurs décident de retenter leur chance par la voie clandestine, ce que The Independent soulignait à juste titre dans son article.

Jeudi 22 Décembre 2016 par exemple, France Trois Midi Pyrénées rapportait que trente cinq des quarante sept réfugiés installés à Luchon depuis deux mois avaient quitté leur centre d’hébergement en direction de Calais. Ils venaient alors d’apprendre qu’ils ne seraient probablement pas accueillis en Grande-Bretagne. «Depuis dix jours, certains reviennent et nous pensons que cela va s’accélérer dans les semaines qui viennent. Nous leur disons de rester dans leur CAO pour faire des recours, mais certains n’ont plus confiance », raconte Yann.

« Nous savons qu’il y a pas mal de gens qui voudraient revenir », explique Nan Suel. « Des mineurs mais aussi des majeurs qui ne voulaient pas partir dans les CAO et qui veulent aller en Grande Bretagne parce qu’ils ont de la famille ou un projet. Il y a aussi des réfugiés qui ont décidé de rester en France, mais qui attendent depuis deux mois dans des CAO pour avoir un rendez-vous à la préfecture et se découragent ».

Quand ils reviennent, ils ne recréent donc pas ces fameux camps secrets évoqués par The Independent, mais ils rejoignent ceux qui existent déjà ou ils s’isolent. « A Calais, depuis le démantèlement, il y a des gens qui se terrent parce qu’ils ne veulent pas partir », assure Nan Suel. « Ils n’osent même pas allumer un feu de peur d’être repérés ».

« Il y a aussi des migrants que nous cachons chez l’habitant », complète Claudine, de l’association Salam, « un peu comme en 1940 ».

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