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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 20:38

 

Accord de cessez-le-feu en Syrie sous l'égide de Moscou et d'Ankara (Reuters)

 

Un cessez-le-feu entrera en vigueur, Jeudi 29 Décembre 2016 à 24 heures, 22 heures GMT, dans toute la Syrie, ont annoncé simultanément la Russie, la Turquie et Damas.

Les modalités ont été acceptées par l'administration du président Bachar al Assad et par l'opposition, a déclaré Jeudi 29 Décembre 2016 à Moscou le président Vladimir Poutine, qui s'exprimait aux côtés de Sergueï Lavrov, ministre russe des affaires étrangères, et de Sergueï Choïgou, ministre russe de la défense.

Trois documents ouvrant la voie à une résolution du conflit ont, selon lui, été signés, Jeudi 29 décembre 2016. Il s'agit d'un accord de cessez-le-feu entre le gouvernement syrien et l'opposition, de mesures pour veiller à ce qu'il soit respecté et d'une déclaration en faveur de l'ouverture de négociations de paix, a précisé Vladimir Poutine.

Mardi 20 Décembre 2016 à Moscou, la Russie, la Turquie et l’Iran avaient jeté les bases d'un accord de cessez-le-feu national censé ouvrir la voie à une conférence de paix au Kazakhstan.

Il s'agit du troisième cessez-le-feu national conclu cette année. Les deux premiers, négociés par la Russie et les Etats-Unis, n'ont tenu que quelques semaines. Ni Washington ni l'Organisation des Nations Unies (ONU) n'ont été associés aux discussions qui ont conduit à celui du Jeudi 29 Décembre 2016.

« Les accords conclus sont évidemment fragiles. Ils nécessitent une attention particulière, mais il s'agit d'un résultat remarquable pour nos efforts conjoints, ceux du ministère de la défense, du ministère des affaires étrangères et de nos partenaires dans la région », s'est félicité Vladimir Poutine, ajoutant que Moscou avait accepté de réduire sa présence militaire en Syrie.

Sergueï Lavrov a quant à lui a confirmé qu'une conférence de paix était en préparation à Astana. Il a souhaité que l'Egypte, l'Arabie Saoudite, le Qatar, l'Irak, la Jordanie et l’ONU y participent. Les Etats-Unis, a ajouté le ministre, pourront s'y joindre aussi une fois que Donald Trump aura pris ses fonctions, ce qui sera fait le 20 janvier 2017.

Saluant l'accord, l'émissaire de l'ONU en Syrie, Staffan de Mistura, a souhaité qu'il ouvre la voie à des discussions fructueuses a Astana.

Elles doivent contribuer au succès des discussions inter syriennes prévues le 8 février 2017 sous l'égide de l'ONU, dit sa porte-parole dans un communiqué.

« Il ne faut pas laisser passer cette opportunité. Je remercie toutes les parties, notamment la Russie, pour le cessez-le-feu », a quant à lui déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Selon l'armée syrienne, la trêve ne concerne ni les djihadistes de l'Etat Islamique, ni le Front al Nosra, ni les groupes qui leur sont liés, mais un certain flou persiste sur les organisations effectivement concernées par la trêve.

Parmi les mouvements rebelles signataires de l'accord figurent les influents mouvements islamistes Ahrar al Cham, Djaïch al Islam et Djabha Chamiya, précise le ministère russe de la défense.

L'Armée Syrienne Libre (ASL), qui fédère différents groupes, a par ailleurs promis de respecter la trêve, selon un porte-parole. « Cette fois, je suis convaincu que c'est du sérieux. Il y a une nouvelle implication internationale », a commenté un chef rebelle.

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, qui se sont entretenus par téléphone, ont confirmé que l'accord ne s'appliquerait pas aux « groupes terroristes ».

Le ministère turc des affaires étrangères a précisé que la Turquie et la Russie seraient les garants de la trêve.

« Avec cet accord, les parties ont accepté de cesser toutes les attaques armées, y compris aériennes, et ont promis de ne pas étendre les zones qu'elles contrôlent en se les disputant », dit-il.

Les positions diamétralement opposées de la Turquie et de la Russie seront toutefois difficiles à concilier.

Moscou, dont l'implication militaire au mois de septembre 2015 a fait basculer le rapport de force en faveur de Damas, soutient fermement Bachar al Assad, alors qu'Ankara, favorable à l'opposition, exige son départ.

Le gouvernement turc réclame en outre le retrait de toutes les forces étrangères, dont le Hezbollah libanais, qui est engagé aux côtés de Damas, ce qui pourrait poser un problème à l'Iran.

« Tous les combattants étrangers doivent quitter la Syrie. Le Hezbollah doit regagner le Liban », a souligné le ministre turc des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu. Une réunion devait avoir lieu dans la journée entre des représentants de l'opposition syrienne et des représentants du gouvernement turc.

Selon différentes sources, Moscou, Ankara et Téhéran se sont entendus sur la mise en place de zones d'influence informelles en Syrie, ce qui permettrait à Bachar al Assad de se maintenir quelques années de plus au pouvoir.

Au-delà des désaccords entre les parrains de ce processus, des obstacles plus immédiats devront être surmontés. La Russie exige que le cessez-le-feu ne s'applique pas à la Ghouta orientale, un bastion rebelle de la banlieue de Damas, ce que refusent les insurgés d'Ahrar al Cham. Ces derniers participent aux discussions avec la Turquie.

Les miliciens kurdes qui combattent l'Etat Islamique avec l'appui de Washington n'ont par ailleurs pas été associés aux discussions entre la Russie, la Turquie et l’Iran.

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