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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 16:14

 

DE LA MONARCHIE DE JUILLET AU SECOND EMPIRE

 

Des militants du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) publiaient récemment une nouvelle édition d’une brochure de 1997 relative à l’histoire de la lutte des classes en France depuis la révolution française de 1789.

Il y a bien évidemment dans cette brochure de nombreuses considérations relatives à la période contemporaine mais il y a aussi une présentation synthétique de l’histoire de la lutte des classes en France au dix neuvième siècle.

Vous trouverez ci-dessous les paragraphes relatifs à une période de dix huit ans entre 1830 et 1848.

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site www.npa-dr.org à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.npa-dr.org/index.php/9-article-lettre/51-la-question-du-parti

 

DE LA MONARCHIE DE JUILLET AU SECOND EMPIRE

 

Au cours des années 1830, le mouvement ouvrier anglais avait accompli de son côté des progrès impressionnants. En Angleterre aussi, la bourgeoisie industrielle s’était servie de la combativité des prolétaires pour renforcer sa position dans la société et dans l'état. En 1832, les industriels obtinrent le droit de vote, rien que pour eux-mêmes. A la suite de cette trahison, des militants liés à la classe ouvrière relevèrent le défi et organisèrent un vaste mouvement dans tout le pays pour que les travailleurs obtiennent eux aussi des droits politiques.

Ils regroupèrent leurs revendications dans une charte, d’où le nom de mouvement chartiste, pour obtenir notamment le suffrage universel et une indemnité parlementaire permettant à de futurs députés ouvriers de siéger au parlement. Ces revendications politiques permettaient à la conscience de classe des ouvriers anglais de prendre corps. Mais elle s’accompagnait aussi de l’illusion que, avec le suffrage universel, la majorité des voix irait aux candidats ouvriers, lesquels pourraient ensuite résoudre les problèmes liés à l’exploitation de la classe ouvrière.

En 1840 au congrès de Manchester, tous les groupes locaux chartistes se regroupèrent dans une organisation nationale. Mais le parti chartiste restait très hétérogène avec des tenants de la lutte exclusivement légale et d’autres de la préparation à l’insurrection armée. Le mouvement chartiste atteignit son point culminant en 1842. Des meetings monstres se tinrent dans les régions industrielles. Une pétition avançant en plus des revendications politiques, des revendications économiques telles que la limitation du temps de travail, recueillit plus de trois millions de signatures. La pétition fut repoussée par le parlement. Les chartistes tentèrent de riposter en déclarant une grève générale, le mois sacré, qui fut un échec. De nombreux militants chartistes furent emprisonnés.

Vladimir Lénine considérait que le chartisme avait été « le premier grand mouvement révolutionnaire prolétarien, réellement massif et politiquement cristallisé ». A l’époque du chartisme, le jeune Friedrich Engels, fils d’industriel allemand, avait été envoyé en stage à Manchester dans une usine paternelle. Ce fut pour lui l’occasion de se lier au mouvement chartiste et d’en dégager des enseignements précieux.

Il lui appartint avec un autre jeune intellectuel d’origine allemande, Karl Marx, qui devint son ami, de formuler les idées nouvelles qui résultaient de toute l’évolution antérieure. Ils surent voir dans la classe ouvrière la force sociale qui, en s’émancipant elle-même de l’exploitation, émanciperait l’ensemble de la société de la propriété bourgeoise pour construire une société communiste. Ces deux jeunes intellectuels militaient dans une petite organisation, la Ligue des Communistes qui avait été fondée à Paris par des ouvriers allemands de l'émigration politique, dont la fréquentation était pour eux une source d'enthousiasme et surtout de leçons et que Friedrich Engels décrivit ainsi, « ils étaient les premiers prolétaires révolutionnaires que j'eusse vus. Et bien que, sur des points de détail, il y eut alors de grandes divergences entre nos idées, à leur communisme égalitaire borné, j'opposais encore une part d'orgueil philosophique non moins bornée, je n'oublierai jamais l'impression que ces trois hommes véritables firent sur moi qui n'étais encore qu'en train de devenir un homme ».

Ces deux jeunes intellectuels ne tardèrent pas à gagner la confiance des ouvriers communistes et à les aider à évoluer du blanquisme vers les idées communistes modernes et la science de la lutte du prolétariat pour son émancipation. Pour eux, il en découlait la nécessité d’un parti regroupant les éléments les plus conscients de la classe ouvrière, un parti représentant les intérêts généraux du mouvement ouvrier international intervenant dans toutes les luttes économiques et politiques en fonction de ce but historique. Ce parti ne pouvait en aucune façon être une secte, avec ses prophètes, sa manie du secret, son sentimentalisme, son incapacité à être attentif aux capacités du mouvement ouvrier et sa tendance à se substituer à lui et à passer à l’offensive sans tenir compte des conditions politiques et sociales.

En 1848, ils publièrent une petite brochure qui devait constituer le programme de la Ligue des Communistes. Ils l'appelèrent « le manifeste communiste ».

Ils y exposaient pour la première fois sous forme d'un programme leurs conceptions.

Dégageant les leçons de l'évolution des sociétés humaines et des sociétés de classes comme de l'évolution de la société bourgeoise, ils affirmaient que « de plus en plus, la société entière se partage en deux camps ennemis, en deux grandes classes diamétralement opposées l'une à l'autre, la bourgeoisie et le prolétariat ». Décrivant les crises qui accompagnaient le développement du capitalisme pourtant alors en pleine expansion, ils écrivaient que « les armes dont la bourgeoisie s'est servie pour abattre la féodalité se retournent aujourd'hui contre la bourgeoisie elle-même. Mais la bourgeoisie n'a pas seulement forgé les armes qui la mettront à mort, elle a produit aussi les hommes qui manieront ces armes, les ouvriers modernes, les prolétaires ».

A peine publiées, les idées formulées par Karl Marx et Friedrich Engels allaient pleinement se vérifier dans la révolution de 1848.

La bourgeoisie libérale française s'était lancée en 1848 dans une agitation politique pour obtenir une réforme électorale. Sa forme préférée d'action, les banquets républicains, ne faisait pas trembler le régime, jusqu'au jour où en réponse à une provocation policière, au mois de février 1848, le peuple de Paris, ouvriers en tête, se souleva. En trois jours, la monarchie fut balayée et la république fut proclamée.

Les bourgeois libéraux qui avaient pris la direction du mouvement n'avaient pas d'autres ambitions que de conquérir des droits politiques pour leur propre compte afin de participer à la gestion des affaires de l'état pour y défendre leurs propres intérêts. Le roi chassé et la république proclamée, pour eux, la révolution était finie. Les ouvriers qui avaient été les artisans de cette révolution n'y avaient pas d'objectifs et de politique propres.

Les mois qui suivirent la révolution de février 1848 leur révélèrent qu'on ne cherchait qu'à les duper et que les discours sur la république sociale n'étaient que des mensonges creux derrière lesquels se profilait une politique bourgeoise anti-ouvrière. La bourgeoisie, quant à elle, n'avait qu'une obsession, désarmer moralement et physiquement les ouvriers parisiens. De provocations en provocations, le prolétariat parisien n'eut d'autre choix que l'insurrection.

Au mois de juin 1848, pour la première fois de son histoire, le prolétariat en armes se mesura à la société bourgeoise.

La bourgeoisie se vengea sauvagement de cette audace des opprimés. Le mois de juin 1848 vit le massacre de plus de quarante mille travailleurs. Les ouvriers insurgés qui ne furent pas exécutés sur le champ furent emprisonnés et déportés par milliers.

En s'insurgeant, le prolétariat parisien avait pris conscience de lui-même et révélait aux yeux de tous les travailleurs que, entre la bourgeoisie et lui, il n'y avait plus aucun intérêt commun.

Tirant les leçons de l'insurrection de juin 1848 et de toute la période passée, Karl Marx écrivait que « le temps des coups de main et des révolutions exécutées par de petites minorités conscientes à la tête de masses inconscientes est passé. Là où il s'agit d'une transformation complète de l'organisation de la société, il faut que les masses elles-mêmes y coopèrent, qu'elles aient déjà compris elles-mêmes de quoi il s'agit et les raisons pour lesquelles elles interviennent avec leur corps et avec leur vie. Voilà ce que nous a appris l'histoire des cinquante dernières années. Mais pour que les masses comprennent ce qu'il y a à faire, un travail long et persévérant est nécessaire ».

Ce travail trouve au lendemain de la révolution de 1848 un vaste et large terrain, du fait d'un nouvel essor du mouvement ouvrier dû au développement industriel. Le second empire, celui de Louis Napoléon Bonaparte qui garantit l'ordre bourgeois au lendemain de la révolution impose le silence à la classe ouvrière dans le même temps qu'il favorise et protège le développement de la bourgeoisie.

L'état impulsa une politique de grands travaux, les grands travaux publics qui transformèrent le centre de Paris et des grandes villes, la construction des chemins de fer et le développement de l'industrie minière, textile, chimique et métallurgique. Le gouvernement impulsa la création des grandes compagnies des mines, de transport, de navigation et de crédit.

Un prolétariat moderne, concentré dans les grandes villes, se développait extrêmement vite, connaissant des conditions de vie le plus souvent misérables.

Méprisé, surveillé par la police, repoussé dans les quartiers misérables et insalubres à la périphérie des grandes villes dont on rénovait le centre, ce jeune prolétariat, qui vit ses conditions de vie bouleversées en l'espace de quelques années, s'éveillait aux nécessités de la lutte.

Des grèves éclatèrent, parfois très déterminées, et la jeune classe ouvrière trouva le chemin des luttes et de l'organisation.

 

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