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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 20:37

 

 

Les combats ont repris à Alep, l'Organisation des Nations Unies (ONU) dénonce des crimes de guerre (Reuters)

 

De violents combats ont repris Mercredi 14 Décembre 2016 à Alep après le report de l'évacuation des civils et des insurgés, qui devait débuter Mercredi 14 Décembre 2016 à l'aube dans la grande ville du nord de la Syrie où le pilonnage incessant est, selon l’ONU, « très probablement constitutif de crimes de guerre ».

Cet accord de cessez-le-feu avait été conclu Mardi 13 Décembre 2016 dans le cadre de négociations entre les insurgés, la Russie, alliée militaire clé du régime de Damas, et la Turquie.

Les opérations, initialement prévues Mercredi 14 Décembre 2016 à partir de 3 heures GMT, n'ont pas débuté en raison d'obstacles posés par l'Iran, autre allié du président syrien Bachar al Assad dont les milices participent activement à la reconquête d'Alep et qui a posé des conditions supplémentaires, ont déclaré des rebelles et des responsables de l’ONU.

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan se sont à nouveau entretenus au téléphone Mercredi 14 Décembre 2016 en fin de journée et sont convenus de poursuivre leurs efforts conjoints pour permettre l'évacuation des civils et des rebelles dès que possible, a-t-on appris de sources à la présidence turque.

L'Iran exigerait que l'évacuation d'Alep ait lieu en même temps que celle de blessés à Foua et Kefraya, deux villages chiites syriens assiégés par la rébellion dans la province d'Idlib, au sud-ouest d'Alep.

« Ils ont refusé de laisser partir les gens. Ils transforment un certain nombre de choses en prétexte, parmi lesquels Foua et Kefraya, mais c'est plus un prétexte que la réalité, pour que cet accord échoue parce que les iraniens n'en veulent pas », a dit un responsable de l'Armée Syrienne Libre (ASL).

Des roquettes tirées par les rebelles ont fait plusieurs victimes dans les deux villages, selon l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

A Alep, les deux camps se sont mutuellement accusés d'avoir violé en premier le cessez-le-feu, qui a rapidement laissé place à un pilonnage massif du dernier réduit rebelle par l'artillerie et l'aviation gouvernementale.

Le commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Zeïd Raad al Hussein, a dénoncé la reprise des violences.

« Si les raisons de la rupture du cessez-le-feu prêtent à discussion, la reprise de bombardements extrêmement violents des forces gouvernementales syriennes et de leurs alliés sur un secteur rempli de civils constituent très certainement une violation des lois internationales et très probablement des crimes de guerre », a-t-il accusé.

Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, cité par l'agence Interfax, a estimé que deux ou trois jours seraient suffisants pour venir à bout de la dernière poche de résistance. Selon le ministère russe de la défense, cité par Interfax, les rebelles ne tiennent plus que deux mille cinq cent mètres carrés.

Son homologue turc, Mevlut Cavusoglu, qui a poursuivi ses contacts avec ses collègues russes et iraniens, a dit que des forces fidèles au régime de Bachar al Assad tentaient de s'opposer à l'accord d'évacuation.

Face à cette confusion, le ministre français des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a jugé indispensable que des observateurs de l'ONU se déploient à Alep.

« Ce que la France demande, c'est la présence d'observateurs de l’ONU sur place pour avoir une garantie que l'évacuation, qui est une priorité pour la population civile, ait lieu, mais aussi que les combattants ne soient pas massacrés, pour cela il faut des observateurs », a-t-il déclaré sur la deuxième chaîne de la télévision française.

Selon le Hezbollah libanais, qui participe à l'offensive, environ quinze mille personnes, dont quatre mille combattants, chercheraient à quitter Alep-Est, où la situation humanitaire aggravée par les intempéries à l'approche de l'hiver préoccupe au plus haut point l’ONU.

D'après un bilan communiqué Mercredi 14 Décembre 2016 par les autorités russes, six mille civils, dont un tiers d'enfants, sont partis au cours des dernières vingt quatre heures, de même que trois cent soixante six insurgés qui ont déposé les armes. Ce nouvel exode n'entre pas dans le cadre de l'accord annoncé Mardi 13 Décembre 2016.

Une commission de l'ONU chargée d'enquêter sur les crimes de guerre commis en Syrie a fait état Mercredi 14 Décembre 2016 de nombreux signalements d'exactions imputées aux forces gouvernementales. L'armée syrienne a nié procéder à des exécutions sommaires de prisonniers et recourir à la torture.

Les enquêteurs de l'ONU disent en outre disposer d'informations selon lesquelles les rebelles du Front Fatah al Cham, l’ancien Front al Nosra, et d'Ahrar al Cham empêchent les civils de fuir les combats ou se mêlent à eux. Moscou a accusé les insurgés d'utiliser plus de cent mille personnes comme boucliers humains.

La reprise d'Alep est la plus grande victoire du pouvoir syrien contre une rébellion entamée en 2011 en plein printemps arabe, un conflit qui a fait plus de trois cent mille morts, selon l’ONU.

Le président Bachar al Assad a salué la victoire des forces gouvernementales comme un tournant dans le conflit et un prélude à de nouvelles offensives contre les enclaves rebelles.

Pour la Russie, dont l'intervention militaire en faveur de Damas entamée au mois de septembre 2015 a bouleversé l'équilibre des forces, la reconquête d'Alep est une victoire considérable contre les « terroristes », expression qu'utilise le régime syrien pour désigner l'ensemble des rebelles, qu'ils soient nationalistes ou islamistes.

A l'ONU, les Etats-Unis ont condamné le déchaînement de violence dans la grande ville du nord de la Syrie, assiégée et bombardée depuis des mois.

« Alep va s'ajouter à la liste des événements de l'histoire mondiale qui définissent le mal contemporain et qui entachent encore nos consciences des dizaines d'années plus tard, Halabja, le Rwanda, Srebrenica et aujourd'hui Alep », a dit l'ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Samantha Power.

« Êtes-vous vraiment incapables d'éprouver de la honte ? N'y a-t-il littéralement rien qui puisse vous faire honte », a-t-elle ajouté, s'adressant directement à la Syrie, à la Russie et à l'Iran.

 

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