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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 19:21

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/12/29/les-villes-indignees-d-espagne_5055230_3232.html

 

Les villes indignées d’Espagne

 

Par Julien Lemaignen

 

Vendredi 30 Décembre 2016

 

Renverser la table ? Podemos, le parti espagnol contre l'austérité, paraît désormais loin de gagner son pari à l’échelle nationale. Avec la reconduction de Mariano Rajoy à la tête du gouvernement, le 29 octobre 2016, le mouvement était déjà réduit à contester au Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) le leadership de l’opposition.

Divergences stratégiques et querelles de personnes ont ensuite miné la formation au point que son leader, Pablo Iglesias, a carrément demandé pardon aux militants dans une vidéo postée sur Twitter, Mercredi 28 Décembre 2016.

Aux sympathisants déprimés de la gauche radicale, le livre de Ludovic Lamant, journaliste à Mediapart, pourra servir de lecture thérapeutique.

Car Podemos n’est pas le seul héritage du mouvement des indignés qui, en mai 2011, a envahi les places du pays. Il faut compter avec les mairies rebelles élues en 2015 à Madrid, à Barcelone, à Saint-Jacques-de-Compostelle et à Saragosse. « Seule expérience de prise de pouvoir des gauches alternatives en Espagne », elles valaient bien un premier inventaire auquel l’auteur s’est attelé dans une dense enquête de terrain.

Fondées sur les mouvements sociaux et les activismes locaux, ces forces ont réalisé un patient travail de brassage des gauches en rejetant les partis traditionnels et les idéologies au profit de la gestion et du pragmatisme. L’auteur analyse aussi comment leur critique des élites a rejoint la lutte contre le pouvoir central au cœur des indépendantismes de Catalogne et de Galice.

Consultations populaires

Un an plus tard, la mairie de Madrid a accru ses dépenses sociales de vingt six pour cent et la mairie de la Corogne a lancé une allocation pour les plus pauvres. Des mécanismes de contrôle des élus ont éclos et les citoyens sont invités à se faire entendre lors de consultations populaires ou par le biais d’un budget participatif, qui couvre dix pour cent des investissements à Madrid, contre cinq pour cent à Paris, par exemple.

Ludovic Lamant étaye son éloge, mais ne minimise pas les difficultés de l’exercice du pouvoir. La maire de Barcelone, Ada Colau, veut-elle un moratoire sur la construction d’hôtels ? Les promoteurs agitent le spectre du chômage et l’opposition s’offusque. Entend-on à Madrid une nouvelle municipalisation des services publics délégués au privé ?

La mairie est tenue par les contrats et la loi de stabilité budgétaire l’empêche de réembaucher les employés. On temporise.

« Les choses bougent, peut-être un peu plus lentement que prévu », constate l’auteur. Les difficultés politiques sont telles qu’Ada Colau, éreintée, a proposé au PSOE de faire une coalition, au mois de mai 2016. La même chose pourrait arriver à Madrid. Aux yeux de la gauche de la gauche, un Rubicon est franchi, et les critiques pleuvent.

Jusqu’où faut-il couper son vin et gouverner avec les partis traditionnels ?

La question se pose aujourd’hui aux mairies du changement. Elles pourraient voir un avertissement dans le revers électoral qu’a subi Pablo Iglesias aux élections législatives du mois de juin 2016 après s’être allié aux communistes, ces représentants de la vieille politique avec qui il avait d’abord maintenu une frontière étanche.

« Squatter le pouvoir, les mairies rebelles d’Espagne », de Ludovic Lamant, aux éditions Lux, deux cent vingt quatre pages, seize euros.

 

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