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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 20:56

 

http://www.lemonde.fr/syrie/article/2016/12/09/tractations-diplomatiques-pour-evacuer-les-civils-et-les-rebelles-d-alep_5046249_1618247.html

 

Tractations diplomatiques pour évacuer les civils et les rebelles d’Alep

 

Les groupes armés sont disposés à quitter leur bastion, dont plus de quatre vingt pour cent ont été reconquis par les forces de Bachar al Assad.

 

Par Benjamin Barthe, correspondant du Monde à Beyrouth

 

La bataille d’Alep approche de son dénouement. Alors que les troupes progouvernementales se sont emparées de plus de quatre vingt pour cent des quartiers rebelles, des tractations sont en cours, entre diplomates russes, américains et turcs, pour permettre l’évacuation des civils et des combattants, retranchés dans un dernier carré, dans le sud de la métropole.

Bien que leurs représentants affichent en public leur détermination à résister, les rebelles, à bout de force après trois semaines de bombardements qui ont fait des centaines de morts et conscients qu’ils n’ont plus aucun moyen de renverser la situation, sont prêts à quitter la partie orientale de la ville, qu’ils avaient conquise à l’été 2012.

« Ils savent qu’Alep est perdue », explique Basel al Junaidy, un analyste syrien basé dans le sud de la Turquie et en contact étroit avec l’opposition armée. « Ils ne le disent pas haut et fort, pour des questions d’honneur. Mais ils ont demandé à leurs dirigeants à l’extérieur de négocier leur départ »

Les modalités de cette opération, forcément délicate, font l’objet d’intenses discussions entre John Kerry, patron de la diplomatie américaine pour encore quelques semaines, et son homologue russe, Sergueï Lavrov. Les deux hommes se sont entretenus à deux reprises, Mercredi 7 Décembre et Jeudi 8 Décembre 2016, en marge de la réunion de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), à Hambourg.

« Ils sont tombés d’accord pour continuer de discuter de la mise sur pied d’un cadre pour un cessez-le-feu et plus précisément de l’acheminement de l’aide humanitaire et de la possibilité que les gens puissent quitter Alep en sécurité », a expliqué un diplomate américain.

Pour permettre l’ouverture de couloirs d’évacuation à peu près sûrs, Moscou tente d’obtenir de Damas une suspension de ses bombardements contre Alep Est. Annoncée par Sergueï Lavrov, Jeudi 8 Décembre 2016, depuis Hambourg, cette pause tarde à se concrétiser sur le terrain, puisque, Vendredi 9 Décembre 2016, des sources, jointes à l’intérieur d’Alep-Est, faisaient état de la poursuite des raids aériens et des bombardements.

Malgré tout, près de huit mille cinq cent civils ont pu être évacués, Jeudi 8 Décembre 2016, selon l’agence russe TASS. Même si des dizaines de milliers de civils sont parvenus ces deux dernières semaines à rejoindre la partie ouest d’Alep, sous contrôle gouvernemental, à au moins deux reprises, des groupes tentant de fuir les combats ont été bombardés par l’artillerie et l’aviation syrienne.

Washington, de son côté, a pris langue avec les groupes armés d’Alep affiliés à l’Armée Syrienne Libre (ASL), la branche modérée de l’insurrection. « Les américains leur ont dit qu’il leur fallait évacuer la ville, qu’ils leur garantissaient des corridors de sortie, pour eux et leur famille, et qu’il n’y avait pas d’autre solution », assure Sinan Hatahet, un autre analyste syrien, en lien avec les rebelles.

Difficile de savoir quand ces tractations pourraient aboutir. Jan Egeland, chargé du volet humanitaire de la crise syrienne à l’Organisation des Nations Unies (ONU), a affiché son pessimisme, Jeudi 8 Décembre 2016, en affirmant que Washington et Moscou ont des positions « diamétralement opposées ». Les discussions pourraient buter sur le lieu de réinstallation des rebelles.

Selon nos informations, les groupes armés liés à l’ASL, qui forment le gros des combattants d’Alep, préféreraient être transférés dans la campagne au nord de la ville, une zone où l’ASL est encore dominante.

Dans les précédents cas d’évacuations, notamment celles menées dans la Ghouta, la banlieue agricole de Damas, les combattants contre Bachar al Assad ont toujours été conduits dans la province d’Idlib, une région placée sous la coupe du front Fatah al Cham, une émanation d’al Qaida.

La poursuite des bombardements sur Alep, en dépit de l’annonce de Sergueï Lavrov, conduit aussi à se demander si le régime syrien est véritablement disposé à laisser les rebelles sortir vivants ou du moins libres d’Alep. Dans une interview accordée Jeudi 8 Décembre 2016 au quotidien damascène al Watan, le président Bachar al Assad ironisait sur l’empressement des américains à vouloir sauver « leurs agents, les terroristes ».

« Rien ne peut arrêter l’avancée des troupes du régime », faisait remarquer Vendredi 9 Décembre 2016 une source de l’ONU. « Il n’est pas impossible que ce soit la guerre jusqu’au bout ».

Une crainte partagée par les casques blancs. Dans un communiqué diffusé Jeudi 8 Décembre 2016, cette organisation de secouristes civils opérant à Alep-Est, qui figurait parmi les candidats au prix Nobel de la paix, a mis en garde contre les risques d’arrestation, d’exécution ou de torture de ses membres, s’ils ne sont pas évacués dans les quarante-huit heures.

Malgré l’annonce russe d’un arrêt des « opérations de combat » à Alep pour permettre l’évacuation de milliers de civils pris au piège, les troupes du régime syrien bombardaient violemment à l’artillerie, Vendredi 9 Décembre 2016, les derniers quartiers aux mains des rebelles. L’armée de l’air a, en revanche, suspendu ses frappes depuis Jeudi 8 Décembre 2016 sur ces quartiers situés dans le sud de la partie orientale de la ville, selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

Fort du succès de ses troupes, Bachar al Assad a exclu lui-même cette semaine une trêve, estimant qu’une victoire à Alep serait une étape cruciale pour la fin du conflit. Le pouvoir n’a d’ailleurs pas commenté l’annonce russe. « Celle-ci est purement médiatique, c’est pour calmer les américains et la communauté internationale. Mais sur le terrain, les bombardements continuent car le régime ne veut pas donner de répit aux rebelles ou aux civils », estime le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

De son côté, le ministre des affaires étrangères russe, qui avait annoncé Jeudi 8 Décembre 2016 que l’armée syrienne avait interrompu ses combats à Alep, a déclaré Vendredi 9 Décembre 2016 que les bombardements continueront tant qu’il y restera des « bandits » à Alep.

 

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