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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 14:14

 

http://www.mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20161217/louhossoa-cinq-personnes-en-garde-a-vue

 

Cinq personnes en garde à vue

 

Alors que les états français et espagnols évoquent cinq « individus en relation avec l’organisation terroriste Euskadi Ta Askatasuna (ETA) », ils sont en réalité des représentants de la société civile basque ayant pris leur responsabilité en faveur de la paix.

 

Par Bénédicte Saint André

 

Samedi 17 Décembre 2016

 

« Cinq personnes sont actuellement en garde à vue à la police judiciaire de Bayonne », indique le parquet antiterroriste de Paris à Mediabask.

Elles ont été interpellées cette nuit dans une maison de Louhossoa.

D'après nos informations, il s'agit de Jean-Noël Etcheverry de Bizi, de Michel Berhocoirigoin, ancien président d’Euskal Herriko Laborantza Ganbara (EHLG), de Michel Bergougnian, coopérateur viticole dans l’appellation basque Irouléguy, de Béatrice Molle-Haran, propriétaire de la demeure et journaliste chez nous à Mediabask, et de Stéphane Etchegaray, professionnel de l'audiovisuel chargé de filmer la scène.

« Il s'agit d'une opération antiterroriste menée conjointement par les polices françaises et espagnoles », précise le parquet. Dès l'opération lancée, le ministère de l’intérieur espagnol a annoncé un « coup porté à l’arsenal de la bande terroriste ETA en France ». Le nouveau ministre de l'Intérieur français Bruno Le Roux rappelait la « détermination absolue de la France à lutter contre le terrorisme, sous toutes ses formes » et félicitait les corps de police pour « l'interpellation de cinq individus en relation avec l’organisation terroriste ETA ».

Une version reprise par la presse de manière quasi-unanime avant un rétropédalage en règle. Elle est en effet entièrement en désaccord avec les courriers envoyés à Mediabask par les intéressés et aujourd'hui confirmés par Michel Tubiana, le président d’honneur de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), qui aurait dû être présent et n'a finalement pu se rendre sur place.

Opération policière politique

« Il faut rétablir la vérité », assène-t-il. Tous trois affirment n'avoir « aucun lien ni subordination avec ETA ». Ils justifient leur action par leur volonté de « contribuer à un avenir sans violence et démocratique pour le Pays Basque. Nous ne nous sommes pas cachés, nos intentions étaient claires dès le départ », répète-t-il.

« Il y a un blocage total du processus de désarmement de l’ETA, un blocage qui vient du côté des gouvernements français et espagnol. Plusieurs membres de la société civile ont voulu relancer ce processus, en procédant à une première destruction d’armes. Nous avons voulu jeter un coup de projecteur là-dessus. Nous voulions détruire des armes et les remettre aux autorités. Cette opération policière est manifestement politique ».

Dans un courrier d'ETA également rendu public par ces trois personnes, l'organisation écrit « ETA vous fait savoir qu'elle est prête à entrer dans cette voie, c'est-à-dire à procéder à la mise hors d'usage de ses armes et à la destruction de son arsenal par le biais de la société́ civile et en collaboration avec les acteurs internationaux, sans écarter la possibilité́ d'une participation des états garante d'une plus grande sécurité́ de cette procédure ».

Le dernier paragraphe

Le dernier paragraphe de la presse française, immuable depuis 2011 pour chaque article concernant ETA, est resté présent tout au long de la nuit. Il indique « qu’au mois d’octobre 2011, ETA a renoncé définitivement à la violence, mais elle n'a pas depuis remis ses armes et refuse de se dissoudre ». Au petit matin, il a disparu de certains grands quotidiens de l’hexagone, comme le Monde et Libération.

 

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