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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 19:21

 

http://fr.hdpeurope.com/?p=3856

 

Communiqué du parti démocratique des peuples (HDP) sur les attaques incessantes envers les locaux du HDP
 

Par Hisyar Ozsoy, co-président adjoint du HDP chargé des affaires étrangères et député de Bingol

 

Le Samedi 17 décembre 2016, un attentat à la bombe tuait quatorze personnes et blessait plus de cinquante soldats turcs non armés à Kayseri. Comme lors des attaques précédentes, le HDP a condamné cette attaque dans les termes les plus forts.

Cependant, nous pensons qu’il est urgent d’aller au-delà des déclarations de condamnation et de prendre une initiative politique pour mettre fin aux stratégies militaristes qui représentent le contexte dans lequel beaucoup de nos citoyens sont tués quasi quotidiennement.

Malheureusement, le gouvernement du parti de la justice et du développement (AKP) de Recep Tayyip Erdogan n’est pas disposé à assumer une quelconque responsabilité politique à cet égard. Au contraire, ce dernier poursuit sa manœuvre de militarisation, de nationalisme raciste et de polarisation socio politique à outrance et il canalise la colère accumulée dans la société contre le HDP. Cela constitue une politique de bouc-émissaire qui sert à couvrir sa propre responsabilité concernant l’état d’insécurité actuel dans lequel se trouve le pays.

Par conséquent, le Samedi 17 Décembre et le Dimanche 18 Décembre 2016, des dizaines de bureaux du HDP ont été attaqués par des groupes gouvernementaux et ultra nationalistes à travers le pays.

Peu de temps après l’attaque de Kayseri, des groupes gouvernementaux et ultra nationalistes ont attaqué notre bureau de Kayseri. Tandis que la police et les pompiers démantelaient le siège de notre parti, ces groupes chantaient « sang pour sang, vengeance ». Avant de brûler partiellement le bâtiment, ils suspendaient un drapeau à trois croissants, emblème des ultranationalistes turcs. En même temps que le HDP, les bâtiments du parti du travail de Turquie (EMEP) et de la confédération des syndicats progressistes de Turquie (DISK) ont également été attaqués et endommagés, tandis que les membres du parti républicain du peuple (CHP) ont pratiquement évité de justesse d’être lynchés par des groupes similaires.

A Istanbul, nos bureaux de district se situant à Beykoz, Bayrampasa et Eyüp, ont été attaqués avec des pierres. À Bagcilar, des assaillants ont tenté de pénétrer dans le bureau. Selon les rapports initiaux de nos responsables provinciaux, des assaillants ont saboté notre bureau de district à Beylikdüzü et, à la suite d’un incendie, une bouteille de gaz a explosé et y a causé de grands dommages.

A Erzincan, le bureau de notre parti a été attaqué et la pancarte à l’effigie de notre parti a été détruite. Des groupes nationalistes se sont emparés des meubles de bureau dans le district de Yenimahalle, à Ankara, et les ont brûlés. Pendant ce temps à Canakkale, un groupe d’assaillants a attaqué notre bâtiment à coups de pierres. Lorsque les membres de notre parti ont réagi à ces actions, la police arrivée sur les lieux a répondu aux agressions par la détention de deux de nos collègues, sans tenir compte des véritables auteurs des agressions. À Darica, un quartier de Kocaeli, le bâtiment de notre parti a été la cible de tirs quatre ou cinq fois en provenance d'un véhicule sans plaque d'immatriculation.

Notre bureau à Cukurova, un quartier d’Adana, a été gravement endommagé. Notre bureau à Yildirim, un district de Bursa, a également été endommagé et brûlé. Notre bureau à Buca, un quartier d’Izmir, a été pillé et le sigle de notre parti a été démantelé. À Eskisehir, les représentants de notre parti, Zelal Yardimci et Emine Kaya, ont d’abord été attaqués par un groupe avant d’être détenus par la police. En plus des dommages causés par les groupes ultranationalistes, la police a arrêté vingt deux représentants de notre parti à Kirsehir. Un petit groupe a marché vers notre siège d’Ankara vers minuit et a chanté des slogans racistes. Plus tard, Dimanche 18 Décembre 2016 vers 13heures 15, un autre petit groupe est revenu et a essayé de brûler notre siège général ainsi que les voitures garées dans le garage, malgré des douzaines de policiers en garde sur les deux côtés de la rue. En plus des bureaux du HDP, des étudiants kurdes ont également été attaqués dans les dortoirs de leur université. Les étudiants kurdes ont du quitter leurs dortoirs pour des raisons de sécurité alors que les foules se réunissaient autour des dortoirs et erraient dans les rues avec des voitures pour attaquer les kurdes, visiblement en représailles de l’attentat à la bombe à Kayseri.

Des attaques semblables se sont poursuivies dans cinq villes et sept districts le lendemain des faits, par des auteurs similaires. Les renseignements personnels concernant nos représentants provinciaux et de districts ont été publiés sur les réseaux sociaux accompagnés par des récits racistes et provocateurs. La maison d'Hasan Ekici, un ancien représentant de notre parti, a été la cible d’attaques à plusieurs reprises.

Plus tard, ce dernier a été détenu avec deux autres représentants du HDP. Par ailleurs, un officier de police est tombé d’un toit et est mort alors qu’il était occupé avec des individus qui accrochaient un drapeau turc sur notre bureau de district à Istanbul.

Ce n’est pas la première fois que nos bureaux sont attaqués de la sorte. Entre le mois d'avril et le mois de novembre 2015, des centaines de nos bureaux, y compris notre siège à Ankara, ont été attaqués par des foules racistes et beaucoup ont été incendiés. Ces attaques se sont produites devant les yeux de la police et du ministère de l'intérieur, qui n’ont pris aucune mesure pour empêcher les attaques ou poursuivre les auteurs.

Tout au long de ces attaques, toutes nos tentatives de communiquer avec les fonctionnaires de l'état et du gouvernement sont restées sans réponse.

De telles attaques contre nos sièges, les membres et les partisans du HDP, sont devenues monnaie courante en Turquie.

Aussi déconcertant que cela puisse paraître, le gouvernement n’a a aucun moment condamné ces flambées de violence visant notre parti à travers tout le pays. Un seul député de l’AKP et un ministre ont écrit via leur compte twitter que les attaques contre le HDP devaient être arrêtées. Le HDP est devenu le bouc-émissaire du régime de l'AKP de Recep Tayyip Erdogan pour ne pas assurer la sécurité des citoyens et détourner l’attention sur son abandon du processus de paix.

Nous invitons la communauté démocratique internationale à rappeler aux autorités turques leurs obligations, leur demander d’agir dans le respect de la loi et d’arrêter les attaques contre le HDP.

 

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