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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 19:22

 

L'évacuation d'Alep-Est ralentie par des exigences chiites (Reuters)

 

L'évacuation des derniers combattants encore présents dans les réduits d'Alep-Est a été suspendue Vendredi 16 Décembre 2016, la milice chiite du Hezbollah proche de l'Iran exigeant que des blessés soient au préalable autorisés à quitter deux villages assiégés par les rebelles dans le nord de la Syrie.

La sortie des civils et des insurgés qui se trouvent encore dans l'enclave urbaine, symbole de la résistance au régime du président syrien Bachar al Assad, a été contrariée après une première journée globalement sans accroc, chaque camp accusant l'autre d'enfreindre ses engagements.

Un responsable syrien supervisant les opérations a reconnu que celles-ci n'étaient toujours pas terminées et que l'évacuation avait été interrompue alors que de nombreuses personnes se trouvaient encore sur place.

Le ministère russe de la défense a annoncé que l'armée syrienne avait repris le contrôle de tous les quartiers orientaux de la ville bien que des combattants isolés continuent d'opposer une résistance sporadique.

Tous les civils et la plupart des insurgés sont partis tandis qu'un peu plus de trois mille quatre cent combattants de l'opposition modérée ont déposé les armes, a dit un responsable russe.

Après des mois d'un siège meurtrier et des années d'affrontements, les rebelles demeurent d'une grande méfiance et accusent les forces gouvernementales de bloquer les civils tout en déployant des armes lourdes sur les axes de circulation environnants.

Plusieurs sources rebelles ont dénoncé l'obstruction faite par les iraniens et les groupes chiites affiliés à Téhéran aux efforts de Moscou pour régler rapidement cette question.

Des milices chiites ont ouvert le feu sur des autocars emportant des civils qui quittaient Alep, ont affirmé des insurgés. Des barrages routiers ont été, selon eux, installés et un convoi de bus a dû rebrousser chemin.

Des miliciens iraniens ont arrêté vingt à vingt cinq voitures transportant des civils et ont commencé à provoquer des problèmes, installant des armes lourdes sur la principale voie d'évacuation, a indiqué le chef du groupe rebelle Fastakim.

Une milice iranienne aurait pris environ deux cent personnes en otage au deuxième point de contrôle à la sortie d'Alep, a rapporté un combattant turkmène de la brigade Sultan Mourad.

Selon une source officielle syrienne, ces contretemps ont été provoqués par des insurgés qui tentaient de s'enfuir avec des personnes qu'ils avaient prises en otage et avec des armes dissimulées dans leurs bagages.

Le Hezbollah a fait savoir, via l'un de ses organes de presse, qu'il exigeait l'évacuation des blessés pris au piège dans deux villages, Foua et Kefraya, situés dans la province voisine d'Idlib.

L'organisation chiite libanaise affirme que les insurgés ont bombardé une route qui aurait dû être utilisée pour la sortie des civils dans ces deux localités chiites. L'Iran, puissant allié de la Syrie, a demandé que le sort de ces villages soit inclus dans l'accord de cessez-le-feu.

Une source rebelle a déclaré que tous les groupes assiégeant les deux villages, y compris le Djabhat Fatah al Cham, l’ancien Front al Nosra, réticent dans un premier temps, avaient accepté les conditions de l'évacuation.

Depuis Jeudi 15 Décembre 2016, quelque trois mille combattants et plus de trois cent blessés ont quitté Alep dans des autocars et des ambulances, selon le bilan publié par l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

Des photos envoyées par un militant sur place montrent des civils, certains vêtus de manteaux, se tenant dans l'air froid de l'hiver, le long d'une rue aux bâtiments détruits.

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), près de deux cent patients sont arrivés Vendredi 16 Décembre 2016 dans huit hôpitaux surchargés d'Alep-Ouest, d'Idlib, ville située à une soixantaine de kilomètres, et de Turquie.

L'Organisation des Nations Unies (ONU) estime que cinquante mille personnes se trouvent encore dans les quartiers orientaux d'Alep, parmi lesquelles dix mille personnes devraient être acheminées vers la province d'Idlib, le reste devant rejoindre des zones sous contrôle du gouvernement syrien.

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé qu'il travaillait avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pour lancer de nouvelles négociations de paix destinées à établir un cessez-le-feu national.

Ces pourparlers pourraient se tenir au Kazakhstan et compléter les discussions qui se tiennent de temps à autre sous l'égide de l'ONU à Genève.

Un haut responsable de l'opposition syrienne, Ryad Hidjab, a dit être prêt à participer à ces discussions si le but est de mettre en oeuvre un gouvernement de transition. Bachar al Assad exclut de quitter le pouvoir dans le cadre d'une résolution politique du conflit.

Le ministre français des affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a indiqué que le conseil de sécurité de l’ONU devait se réunir Vendredi 16 Décembre 2016 sur le déploiement rapide d'observateurs à Alep-Est pour empêcher les exactions et surveiller l'arrivée de l'aide humanitaire.

La chute d'Alep ne marque pas la fin de la guerre en Syrie. Les insurgés continuent à occuper des zones rurales tandis que le groupe Etat Islamique conserve le contrôle de vastes zones dans l'est du pays et a repris la cité antique de Palmyre.

 

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