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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 19:06

 

http://www.lemonde.fr/logement/article/2017/01/09/droit-au-logement-conquiert-trente-places-d-hebergement-pour-les-sdf-dans-l-hotel-dieu_5059591_1653445.html

 

L'association Droit Au Logement (DAL) conquiert trente places d’hébergement pour les Sans Domiciles Fixes (SDF) dans l’Hôtel-Dieu

 

L’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (APHP) a autorisé l’association à conserver les chambres situées dans une aile désaffectée jusqu'au mois de mars 2017.

 

Par Isabelle Rey-Lefebvre

 

C’est une jolie victoire pour les sans-abris parisiens qui, au cœur des journées les plus froides de l’hiver, le week-end du Samedi 7 Janvier et du Dimanche 8 Janvier 2017, auront gagné une trentaine de lits d’hébergement qu’ils peuvent conserver jusqu’à la fin du mois de mars 2017. Deux initiatives se sont, par un heureux hasard, conjuguées pour ce résultat.

Le médiatique docteur Gérald Kierzek, urgentiste à l’Hôtel-Dieu, hôpital de l’APHP, avait, Vendredi 6 Janvier 2017, tweeté le message « je suis de garde ce soir et j’accueillerai au chaud les personnes qui en ont besoin ». Puis, « il est inadmissible que des dizaines de lits au chaud soient vides, nous pourrions soigner et accueillir », tweet assorti de photographies de lits vides.

L’information a immédiatement circulé. « J’ai, Vendredi 6 Janvier 2017, avec le Service d'Aide Médicale Urgente (SAMU), été porter secours à un SDF en hypothermie, à vingt huit degrés », raconte le docteur Gérald Kierzek, « alors que nous aurions pu prévenir cela puisque, dans mon hôpital, je sais que quatre vingt lits sont vides. C’est insupportable, comme si nous avions oublié que, dans assistance publique, il y a le mot assistance ».

Samedi 7 Janvier 2017, le DAL a de son côté organisé l’occupation d’une aile désaffectée du plus vieil hôpital de France, l’Hôtel-Dieu, sur le parvis même de Notre-Dame de Paris, par une trentaine de SDF et mal-logés qui y ont passé la nuit du Samedi 7 Janvier au Dimanche 8 Janvier 2017.

« Nous nous attendions à être expulsés très vite par les flics, mais ce sont les soignants de la Confédération Générale du Travail (CGT) qui nous ont porté secours, nous procurant matelas, lits de camp et couvertures, puis la direction a accepté que nous nous installions dans l’aile Saint-Côme et elle y a rétabli le chauffage », expliquait Jean-Baptiste Eyraud, le porte-parole du DAL, Dimanche 8 Janvier 2017, n’en revenant pas. Les lieux, treize chambres avec cabinets de toilette, douches et kitchenettes, se prêtent on ne peut mieux à un hébergement temporaire.

Parmi les mal-logés présents, il y a Mustapha, vingt cinq ans. Cet apprenti boulanger ne sait plus depuis combien de mois il est à la rue, « j’appelle le cent quinze tous les jours et quand, par miracle, j’arrive à l’avoir, c’est pour me faire dire qu’il n’y a pas de place. Et c’est impossible de trouver du travail lorsqu’on ne sait même pas où on va dormir le soir même ». Ayadelé Abdoulakeem, jeune nigérian, exhibe, outre sa carte de résident, un jugement condamnant le préfet de Paris à l’héberger, avec une astreinte de cinquante euros par jour, « je suis à la rue depuis mon arrivée en France en 2013. Pourtant, je travaille, dans un atelier de réparation de vélos du quatorzième arrondissement de Paris ».

Isabelle Semado, cap verdienne, a bien obtenu un hébergement en hôtel à Chelles, dans le département de la Seine-et-Marne, mais à deux heures de transport de son travail d’auxiliaire de vie chez des personnes âgées. Diabi, sénégalaise, son mari, qui, comme elle, travaille comme personnel de ménage, et leurs deux enfants, sont hébergés chez des amis dans une chambre infestée de rats et de cafards, « nous avons besoin d’habiter pas loin de Paris, car nous travaillons tôt le matin et tard le soir et nos enfants sont scolarisés dans le troisième arrondissement ».

Le préfet d’Ile-de-France, Jean-François Carenco, et le directeur de l’APHP, Martin Hirsch, venus sur place, Dimanche 8 Janvier 2017 dans l’après-midi, ont trouvé un accord avec les nouveaux occupants de l’Hôtel-Dieu. L’APHP accepte de concéder l’aile Saint-Côme, gérée par l’association Aurore, jusqu’au mois de mars 2017, mais pas plus car, a expliqué Martin Hirsch, « l’hôpital, en pleine réorganisation, ne sera pas vendu mais retrouvera une vocation médicale », promet-il.

« Dès la fin du mois de janvier 2017, cet hôpital accueillera, dans une autre aile d’une quarantaine de places, de jeunes mères qui viennent d’accoucher et ne savent pas où aller », explique Sophie Brocas, secrétaire générale de la préfecture, qui dit répondre ici à « un besoin crucial », puisqu’environ cinq bébés naissent, chaque jour, à Paris, dans ces conditions.

« L’APHP est de bonne volonté, elle a mis à notre disposition de nombreux locaux sur les sites hospitaliers de Necker, de Broussais et de Fernand-Widal », ajoute Sophie Brocas. Par ailleurs, un nouvel accord passé entre le DAL et le préfet d’Ile-de-France permettra à une centaine de ménages d’être relogés dans le parc social de façon pérenne.

« Il y a beaucoup de locaux vides, notamment dans les établissements de soins dont la mission est l’hospitalité, et qui pourraient être mis à la disposition des mal-logés. J’espère que cette mobilisation à deux pas du kilomètre zéro du parvis de Notre-Dame va créer une onde de choc vers toute la France », prédit Jean Baptiste Eyraud, président fondateur du DAL.

 

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