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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 16:16

 

http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/01/21/la-guerre-d-usure-de-la-mairie-de-barcelone-contre-un-projet-immobiler_5066647_3234.html

 

La guerre d’usure de la mairie de Barcelone contre un projet immobilier

 

Les promoteurs de la Tour Agbar, qui voulaient en faire un hôtel Hyatt, ont abandonné leur projet du fait de la lenteur et des complications posées par l’équipe municipale, hostile au développement sans frein du tourisme dans la ville catalane.

 

Par Sandrine Morel, correspondante permanente du Monde à Madrid

 

Samedi 21 Janvier 2017

 

Il n’y aura pas d’hôtel de luxe dans la Tour Agbar, cet édifice emblématique de Barcelone dessiné par l’architecte français Jean Nouvel. Les promoteurs de ce projet, Emin Capital et Westmont Hospitality Group, en ont eu assez des obstacles bureaucratiques, de la lenteur de l’administration municipale et des complications.

Après avoir attendu, en vain, pendant onze mois la licence d’activité de la mairie, les deux partenaires ont reconnu, Vendredi 13 Janvier 2017, qu’ils renonçaient à y ouvrir un établissement du groupe hôtelier Hyatt.

« Nous ne pouvons pas continuer à consacrer de l’énergie et des ressources à un projet dont, après tant de temps, nous ne sommes toujours pas sûrs qu’il verra le jour », ont-ils expliqué.

Oubliées les quelque quatre cent chambres d’hôtels surmontées d’un observatoire avec vue panoramique sur Barcelone, un projet censé créer trois cent quarante emplois directs et deux cent cinquante emplois indirects. Le gratte-ciel d’une hauteur de cent quarante cinq mètres, avec trente sept mille mètres carrés répartis sur trente quatre étages, ne sera pas un hôtel mais un immeuble de bureaux. La compagnie nationale des eaux de Barcelone, Agbar, une filiale du français Suez, l’a vendu à cette fin au groupe immobilier Merlin Properties pour un montant de cent quarante deux millions d’euros.

Que l’on ne s’y trompe pas. Pour l’équipe municipale de Barcelone, conduite par la militante du droit au logement Ada Colau, élue au mois de mai 2015 avec le soutien de Podemos, le retrait du projet hôtelier initial est une très bonne nouvelle. « Bien que ce soit une décision des propriétaires, nous l’accueillons comme une victoire », s’est félicité Josep Maria Montaner, le conseiller municipal chargé du district de Sant Marti, où est située la Tour Agbar. Sur la chaîne locale Barcelona Télévision, l’élu a rappelé « la volonté des habitants et de la mairie qu’il n’y ait pas d’hôtel » et reconnu que la mairie n’avait accordé « aucune facilité pour les formalités ».

Les socialistes catalans, en désaccord avec la maire, pensaient que le nouveau projet de la Tour Agbar pouvait « aider à diversifier l’économie de la ville ». Les nationalistes de droite du parti Convergence Démocratique de Catalogne (CDC) regrettent, eux, que la municipalité ait ainsi lancé « le message que les investisseurs internationaux ne sont pas les bienvenus dans des projets à forte valeur ajoutée qui dynamisent le tourisme de qualité ».

Depuis son arrivée à la tête de la deuxième ville espagnole, Ada Colau a eu à cœur de freiner le tourisme de masse qui menace de faire de Barcelone un « parc à thèmes ». L’une de ses premières mesures fut d’instaurer un moratoire d’un an, qui a été reconduit, sur la concession de licences d’exploitation pour le secteur touristique, afin de faire une radiographie de cette activité et de son impact.

La chaîne Four Seasons avait dû abandonner son projet d’hôtel Passeig de Gracia. Celui de la Tour Agbar, quant à lui, possédait déjà les autorisations d’exploitation hôtelière. Mais la mairie a eu ses promoteurs à l’usure.

 

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