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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 19:55

 

Première séance agitée au nouveau congrès des Etats-Unis (Reuters)

 

Le nouveau congrès américain issu des élections du Mardi 8 Novembre 2016 a vécu Mardi 3 Janvier 2017 une première séance houleuse qui a fait apparaître des tensions entre les élus républicains de la chambre des représentants et Donald Trump, pourtant issu lui aussi du Grand Old Party.

Le futur président des Etats-Unis, qui sera investi le 20 janvier 2017, a sommé la majorité républicaine de la chambre basse du congrès de revenir sur une décision adoptée la veille à huis clos visant à rogner les prérogatives de l’Office of Congressional Ethics (OCE).

Créé en 2008 sous majorité démocrate à la suite de plusieurs scandales de corruption, l'OCE est un organisme indépendant et bipartisan chargé d'enquêter sur les allégations d'inconduite portées contre des élus, des fonctionnaires ou des assistants parlementaires de la chambre des représentants.

L'annonce de cette décision a été dénoncée par la présidente du groupe démocrate, Nancy Pelosi, à l'origine de la création de l'OCE, qui a déploré dès Lundi 2 Janvier 2017 que « la déontologie soit évidemment la première victime du nouveau congrès à majorité républicaine ».

Mais Donald Trump, qui a promis lors de la campagne « d’assécher le marécage » de Washington et d'y rétablir l'éthique, n'a lui non plus guère apprécié la décision et l'a fait savoir Mardi 3 Janvier 2017 en écrivant sur son fil Twitter « qu’avec tout le travail qui attend le congrès, avaient-ils vraiment besoin de faire de l'affaiblissement de l'office indépendante de supervision de la déontologie, aussi injuste puisse-t-il être, leur première initiative et priorité. Focalisez-vous sur la réforme fiscale, la santé et tant d'autres choses d'une tout autre importance », a-t-il ajouté.

Avant même la sortie du président élu, d'autres républicains parmi lesquels des ténors du parti s'étaient émus de l'initiative. Le tweet de Donald Trump a entraîné une réunion de crise. Et le président élu a obtenu gain de cause. La décision a été enterrée, a fait annoncer dans la journée Paul Ryan, par ailleurs réélu président de la chambre des représentants.

Mais ce couac a fait passer au second plan, du moins momentanément, les premiers pas d'une majorité républicaine qui entend bien profiter de son contrôle sur les deux chambres du cent quinzième congrès des Etats-Unis pour annuler une partie des réformes du démocrate Barack Obama dans le domaine de la santé, de la finance et de l'environnement.

Au sénat, le républicain Mike Enzi, élu du Wyoming et président de la commission budgétaire, a déposé une résolution autorisant l'abrogation de l'Obamacare, la réforme de l'assurance maladie qui constitue l'une des principales réalisations de Barack Obama.

La mesure est encore très symbolique et les républicains, qui estiment que le processus pourrait durer des mois, n'ont pas finalisé leur projet de contre-réforme.

« Les gens doivent se souvenir que l'Obamacare ne fonctionne tout simplement pas et qu'elle n'est pas abordable. C'est une santé lamentable », a écrit Donald Trump sur Twitter.

Du côté du parti démocrate, on n'entend pas laisser la nouvelle administration défaire cette réforme emblématique de la présidence de Barack Obama dont la Maison Blanche dit qu'elle a permis d'assurer vingt millions d’américains jusque-là privés de couverture maladie.

Dès Lundi 2 Janvier 2017, Nancy Pelosi et Steny Hoyer, son numéro deux, ont annoncé le lancement d'une campagne de mobilisation qui mettra l'accent sur les répercussions de son abrogation. « Nous allons lutter comme jamais pour la protéger », a déclaré Steny Hoyer.

Barack Obama a prévu pour sa part de réunir Mercredi 4 Janvier 2017 à la Maison Blanche les parlementaires démocrates pour réfléchir à la stratégie à adopter pour contrer les attaques républicaines.

Outre l'abrogation de la loi santé, les républicains veulent aussi revenir sur la législation visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. Ils veulent aussi lever des garde-fous instaurés dans le monde bancaire par la loi de Christopher Dodd et de Barney Frank après la crise financière de 2008.

Le sénat doit en outre s'atteler aux audiences de confirmation des personnalités, parfois controversées, choisies par Donald Trump pour constituer le futur gouvernement et la haute fonction publique.

Le sénateur républicain John Mac Cain a prévenu que Rex Tillerson, qui était Président Directeur Général (PDG) d'Exxon Mobil avant d'être choisi par le futur président comme chef de la diplomatie américaine, allait devoir s'expliquer sur ses relations avec le président russe Vladimir Poutine.

John Mac Cain a qualifié ce dernier de voyou et de meurtrier.

De même, les démocrates devraient exprimer leur opposition à la nomination du très conservateur Jeff Sessions au poste de ministre de la justice, en raison notamment de ses positions contre l'immigration.

 

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