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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 20:23

 

Prison avec sursis requise pour avoir aidé des migrants (Reuters)

 

Huit mois de prison avec sursis ont été requis Mercredi 4 Janvier 2017 contre un agriculteur du sud-est de la France, accusé d'avoir aidé quelque deux cent migrants en situation irrégulière à franchir la frontière franco-italienne et de les avoir transportés et hébergés.

Cédric Herrou, habitant de la vallée de la Roya, une région rurale située sur les hauteurs entre Menton et l'Italie, est devenu l'emblème de l'accueil des réfugiés par des habitants.

Le jugement sera rendu le 10 février 2017.

« Même si vous me condamnez, je continuerais », a-t-il déclaré Mercredi 4 Janvier 2017 à la barre du tribunal correctionnel de Nice. « Il faut le faire. Des mineurs sont morts en marchant le long des voies de chemin de fer », a-t-il souligné.

Face à l'afflux de migrants, la frontière entre la France et l'Italie est davantage contrôlée depuis l'été 2015.

Devant le tribunal, le trentenaire a dit avoir mis sa vie de côté pour aider les migrants, dont la majorité venait d'Erythrée.

Il a logé ces migrants dans deux caravanes et cinq tentes puis il les a transportés vers des gares non contrôlées dans un véhicule acheté spécialement par un collectif créé pour répondre à la crise des migrants.

Il a été interpellé le 8 août 2016 après avoir transporté huit migrants entre l'Italie et la France. Invoquant une immunité humanitaire, le parquet des Alpes-Maritimes ne l'avait pas poursuivi.

Il a ensuite été arrêté le 20 octobre 2016 pour avoir organisé avec d'autres un centre d'accueil sauvage dans des locaux désaffectés de la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF). La SNCF a porté plainte et le site a été évacué par les forces de l'ordre alors que vingt neuf migrants mineurs et vingt huit migrants majeurs s'y trouvaient.

Six témoins sont venus lui apporter leur soutien lors du procès.

« Moi aussi j'ai pris des gens en galère dans ma voiture, nous ne pouvons pas les laisser au bord de la route et tourner la tête », a déclaré Michel Masseglia, maire adjoint de Breil-sur-Roya et membre du collectif.

Le tribunal de Nice rendra Vendredi 6 Janvier 2017 son délibéré dans une affaire similaire, celle de Pierre-Alain Mannoni, un enseignant chercheur arrêté en octobre avec des érythréennes à bord de son véhicule et contre lequel six mois de prison avec sursis ont été requis.

 

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