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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 17:20

 

REPONSE DE PIERRE SALVAING A ROBERT DUGUET

 

Pierre Salvaing écrivait récemment une réponse à Robert Duguet suite à la rédaction et à la diffusion de son témoignage relatif à l’histoire de l’Organisation Communiste Internationaliste (OCI).

 

Vous trouverez ci-dessous le paragraphe de cette réponse relatif à l’histoire des relations entre l’OCI et le Parti Socialiste.

 

La réponse de Pierre Salvaing à Robert Duguet est disponible en totalité si vous consultez le blog personnel de Robert Duguet à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://socialisme-2010.fr/blog2016/janvier2017.php#jan12

 

Suite de la discussion sur le bilan du lambertisme

 

Réponse ou éléments de réponse aux réflexions de Robert Duguet

 

Par Pierre Salvaing

 

Dimanche 8 Janvier 2017

 

Je partage pleinement ce que dit Robert Duguet à propos du Parti Socialiste à partir des dernières années 1970. La stratégie de la Ligue Ouvrière Révolutionnaire (LOR) signifiait alors, si on lui accorde quelque valeur, s’intéresser d’abord à ce qui pouvait se passer à l’intérieur du Parti Socialiste. La classe ouvrière, une partie combattante d’entre elle, pouvait voir dans le Parti Socialiste une sorte de levier permettant de s’opposer au stalinisme encore dominateur. Le renforcement de l’influence politique du Parti Socialiste en France est concomitant de la montée prérévolutionnaire. J’utilise encore ce qualificatif bien qu’il ait pris désormais pour cette période une connotation dégradée. C’est, comme l’écrit Robert Duguet, à l’intérieur du Parti Socialiste que pouvaient alors se développer des courants centristes et pas à l’extérieur.

 

Si la direction de l’OCI ne l’a pas vu ou n’a pas voulu le voir, c’est certainement parce qu’elle avait déjà engagé, sous l’impulsion de Pierre Lambert, avec la direction du Parti Socialiste, les marchandages et les offres d’allégeance que Robert Duguet décrit et dont je n’avais pas vu beaucoup de choses. De ce point de vue, je me demande si l’on ne peut pas aller jusqu’à dire que la manière dont ces dizaines de militants valeureux furent confiés à la direction du Parti Socialiste ne servit pas au contraire à s’opposer à l’émergence de véritables courants centristes évoluant vers la quatrième internationale. Et je pense que Pierre Lambert en était parfaitement conscient.

 

Mon travail ne rend effectivement pas compte de cet aspect majeur. Si Pierre Lambert a impulsé dès longtemps une politique secrète d’accords pourris avec la sociale démocratie, en même temps qu’il les passait avec l’appareil majoritaire dans la Confédération Générale du Travail (CGT) Force Ouvrière et, dans une moindre mesure et moins longtemps, avec celui de la Fédération de l’Education Nationale (FEN), la partie essentielle de ces accords se faisait à l’insu de sa propre organisation et s’opposait à l’orientation générale, affirmée, de l’OCI.

 

Il n’y avait pourtant pas d’écran total entre les deux positions au moins au niveau de la direction. La présence d’Alexandre Hébert à la direction de l’OCI depuis le milieu des années 1960, acceptée par toute la direction, qui acceptait également de la tenir cachée à l’organisation, est un élément plus que troublant et beaucoup plus qu’anecdotique. C’est, du point de vue du centralisme démocratique dont l’OCI avait fait officiellement son guide de fonctionnement, un manquement majeur et criant.

 

Je trouve donc que Robert Duguet est parfaitement fondé à dire que les militants investis dans le Parti Socialiste étaient prêtés à sa direction plutôt que destinés à y construire une force et qu’ils ont donc été amenés à conduire dans le Parti Socialiste une politique conforme aux intérêts de sa direction, une politique contre révolutionnaire. C’est un bilan très lourd qui demanderait à être tiré de manière plus complète.

 

Nous avons ainsi notamment nourri le mélenchonisme, qui est fort éloigné de la politique de Marceau Pivert en effet.

 

Je ne reprends qu’en partie à mon compte ce que Robert Duguet explique sur la position de l’OCI en 1974, tout en corrigeant mon appréciation qui en fait une position correcte. En 1974, la direction de l’OCI de Pierre Lambert n’était encore qu’à mi-chemin de ce qu’elle allait parachever en 1981. Car il reste à mes yeux que cette position n’est pas absolument comparable à celle de 1981. En 1974, l’OCI critiquait encore ouvertement le programme de la sociale démocratie, ce qui disparait totalement en 1981.

 

De même, si je suis d’accord sur le fait qu’il faut revoir, et au moins fortement nuancer, la qualification de ce qui sortit du congrès fondateur du nouveau Parti Socialiste à Epinay sur Seine en 1971, je reste cependant convaincu que l’opération qui visait à transformer la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO) en parti bourgeois a échoué. Cet échec n’a pourtant pas laissé la SFIO, devenue le Parti Socialiste, intacte. Les courants ouvertement pro-bourgeois en ont été renforcés.

 

 

 

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