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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 20:19

 

http://www.politis.fr/articles/2017/01/houssam-el-assimi-autre-coupable-de-delit-de-solidarite-36137

 

Houssam el Assimi, autre coupable de délit de solidarité ?

 

Jugé au Tribunal de Grande Instance (TGI) pour « rébellion et violence sur personne dépositaire de l’autorité », Mardi 17 Janvier 2017, le militant de la Chapelle en Lutte, collectif de soutien aux migrants, a vu son procès reporté.

 

Par Judith Perrin

 

Houssam el Assimi, trente et un ans, le dit lui-même, la vingt huitième chambre correctionnelle du TGI de Paris n’est malheureusement qu’un « tribunal pour petites frappes ». Figure emblématique du collectif d’aide aux migrants de la Chapelle en Lutte, il s’est vu convoqué avec les « droits communs ». Mais ce ne sera pas pour cette fois. Le procès a été reporté au 5 mai 2017, à la demande de son avocat. Houssam el Assimi se considère victime d’une rafle. Il juge bon de rappeler la définition qu’en donne le Larousse, « opération d’arrestation massive opérée dans la rue à l’improviste ». Le 30 septembre 2016, il a été arrêté avenue de Flandre alors qu’il tentait d’informer de leurs droits des réfugiés expulsés et embarqués par la police. Celle-ci l’a appréhendé avec violence, ce qui lui vaudra trois jours d’Interruption Temporaire de Travail (ITT) puis gardé à vue pour « rébellion et violence sur personne dépositaire de l’autorité ».

Une conversation surréaliste avec la police

Houssam el Assimi relate une conversation surréaliste pendant sa détention. « Si vous aimez tant les migrants, pourquoi vous ne les prenez pas chez vous », lui a demandé un policier. Un autre d'enchérir, « vous savez pourquoi il n’y en a pas en Russie ? Vladimir Poutine en fait de l’engrais, lui au moins il est courageux ». Outre que, selon Houssam el Assimi, son arrestation est totalement infondée, sa garde-à-vue a été prolongée sans raison valable. Mais loin de s’appesantir sur sa situation, il estime en substance n'être « qu’une victime collatérale », alors qu'il faudrait se soucier des migrants. C’est pourquoi il aurait voulu profiter du procès pour « soulever des questions de fond ».

« Nous, ce que nous voulons, que nous soyons condamnés ou que nous ne le soyons pas, c’est que le tribunal assume le caractère politique de son jugement ».

Ce n’est pas la première fois que ce militant reconnu dénonce le « racisme d’état, le Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile (CESEDA) et le manque d’indépendance de la justice ». Il s’est déjà exprimé, le 26 mai 2016, au Théâtre de la Ville lors de la lecture de « chronique d’une violence institutionnelle » qu’il avait coécrit avec Valérie Osouf, autre membre du collectif de la Chapelle en Lutte.

Par ailleurs, il a déjà été arrêté, le 9 novembre 2016, pendant une manifestation de soutien aux migrants non autorisée par la mairie, et relaxé, regrettant à cette occasion que la justice « esquive tout débat sur la question des migrants ».

« Ils sont là, le fait qu’on refuse de les voir et le fait qu’ils soient altérisés à l’extrême et transformés en statistiques, a pour conséquence qu’on les laisse mourir dans la rue ».

Dans le cas présent du procès, son avocat a exigé le report pour pouvoir rassembler davantage de témoignages, visant autant à prouver l'innocence de son client qu’à créer une tribune favorable aux migrants, même si Houssam el Assimi est bien conscient que ces audiences finalement ne font « qu’épuiser nerveusement les militants et les ruiner financièrement ».

Au total, entre ses deux procès, il aura déboursé cinq mille cinq cent euros, prélevés en partie dans la caisse de solidarité du collectif, donc in fine au détriment des migrants. Voilà pourquoi, quand on lui demande s’il a l’intention de porter plainte contre la police pour arrestation abusive, il hésite.

Conversation politique, à la sortie de l’audience

Mardi 17 Janvier 2017 après le report du procès, devant la « chambre pour petites frappes », Houssam el Assimi a longuement discuté avec ceux qui étaient venus le soutenir, à savoir sa mère, un ancien réfugié devenu « un ami proche », des stagiaires en journalisme, des militants aguerris et abonnés aux salles d’audience depuis l’état d’urgence et ses conséquences répressives, une classe de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) venue en observation, et Eric Coquerel, coordinateur du Parti de Gauche et conseiller régional de l’Île de France.

En attendant la décision du tribunal le 5 mai 2017, le prévenu, qui risque quand même trois ans de prison et quarante cinq mille euros d’amende, n’a pas l’intention de renoncer à son devoir de solidarité envers les migrants. Ce qui fait dire à sa mère que « pourvu qu’il ne soit pas encore arrêté d’ici-là ».

 

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