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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 20:04

 

Des entreprises américaines rejettent le décret contre l’immigration de Donald Trump (Reuters)

 

Plusieurs grands patrons américains, dont les dirigeants de la Silicon Valley mais aussi de la banque Goldman Sachs et du constructeur automobile Ford, se sont joints Lundi 30 Janvier 2017 au concert de protestations et de condamnations provoquées par le décret contre l’immigration signé Vendredi 27 Janvier 2017 par Donald Trump.

Des groupes comme Boeing, qui a déjà eu maille à partir avec le quarante-cinquième président des Etats Unis et qui jouera beaucoup dans des décisions politiques à venir en matière de fiscalité, de commerce ou encore de régulation, sont en revanche restés discrets.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès de la direction du groupe pétrolier Exxon Mobil, dont l'ancien Président Directeur Général (PDG) Rex Tillerson a été choisi par Donald Trump pour prendre la tête du département d’état.

Des dix neuf patrons et chefs d'entreprises regroupés par Donald Trump au sein d'un « conseil consultatif des dirigeants d'entreprise », qui se réuniront pour la première fois la semaine prochaine, deux seulement, Elon Musk, le fondateur de Tesla Motors et de Space X, et Travis Kalanick, PDG d'Uber Technologies, ont pris position contre la mesure.

Au terme d'un week-end marqué par la plus grande confusion dans les aéroports américains, les dirigeants d'Apple, de Google et de Facebook, poids lourds des nouvelles technologies, ont en revanche affiché leur rejet de ce décret.

Signé Vendredi 27 Janvier 2017 par Donald Trump, il interdit pendant quatre vingt dix jours l'accès du territoire américain aux ressortissants en provenance d'Iran, d'Irak, de Libye, de Somalie, de Syrie, du Soudan et du Yémen, il interdit pendant cent vingt jours l'accueil de tout réfugié aux Etats-Unis et il suspend sine die l'accueil de tous les réfugiés syriens.

Amazon, dont le siège social est à Seattle, s'est associé à la plainte que les autorités de l’état de Washington, dans le nord-ouest des Etats-Unis, entendent déposer contre le décret.

A Wall Street, Lloyd Blankfein, le PDG de la banque Goldman Sachs, a été le premier patron du secteur américain de la finance à exprimer son opposition au décret pris par le président des Etats-Unis.

« Il ne s'agit pas là d'une politique que nous soutenons et je ferais observer qu'elle a déjà fait l'objet de plaintes devant la justice fédérale », dit-il dans un message vocal envoyé dimanche aux employés de la banque d'affaire et dont Reuters a pu lire la transcription.

Dans le secteur automobile, le président exécutif de Ford, Bill Ford Junior, et le directeur général Mark Fields ont également affiché leur opposition à ce décret. « Nous ne soutenons pas cette politique ou tout autre politique allant à l'encontre des valeurs de notre entreprise », écrivent-ils dans un communiqué adressé aux salariés du groupe.

Dans un mémorandum, le Directeur des Ressources Humaines (DRH) de General Motors indique que seuls quelques salariés du constructeur automobile viennent d'un des sept pays musulmans du Moyen-Orient et d'Afrique frappés par cette interdiction et il ajoute « qu’à General Motors, nous valorisons et nous respectons les différences individuelles ».

Le groupe américain Starbucks a annoncé lui qu'il prévoyait d'embaucher dix mille réfugiés sur cinq ans dans soixante quinze pays et, dans une lettre aux salariés, son PDG, Howard Schultz, déclare qu'il fera tout ce qui est son pouvoir pour venir en aide aux salariés concernés par le décret présidentiel.

« Nike croit dans un monde où chacun célèbre la puissance de la diversité », a commenté de son côté le PDG de la marque sportive, Mark Parker, dans un communiqué. « Ces valeurs », ajoute-t-il, « sont menacées par le récent executive order interdisant les réfugiés autant que les visiteurs de sept pays à majorité musulmane ».

Tout en disant comprendre les impératifs de protection de la sécurité nationale, la compagnie de messagerie United Parcel Service (UPS) a réaffirmé son « soutien aux politiques qui permettent la circulation légale des personnes à travers les frontières ».

Dans le climat d'incertitude créé par ce décret, Wall Street a vécu Lundi 30 Janvier 2017 sa pire séance depuis le début de l'année.

L'indice Dow Jones est repassé sous la barre des vingt mille points.

 

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