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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 16:42

 

https://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/103224/de-damas-a-athis-mons-longue-route-de-familles-syriennes-vers-nouvelle-vie

 

De Damas à Athis-Mons, la longue route de familles syriennes vers une nouvelle vie

 

Par Mylène Hassany

 

Mercredi Premier Février 2017

 

Arrivées à la fin du mois de décembre 2016 à Athis-Mons, onze familles syriennes ont été prises en main par des associations locales. Mais entre les difficultés liées aux démarches administratives, à la barrière de la langue ou à la scolarisation des enfants, construire une nouvelle vie loin des bombardements est un chemin rempli d’obstacles. Entre temps, une solidarité est née chez les habitants d’Athis Mons et de Juvisy sur Orge.

Au bout de la Cité de l'Air à Athis-Mons, les avions partent et arrivent. Les pistes d'Orly se trouvent derrière les grillages d’un terrain de football.

En ce soir du mois de janvier 2017, le temps est gris et froid. De longs bâtiments bordent la route sans aucun grillage et une fillette met un pied dehors, puis le rentre bien vite.

C’est ici, dans ces bâtisses délabrées, que précisément onze familles syriennes et une vingtaine d’enfants ont élu domicile depuis quelques semaines. La dernière d’entre elles est arrivée au mois de janvier 2017.

Avant l’installation à Athis Mons, il y en a eu, du chemin de fait. Si l’une de ces familles est originaire d’Alep, la plupart sont issues de la banlieue de Damas, qu’elles ont quitté en 2013. Passés par l’Algérie, l’Espagne, le Maroc ou même la Suède, les réfugiés syriens d’Athis Mons ont fui les bombardements, comme tant d’autres depuis le début de la guerre. Si les papiers accordant le statut de réfugié sont arrivés, la route est encore longue pour retrouver une vie normale.

Et aux complications du quotidien se mêlent les questions de santé et de prise en charge sociale, pour les adultes comme pour les enfants.

Une petite fille est née au mois de janvier 2017 à l’hôpital de Longjumeau.

La solidarité s’est organisée à Athis Mons

Ce jour-là, dans l’une des maisons de fortune sans meubles, trois mères de familles sont réunies. Dans chaque pièce, leurs enfants jouent avec des jouets apportés par des bénévoles. Peluches, petites voitures et poupées s’étalent sur le sol.

Samira et Anne-Marie, juvisiennes, font partie des bénévoles qui apportent au quotidien couches, jouets, vêtements et matériel. Elles se joignent à la conversation. Autour de la pièce, assises en tailleur à même le sol, les femmes syriennes ont entrepris de raconter leur périple autour d’une tasse de thé à la menthe. « Nous espérons que nos enfants puissent avoir une belle vie et aller à l’école », commence Amal très simplement. Une scolarité en France est l’occasion, pour ses cinq enfants, de perpétuer leur apprentissage du français, entamé lors de leur passage en Algérie. « Mais avant cela, il leur a fallu trouver le réseau des aidants », indique Anne-Marie. Cette médecin de Vigneux sur Seine passe régulièrement voir les familles et centralise les dons auprès des habitants du coin. « Cela a permis de récupérer du matériel comme du chauffage, des couches et des serviettes hygiéniques. Grâce aux associations, nous avons de l’aide pour l’alimentaire et des couvertures, de quoi démarrer », poursuit Amal. « Et le soutien des habitants d’ici, qui passent de temps en temps », précise Samira. « Il y a quand même une solidarité ». Cette maman de Juvisy sur Orge ne compte pas ses heures pour l’association juvisienne d’accueil des réfugiés, collectif créé récemment, lors d’un conseil municipal à Juvisy sur Orge, et, elle aussi, passe très régulièrement voir les familles pour assurer le quotidien, mais aussi permettre à leur situation d’évoluer. « Dans leur pays, l’administration n’est pas aussi compliquée qu’en France », explique-t-elle. « Ils n’y arriveraient pas sans aide ». A Juvisy sur Orge, il y a également l’association Médiane qui s’occupe des démarches de régularisation et de recherche d’emploi.

« Je ne veux pas sacrifier mes enfants pour un peu d’affection pour mon pays »

Nous sommes en 2013, près de Damas. La famille d’Amal est encerclée entre deux fronts. « Ensuite, il y a eu une trêve », se souvient Amal.

« Nous avons été évacués par l’Organisation des Nations Unies (ONU). Après nous sommes passés par le Liban, dans un grand campement, l’Egypte puis l’Algérie ». Lorsque nous demandons à Amal si elle compte un jour revenir en Syrie, sa réponse est claire, « je ne veux pas sacrifier mes enfants pour un peu d’affection pour mon pays ». Même avis pour Yasmine, qui a aussi emmené ses enfants loin des bombes, « là-bas, tout est détruit. J’imagine les conséquences sur les enfants », déplore la jeune femme.

Deux des enfants en question se joignent à la discussion, souhaitant pratiquer un peu leur français. Le timide Younès, le fils de Yasmine, explique qu’il « veut être professeur ». Youssef, une dizaine d’années et un français très correct, a bien plus d’assurance quand il parle. Son rêve est de devenir « un grand chimiste ».

 

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