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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 20:41

 

http://www.vientosur.info/spip.php?article12212

 

Le deuxième congrès de Podemos reporte les problèmes

 

Par Manuel Gari, membre de Podemos, d’Anticapitalistas et du conseil de rédaction de Viento Sur

 

Mardi 14 Février 2017

 

Les derniers mois ont été marqués par une vive confrontation, sans règle et sans débat politique explicite.

Les cris dans les réseaux et dans les médias

Aux yeux de la majorité, cette confrontation est apparue comme une lutte pour le pouvoir. À un moment donné, il y avait un risque de scission, les organes ont cessé de fonctionner et le fil reliant les différentes parties de l'organisation était une équipe de dix personnes des trois grands courants. Cette équipe a défini clairement ses pouvoirs, en demandant que l’assemblée citoyenne de l’état ait lieu dans le temps record de deux mois, avec Noël au milieu, et que le point de départ du débat soit un document qui établirait un cadre de réflexion et de délibération ultérieure avant de voter.

Crise à l’intérieur de la direction

Pendant trois ans, la direction de Podemos était un modèle de parti très hiérarchisé et elle avait une conception électoraliste, avec peu de développement programmatique et avec des tactiques variables, puis elle a commencé à développer des formes plus ou moins embryonnaires de deux projets différents.

Le premier projet, était celui d’Inigo Errejón, plus institutionnaliste, avec la réduction de l’action politique aux moyens de communication et au parlement et avec une orientation populiste très ciblée pour gagner les classes moyennes, mais qui commençait à faire un bilan critique d’un fonctionnement très peu démocratique, incluant des tentatives de marginalisation de l'opposition de gauche anticapitaliste.

Le deuxième projet, celui de Pablo Iglesias, tentait de corriger la direction institutionnaliste et de limitation de la discussion, de sorte qu'il commençait à développer un projet plus à gauche, mais qui ne se concrétisait pas dans un projet et un programme alternatif, qui continuait à maintenir une vision organisationnelle hiérarchique autour de la figure du secrétaire général et qui à son tour tendait la main aux anticapitalistes et au secteur de la véritable gauche de Podemos.

Le deuxième congrès de Vistalegre, beaucoup de bruit pour rien

L’assemblée a eu lieu le Samedi 11 Février et le Dimanche 12 Février 2017 et, au-delà de la mise en scène d'un meeting continu, avec très peu de contenu politique, elle a été marquée par une demande largement répandue parmi les militants autour de l'unité nécessaire et elle n'a qu’un seul résultat clair, Pablo Iglesias en sort renforcé et Inigo Errejón a subi une défaite politique majeure.

Mais il est clair que, dans le court espace de temps du processus du congrès, il n’y a pas eu une discussion systématique des documents politiques et organisationnels par l'ensemble de l'organisation. C’est un peu bizarre qu'une organisation commence à voter des documents avant la fin de l'ensemble du processus de débat parmi les options actuelles.

C’est une question qui peut rectifier ou gravement appauvrir la capacité de réflexion et de décision collective de Podemos. Il y a donc une tâche de premier ordre qui est de parvenir à une participation collective réelle des membres de Podemos dans les discussions.

Le grand problème du congrès, c’est l’absence de discussion. Cependant, la participation a été élevée, plus de cent cinquante cinq mille personnes ont voté les documents et les candidatures. Ce succès indique l'intérêt pour Podemos dans un large secteur populaire qui ressent le besoin d'une organisation pour lutter contre le néolibéralisme.

Les résultats positifs et négatifs

Le premier résultat positif de l’assemblée est que le parti ne soit pas divisé, pour l'instant. Le deuxième aspect positif du résultat est que le processus de droitisation institutionnelle et la propension systématique à parvenir à des accords avec le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) et à soutenir le gouvernement de droite du Parti Populaire dans une triste forme espagnole de « grande coalition » sont paralysés.

Le premier aspect négatif est le renforcement du pouvoir du secrétaire général. Le deuxième aspect négatif est la consolidation d’un modèle organisationnel présidentialiste et plébiscitaire difficilement convertible en un parti mouvement populaire.

Mais, et c’est le plus positif, un fait a été accepté, c’est l’existence du pluralisme interne et cela doit changer la culture politique par la reconnaissance de la réalité d’une normalisation démocratique et du pluralisme politique à tous les niveaux du parti. L’obtention de la pluralité est intégrée dans les tâches quotidiennes de direction et de construction de Podemos et cela devient le deuxième défi de l'organisation, la preuve de la véracité et de la sincérité des proclamations de démocratisation.

Les anticapitalistes donnent une leçon politique

Les anticapitalistes, qui ont fait l’objet de marginalisation et de tentative de réduction au silence par la précédente direction de Podemos, ont franchi une étape très importante dans cette assemblée. Ils sont devenus une référence sur trois questions, la responsabilité et l’engagement à la résolution des problèmes de Podemos, la capacité de traitement et de proposition dans les domaines politiques, programmatiques et organisationnels, et l’implantation dans tous les territoires et la capacité à promouvoir les discussions entre les militants de Podemos.

Ils ont obtenu un grand impact dans les médias qui généralement les ignoraient ou les disqualifiaient. Il y a eu une reconnaissance générale interne et externe que la candidature Podemos en Mouvement impulsée par les anticapitalistes a eu des alliés exemplaires et importants, qu’elle a été la seule à maintenir un débat fraternel et respectueux et qu’elle a réussi à faire connaître un projet politique éco socialiste et un programme utile de construction d’un bloc social qui construit l’unité populaire. Le succès de Podemos en Mouvement a montré dans cette assemblée une réalité plus large que le noyau qui l’a initialement impulsé.

Au-delà de ses positions générales sur la nécessité d’éviter la résolution par la droite de la crise du régime de 1978 et de ses propositions pour lutter contre les politiques austéritaires de l’Union Européenne et pour un programme de gouvernement capable d’impulser un changement de fond favorable à la majorité sociale, Podemos en Mouvement a introduit sur la scène de l’assemblée la question du féminisme, de l’écologie et des luttes ouvrières en cours.

Le modèle d’élection interne est antidémocratique

La candidature de Podemos en Mouvement a obtenu le soutien de plus de vingt mille membres et a atteint treize pour cent des voix. Certains des candidats, comme Miguel Urban, ont reçu le soutien de plus de quarante mille personnes. En termes numériques et en considérant que Podemos en Mouvement n’a pas disposé des moyens financiers et techniques et de la présence médiatique des autres candidatures, cela signiifie une grande avancée.

Malheureusement, le système de répartition des sièges au sein du conseil citoyen ne respecte pas la proportionnalité des soutiens reçus, comme nous l’exigeons dans la réforme du système électoral espagnol.

Il est conçu pour renforcer la première et la deuxième candidature au détriment de la troisième candidature, de sorte que Podemos en Mouvement avec treize pour cent des voix n’obtient que trois pour cent des représentants au conseil citoyen. Avec un système proportionnel, Podemos en Mouvement obtiendrait dix sièges au conseil citoyen et, avec un modèle de répartition antidémocratique, Podemos en Mouvement obtient seulement deux sièges. C’est la troisième question à résoudre, la démocratie et le pluralisme signifient la proportionnalité. Il faut changer le modèle d’élection interne.

Et maintenant, au travail

Sortir de l’entre soi, des combats de coqs et du nombrilisme, exige que, après le deuxième congrès de Vistalegre, la candidature majoritaire démontre son acceptation du pluralisme en intégrant tous les courants dans la direction à des postes de responsabilité et en commençant à travailler collectivement avec un fonctionnement quotidien du conseil citoyen comme un organe de direction qui délibère et décide et pas seulement qui ratifie à posteriori, qui lance des initiatives dans les parlements et, plus important, dans les rues, dans l’unité avec les mouvements sociaux et les autres organisations politiques pour le changement, pour construire pierre par pierre la maison de l’unité populaire. C’est ce que nous espérons, que Podemos transforme l’espoir des gens d’en bas en un parti de masse.

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